Coupe du monde | France - Angleterre : Non, Deschamps n'a pas perdu son mojo
Par Maxime Dupuis
Publié 05/12/2022 à 14:07 GMT+1
COUPE DU MONDE – Sans que l'on ne parle de lui, Didier Deschamps réussit également sa Coupe du monde jusqu'ici. Après une année contrariée, le sélectionneur de l'équipe de France, en fin de contrat à l'issue du Mondial, a repris la main. Les Bleus sont en quart de finale, c'est la troisième fois de suite sous son mandat. Et c'est exceptionnel.
Didier Deschamps après la victoire de la France face à la Pologne, le 4 décembre 2022 à la Coupe du monde
Crédit: Getty Images
La dernière fois qu'on l'a vu diriger l'équipe de France en huitième de finale d'une grande compétition, on a bien cru que c'était la dernière, justement. Parce que le gadin avait été de taille à l'envoyer valser. Et que, dans sa carrière, Didier Deschamps a rarement attendu qu'on lui montre la porte pour faire ses valises et aller voir ailleurs. Personne ne lui a rien demandé et lui avait envie de continuer, contre vents et marées. Alors, il est resté avec le risque que l'on connait tous : que son pouvoir se soit effrité, qu'il ait perdu la main sur son groupe, simplement.
On ne va pas se mentir : la question a trotté dans les têtes durant de longs mois. Parce que pour un Final Four de Ligue des Nations accompli, combien de doutes autour du système de jeu et des résultats d'une année 2022 longtemps interminable. Et puis, quand l'un de ses prédécesseurs regrettait que l'odeur du sang ait des vertus euphorisantes sur ses interlocuteurs, c'est l'effluve des choses sérieuses et des tournois qui réveille Didier Deschamps et le rappelle à ses classiques.
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Video credit: Eurosport
En battant la Pologne dimanche (3-1), l'équipe de France s'est qualifiée pour son troisième quart de finale de suite en Coupe du monde. Un exploit à l'échelle de l'histoire des Bleus, puisque la sélection n'avait jamais vécu de période aussi faste en terme de régularité dans le top 8. 2014, 2018 et 2022 : trois tournois, trois fois Deschamps. Ajoutez à cela une finale de Championnat d'Europe, en 2016, et, malgré 2021, le bilan du sélectionneur décennal des Bleus est au-delà de l'acceptable.
A une victoire de décider de son avenir
S'il a parfois donné l'impression de se perdre entre Bucarest et Doha, avec un 3-5-2 qui n'a pas porté les fruits escomptés, Didier Deschamps avait avant tout compris une chose : son équipe ne pourrait pas faire un copier-coller de 2018. Demander aux joueurs de 2022, ses cadres notamment, de faire preuve d'une telle discipline défensive n'était pas possible. N'était pas souhaitable non plus. S'appuyer sur les forces de l'équipe de France aujourd'hui, c'est laisser les manettes à Kylian Mbappé. Et faire naturellement pencher ses Bleus vers l'avant.
Si bien que les Bleus sont devenus une équipe imparfaite, mais dont les individualités sont capables de gommer ses manques. On l'a vu face à la Pologne. Alors que le bateau commençait à tanguer, Hugo Lloris, par un arrêt plus que déterminant, puis surtout Kylian Mbappé et Olivier Giroud ont fait basculer la rencontre du bon côté. Didier Deschamps a fait le reste du travail à la pause avec des ajustements, qu'il a révélés à la fin de la rencontre. La suite fut bien mieux.
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Video credit: Eurosport
Ce troisième quart de finale planétaire de suite révèle aussi, avant d'en avoir la preuve définitive un peu plus tard, que la méthode DD fonctionne toujours auprès de ses joueurs. Il est resté le même, oscillant entre proximité et autorité avec ses joueurs. Et ces derniers adorent ça. Ils sont responsabilisés par le boss, qui est à leur écoute et, pour ces raisons, ceux-ci avancent et apprécient la gestion du patron.
Ce qu'Antoine Griezmann, biberonné à l'école DD, avait parfaitement verbalisé la semaine dernière : "Didier Deschamps aime bien échanger avec les joueurs, le ressenti. Après, il cherche la meilleure solution pour l’équilibre de l’équipe. C’est une force de sa part. Le groupe en est conscient. Quand il donne une consigne ou ordre, c’est plus simple d’écouter." Et, en général, ça aide à avancer. Deschamps n'a jamais perdu leur oreille. On l'imaginait sur un fil au Qatar, parce que sans assurance quant à son avenir, parce que Zinédine Zidane, parce qu'une partie de ses cadres lui ont fait faux bond. Lui est toujours là. Avec ses résultats. Encore un tour et, techniquement, il aura le choix de son avenir. Continuer. Arrêter. Ça ne tiendrait alors qu'à lui. Une autre victoire. Pas des moindres.
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