Getty Images

Romelu Lukaku, si décrié, si sous-coté

Lukaku, si décrié, si sous-coté

Le 18/06/2018 à 20:31Mis à jour Le 18/06/2018 à 22:15

COUPE DU MONDE - Auteur d’un doublé contre le Panama (3-0) dans son style si atypique, Romelu Lukaku a continué sa folle série avec les Diables Rouges. Très discret en première période, il est sorti de sa boîte au moment opportun pour rappeler une vérité si souvent oubliée : c’est le profil idéal pour occuper l’axe de l’attaque belge.

Au fond, c’est toujours la même histoire avec Romelu Lukaku. "Big Rom" ne fera jamais l’unanimité. À l’instar de son homologue français Olivier Giroud, avec qui il partage de nombreuses caractéristiques footballistiques, le Belge est souvent moqué pour sa maladresse et son manque de finesse technique. Surtout dans une équipe où les artistes Hazard, De Bruyne ou Mertens régalent de grigris et autres gestes techniques en pagaille.

Pourtant, Lukaku est bien indispensable à la formation de Roberto Martinez. Ce lundi, il l’a rappelé une énième fois de manière éclatante. En faisant ce qu’il sait faire de mieux : marquer. Encore et toujours. L’ancien de Chelsea a d’abord profité d’une passe soyeuse de l’extérieur venue de De Bruyne pour planter de la tête avant de se goinfrer en contre à la suite d'un service d’Hazard, parti du milieu de terrain. Au passage, son piqué n’est pas forcément à la portée de tous les attaquants.

Et, mine de rien, cela commence à faire beaucoup. Déjà meilleur buteur de l’histoire des Diables Rouges, "Big Rom" a porté son total à 38 pions en 70 sélections. À 25 ans. Oui, vous avez bien lu. C’est surtout sa série récente, absolument monstrueuse, qu’il convient de souligner. En huit matches, il a trouvé les filets onze fois.

Et s’est même offert le luxe de donner deux ballons de buts. Pour vous donner une idée de l’impact qu’il a sur sa sélection, sachez qu’il a participé à 13 des 19 derniers buts belges. Vous avez dit indispensable ? Oui, indispensable parce que son profil, si particulier, se marie à merveille avec les autres électrons belges.

" Pour moi, c’est une bénédiction"

Chacun a son rôle dans cette sélection si talentueuse. Carrasco, reconverti piston gauche, s’échine dans son couloir pour dédoubler un maximum et apporter son sens du dribble. De Bruyne, formidable régulateur, illumine le jeu de ses passes délicieuses. Hazard, placé en soutien, se balade sur le front de l’attaque tandis que Mertens, toujours aussi filou et fin techniquement, apporte beaucoup de variété aux attaques belges. Et Lukaku dans tout ça ? Il plante.

Au micro de beIN Sports après le match, l’attaquant de Manchester United ne disait pas autre chose : "J’ai des coéquipiers de classe mondiale. Il faut juste bien bouger dans les 16 mètres et finir quand j’ai l’occasion, a-t-il expliqué. Pour moi, c’est une bénédiction d’être entouré de tels joueurs. Eden peut dribbler tout le monde et Kevin peut passer de partout." Lukaku ne peut pas marquer de partout mais, dans les seize mètres, il fait bien partie des meilleurs mondiaux.

À 25 ans, il a aussi profité de sa balade sur la pelouse du Fisht Stadium pour inscrire un peu plus son nom dans l’histoire du football belge. Avec cinq buts marqués entre sa Coupe du Monde 2014, son Euro 2016 et cette campagne russe, il est devenu le deuxième meilleur marqueur des Diables Rouges en compétition internationale à égalité avec son ancien coach, Marc Wilmots.

Devant, il ne reste plus que Jan Ceulemans et ses six pions. L’ancienne star du FC Bruges peut d’ores et déjà considérer son record comme caduque. Car au rythme où avance Lukaku, il devrait vite se retrouver dans le rétroviseur. Ce ne sera sûrement pas à base de reprises de volées acrobatiques en lucarne ou de numéros de solistes. Mais au fond peu importe. L’essentiel est de marquer. Et "Big Rom" n’a pas l’intention de s’arrêter.

Romelu Lukaku

Romelu LukakuGetty Images

0
0