"Le Maroc ? C'est son coeur qui a décidé" : Bouaddi, les dessous d'une décision avant la Coupe du monde 2026 qu'il pourrait disputer à 18 ans

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Il n'aura pas attendu longtemps. A seulement 18 ans, Ayyoub Bouaddi a fait son choix de nationalité sportive en décidant de représenter le Maroc, comme l'a annoncé le Royaume samedi. Capitaine des Bleuets, le Lillois a laissé parler son coeur pour prendre cette décision, avec la perspective d'être sélectionné dès la Coupe du monde, qui se jouera en Amérique dans quelques semaines.

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En choisissant le Maroc, à seulement 18 ans, Ayyoub Bouaddi a affirmé son caractère. Le jeune Lillois avait déjà franchi les étapes quatre à quatre en disputant son premier match en professionnel à tout juste 16 ans avec le LOSC. Une saison plus tard, il éblouissait l'Europe face notamment au Real Madrid et la Juventus de Turin, tout en honorant ses sélections (10) chez les Bleuets, dont il était le capitaine. Mais voilà, le Maroc a annoncé samedi que la pépite nordiste a fait le choix de représenter les Lions de l'Atlas chez les grands.
Formé à Creil puis à Lille, le jeune Franco-marocain est reconnu comme un garçon posé, réputé pour son intelligence et sa maturité. Alors que des échos ont fait état d'un forcing de Zinédine Zidane pour convaincre le Dogue de choisir les Bleus, le garçon a décidé de privilégier ses origines, surtout, mais aussi la perspective de disputer une Coupe du monde dès ses 18 ans, ce que ne lui offrait pas l'équipe de France pour cette édition.
"Je trouve ça bien parce qu'il s'affirme. Ca ne veut pas dire qu'il néglige ce que la France lui a apporté. Il a été formé ici, en France, au LOSC, il en est reconnaissant", affirme Sofiane Khair, coordinateur des jeunes de l'AFC Creil, le club qui a vu grandir le désormais international marocain jusqu'à ses 15 ans. Une occasion en or, avec une sélection officiellement championne d’Afrique et demi-finaliste lors du dernier Mondial.
Jouer une coupe du monde à 18 ans, ce n'est pas donné à tout le monde
"Je suis content pour le petit, parce que jouer une Coupe du monde à 18 ans, ce n'est pas donné à tout le monde dans une carrière, mais parce qu'il va le faire avec un pays compétitif. C'est que du bonheur", s'est-il enthousiasmé. Lui a vu grandir le jeune Ayyoub et nous avait déjà confié ne pas être surpris par sa précocité, l'an passé, et le Maroc n'est absolument pas un choix par défaut, selon lui.
"Pour des joueurs, une origine ça reste une origine, c'est quelque chose de lointain. Ce n'est pas un choix qui m'a surpris parce que sa famille est très attachée à ses origines, il va souvent au Maroc", détaille-t-il. A seulement dix ans, en 2018, la pépite marocaine était déjà dans les tribunes en Russie pour pousser son pays au Mondial. Une autre preuve de l'attachement qu'il éprouve depuis longtemps pour les Lions de l'Atlas. 

Un réel potentiel

Faire ce choix tôt, c'est aussi s'épargner des débats incessants sur le sens d'attendre une éventuelle sélection et de se rabattre ensuite sur son deuxième pays. Des questions souvent désagréables, parfois nauséabondes que le Nordiste évite donc en se prononçant aussi tôt. "Il n'y a pas de calcul dans ce qu'il fait. S'il a choisi le Maroc, c'est son coeur qui a décidé", avance son formateur.
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Au sein des Lions de l’Atlas, le jeune Creillois incarne bien sûr l’avenir, la majorité tout juste atteinte, mais aussi le présent. Aux côtés d’un autre binational, en la personne de Neil El Aynaoui, Mohamed Ouahbi dispose d’un entrejeu très alléchant et performant. Le Romain a certainement été le meilleur Marocain de la dernière CAN, tandis que Bouaddi a déjà prouvé de quel bois il était fait. Le potentiel est là, sans aucun doute. "C'est un vrai plus pour l'avenir de la sélection, reconnaît Mohamed Chaouch, ex-international marocain. Avec son talent et son potentiel, Bouaddi peut devenir un joueur important pour l’avenir des Lions de l’Atlas."

La validation d'une politique sportive

Ce choix vient aussi valider tous les investissements et le projet mis en place sous l’égide du président de la fédération du Royaume, Fouzi Lekjaa. Via leur académie Mohamed-VI, les Marocains s’imposent comme une nation attrayante et crédible dans le concert des nations. Attention, il ne s'agit pas de dire que Ayyoub Bouaddi a fait ce choix uniquement pour des raisons sportives, mais disposer d’une structure aussi huilée est forcément un facteur d’attraction. D'autant plus que le Maroc co-organisera le prochain Mondial, en 2030, en compagnie du Portugal et de l'Espagne. Une motivation supplémentaire pour un garçon qui n'aura alors que 22 ans et toute une carrière devant lui.
En attendant, Ayyoub Bouaddi va rendre fier toute sa ville d'origine. "On va projeter les matches du Maroc au club et regarder ça tous ensemble. Ils jouent à minuit à chaque fois donc ça ira", annonce l'éducateur, fier du "porte-drapeau de la formation creilloise". Parmi les nombreux jeunes joueurs de la compétition, le jeune Marocain sera très certainement une révélation. Disputer une Coupe du monde avec dans son groupe le Brésil de Neymar à un si jeune âge ressemble à une occasion en or. Nul doute que tout Creil et le LOSC auront des étoiles dans les yeux en voyant leur pépite évoluer devant le monde entier, avant certainement de rejoindre une très grosse écurie.
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