Avant France - Pologne : Les Bleus prennent-ils les tirs au but à la légère ?

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COUPE DU MONDE – Avant leur huitième de finale face à la Pologne, les Bleus ne sont pas traumatisés plus que ça par leur échec du dernier Euro. Les Tricolores s'étaient inclinés aux tirs au but face à la Suisse. Malgré le spectre d'une nouvelle séance sur la route des sommets et l'envergure prise par Szczesny, cela ne change pas grand-chose à leur approche de l'exercice.

"Le tournoi des Bleus sera réussi uniquement s'ils vont en finale"

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C'est presque trop gros. Tellement qu'on imagine bien que ça ne se passera pas ainsi. Que les Polonais mettront le nez au balcon et n'attendront pas ce que tout le monde redoute, dans le camp français, et ce que tout le monde attend, en Pologne. Une petite dizaine de coups de pied à onze mètres et de grosses suées pour les acteurs, les sélectionneurs, les observateurs et les spectateurs. Bref, les huitièmes de finale de la Coupe du monde sont là et, avec eux, l'entrée en scène des séances de tirs au but.
Si l'équipe de France n'a pas le passé tourmenté des Italiens (trois séances de suite perdues en 1990, 1994, 1998) ou des Anglais (qui ont fini par se débloquer en 2018), l'exercice rappelle de mauvais souvenirs récents aux Bleus.
Sur la grande scène planétaire, il y a évidemment l'échec de 2006 en finale. Cette barre de David Trezeguet qui a fait le malheur des Bleus. On ne remontera pas à 1982 et à la mère de toutes les défaites aux tirs au but, la première séance de l'histoire du Mondial entre la RFA et la France. Mais celle qui nous intéresse est plus proche de nous, à Bucarest, et dans le cadre de l'Euro. La Suisse, Yann Sommer, le raté de Kylian Mbappé, cinquième et malheureux tireur bleu.
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Deschamps aligne-t-il le meilleur onze possible (même sans Konaté) ?

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Un an et demi après cette triste fin de soirée, le souvenir trotte forcément un peu dans les têtes tricolores, parce qu'une défaite aux tirs au but est plus marquante que toute autre. Par essence. Parce que c'est un marqueur d'une histoire collective et personnelle. Néanmoins, si les acteurs n'ont pas oublié, on n'a pas l'impression qu'ils en fassent grand cas. Et on n'a pas le sentiment qu'ils aient changé grand-chose à leur approche.

Le "french flair"

Déjà, et même si un penalty en match n'a pas grand-chose à voir avec un tir au but après 120 minutes de jeu, les Bleus n'ont pas encore levé le mystère du fameux tireur en match. Kylian Mbappé ? Antoine Griezmann ? Olivier Giroud ? "Sur ce point, c’est très clair, mais on ne va pas donner d’infos à Szczesny. Il aura la surprise du tireur", a désamorcé Griezmann, vendredi en conférence de presse. Et les tirs au but ? Les Bleus les ont-ils travaillés ? Ce n'était pas le cas à J-2. "On n'a pas encore travaillé les tirs au but. Peut-être aujourd'hui ?" s'interrogeait-il à voix haute. Avant de demander à Raphaël Raymond, responsable des relations presse des Bleus, si l'entraînement était ouvert à la presse. Réponse positive. "On le fera plutôt demain alors !", a conclu Grizou, dans un sourire.
Une chose est certaine, l'affaire est prise moins à la légère par les Polonais, qui avaient commencé à se pencher sur le sujet dès jeudi. A la fin de leur séance d'entraînement, les joueurs se sont exercés et les journalistes, présents autour du terrain, ont été priés de quitter les lieux. Sans doute car leur salut passe plus par l'exercice que les Bleus.
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Les tirs au but, tout sauf une "loterie" : "Mbappé a imité Bolt, c’est un signe de nervosité"

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Il n'empêche, il est assez traditionnel que le "french flair" prenne le dessus lorsqu'il est question des tirs au but. En 1998, Fabien Barthez avait préféré "la gigite" aux petits papiers de Philippe Bergeroo. Il y était allé, à l'instinct. Parce que c'était lui. Parce qu'il se débrouillait correctement dans l'exercice. Il y a quatre ans, avant la finale face à la Croatie, Didier Deschamps avait souligné qu'une séance dans le cadre d'un entraînement et d'un match à enjeu, une finale de surcroît, n'avait rien à voir. "Vous pouvez faire tous les tirs au but que vous voulez à l’entraînement, vous n’aurez jamais les conditions d’un match, qui plus est d’une finale de Coupe du monde : 120 minutes dans les jambes, la pression des spectateurs, l’enjeu, la météo. Ça n’a rien à voir, donc ça ne sert à rien." DD n'avait pas tort. Mais pas complètement raison non plus.
En 2022, les analyses vidéo en tout genre ont remplacé les petits papiers pliés. Il n'en reste pas moins qu'Hugo Lloris - qui se retrouverait en première ligne si jamais... - balance entre les informations et l'instinct dans une situation toujours particulière. Où les pourcentages de réussite des tireurs peuvent s'effondrer parce que le pied tremble au cinquième tir, par exemple. Hugo Lloris, qui a arrêté deux penalties avec les Bleus en neuf ans, dont un contre... la Suisse, n'est pas un spécialiste de l'exercice, au contraire de Wojciech Szczesny, qui en a sorti deux en trois matches au Qatar, dont un de Lionel Messi. Mais il fera comme d'habitude.
"On a des moyens de s'améliorer. Aujourd’hui, avec les analystes, on a tous les éléments. Mais il y a une part d’aléatoire alors que les tireurs sont capables de tirer n’importe où, a confié Lloris samedi. On peut mettre des choses en place et il peut se passer tout autre chose. Il y a une part d'instinct et de feeling aussi. Certains gardiens excellent davantage que d’autres, ils ont leurs petits secrets. Mais on a assez de temps pour en finir avant ça."
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Le plan de la Pologne : "Résister jusqu'aux tirs au but..."

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