"C’est un cadeau" : pourquoi Ayyoub Bouaddi a pris le pouvoir dans le milieu du Maroc après le match nul face au Brésil (1-1)

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Face au Brésil (1-1), le Marocain Ayyoub Bouaddi a rayonné pour son tout premier match en compétition officielle avec sa sélection. Le jeune milieu de terrain (18 ans), impressionnant de "maturité", dixit son coéquipier au LOSC Olivier Giroud, continue de déconcerter, avant d’affronter l’Écosse vendredi soir (minuit). Le voilà rentré de force dans la cour des (très) grands. Son jardin désormais.

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Il en faudra encore un peu plus pour "impressionner" son sélectionneur Mohamed Ouahbi. Pas parce qu'il aurait été moyen, ou pas assez bon à son goût. Mais parce qu'on en attend d'Ayyoub Bouaddi. "Il ne m'a pas impressionné, parce qu'on savait très bien quel joueur c'est", détaillait l'entraîneur au sortir du match nul entre le Maroc et le Brésil (1-1), dimanche. Le genre de joueurs pour lequel on lutte sans relâche, semaine après semaine, pour l'arracher des griffes de la Fédération française de football. Et qui vous le rend bien d'entrée en Coupe du monde. Puisqu'il a été titularisé. Et qu'il a rayonné. Doux euphémisme. Ah, et, au fait : il n'a que 18 ans. Détail. 
Reprenons. Contre le Brésil, dimanche, le (très) jeune milieu Ayyoub Bouaddi a fait preuve d'une maturité pour le moins déconcertante. Si ce n'est écœurante pour une Seleção qui a eu toutes les peines du monde à tenir ce match nul. Qui a dû s'en remettre à un éclair de Vinicius pour égaliser (32e). Et qui a vite compris qu'il ne faudrait pas tenter de chiper le ballon à la tourelle chevelue du milieu de terrain adverse. 
C'est facile de jouer avec lui. On se regarde et on comprend tout de suite ce que l'autre veut faire
Pas compliqué. Bouaddi est le Marocain par qui tout est passé. Celui qui a le plus distribué le ballon (60 passes sur 66 tentées, 91% de réussite). Qui a remporté le plus de duels au sol (9). Et le deuxième à avoir le plus dribblé (5 dribbles, 3 réussis). Pour sa première en Coupe du monde, puisqu'il avait à peine 15 ans quand le Maroc des mêmes Yacine Bounou, Achraf Hakimi et compagnie filait en demi-finales du dernier Mondial. 
Il a tout d'un grand, Bouaddi. Son "gros, gros match", dixit Mohamed Ouahbi, n'est pas une surprise. "Beaucoup de gens parlent de son âge, poursuivait le sélectionneur après la rencontre, mais en termes d'expérience, il a déjà beaucoup joué en Ligue 1 (63 matches, NDLR), et en Ligue des champions (9). Je me souviens de sa masterclass contre le Real Madrid (1-0, en octobre 2024). Il a 18 ans, mais c'est quelqu'un de très posé, qui a déjà un sacré bagage et de l'expérience."
Si la fédération marocaine a fait confiance à Ouahbi, entraîneur expérimenté chez les jeunes arrivé début mars, c'est en partie pour mieux renouveler ces Lions de l'Atlas. Avec Bouaddi, couplé à Neil El Aynaoui (AS Roma, 24 ans), Ouahbi tient sa paire du présent et du futur. Les deux hommes s'entendent "parfaitement sûr et en dehors du terrain, dixit El Aynaoui. C'est (Bouaddi) un garçon super intelligent. C'est facile de jouer avec lui. On se regarde et on comprend tout de suite ce que l'autre veut faire." 
Mes amis me disent qu'il est un mélange entre Patrick Vieira et Sergio Busquets
Voilà Bouaddi parti à l'assaut du Mondial, lui qui portait encore le brassard des Espoirs chez les Bleus au mois de mars. Pas faute de l'avoir vu venir. D'entrée, son coéquipier au LOSC Olivier Giroud a été "impressionné par sa maturité", cette saison, comme il le décrivait à la BBC cette semaine. "Son entourage est très bon. Sa tête est bien construite, il est calme, confiant, il reste lui-même. C'est un cadeau de l'avoir dans l'équipe. Et je pense que le Maroc est très heureux de pouvoir compter sur lui. Il l'a montré dès son premier match, et ce n'est que le début : 18 ans !"
"Je parlais avec des amis, poursuivait Giroud, qui me disaient qu'il est un mélange entre Patrick Vieira et Sergio Busquets. Il n'est pas encore aussi bon que Busquets techniquement, et il manque peut-être d'un peu de puissance par rapport à Patrick. Mais il va devenir plus fort et grandir. (...) C'est un joueur complet, très polyvalent, qui est partout sur le terrain. Un peu comme N'Golo (Kanté). La seule chose qu'il doit améliorer, et il le sait puisqu'on l'a beaucoup charrié là-dessus cette année, c'est sa finition. Être plus agressif devant le but. Mais s'il a ça, après… Il jouera au Real Madrid l'année prochaine !"
Pas encore, patience. Mais les regards du monde sont braqués sur lui désormais. Et Olivier Létang pourrait flairer la bonne affaire. "Il coûte plus de 60 ou 70 millions maintenant, ça va être difficile de le garder à Lille", regrettait Giroud à la BBC. Mais qu'on ne vienne pas l'embêter, Ayyoub Bouaddi. Le Mondial, d'abord. Les courbettes, ensuite. "Je suis vraiment heureux de savoir que certains clubs s'intéressent à moi, avait répondu l'intéressé en zone mixte, alors qu'on lui demandait s'il s'imaginait prochainement en Premier League. Pour l'instant, je me concentre uniquement sur la Coupe du monde avec le Maroc, et nous allons tout donner pour faire de notre mieux." En toute sérénité.
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