Coupe du monde 2026 | Avec le Portugal, Cristiano Ronaldo est devenu de plus en plus caricatural... et hors jeu
Par Julien Pereira
Mis à jour 26/03/2025 à 15:32 GMT+1
Cristiano Ronaldo et le Portugal sont toujours liés. CR7 a marqué, dimanche dernier face au Danemark (5-2) en Ligue des nations, au bout d'un match durant lequel il n'a pas réussi grand-chose d'autre. Ses performances en sélection nationale se suivent, se ressemblent et ne cessent pourtant de démontrer qu'un écart de plus en plus grand les sépare.
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Il a (encore) réussi son coup. Mais il n'a pas vraiment sauvé les apparences. Cristiano Ronaldo a marqué lors d'un match "important", si tant est que la Ligue des nations compte vraiment, lors du quart de finale retour face au Danemark (5-2 ap. p.) dimanche. Mais sa prestation a plutôt mis en exergue le décalage naturel qui s'est creusé entre la Seleção et lui-même.
Tout a changé, rien n'a changé : le constat final est bien le même depuis plusieurs mois alors que la situation du "Capitão" a évolué. Hier, il était un buteur redoutable au statut écrasant. Aujourd'hui, il semble plutôt être un finisseur plus limité malgré de meilleures intentions.
Dans l'attitude, CR7 semble effectivement avoir compris que l'équipe portugaise ne pouvait pas viser beaucoup plus haut sans une implication plus large de sa part. C'est ce que l'on lit à travers ses déclarations récentes, lorsqu'il affirme être "prêt à signer s'il est remplaçant et que le Portugal gagne", et c'est aussi ce que l'on voit sur le terrain.
Ronaldo n'est plus Ronaldo
Dans sa manière de se placer lorsqu'un défenseur adverse est en possession du ballon, dans les courses de repli et dans son comportement défensif, Ronaldo fait bien plus d'efforts qu'il n'en a fournis durant une bonne partie de son aventure en sélection. C'est notable mais malheureusement... insuffisant.
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Car offensivement, son apport n'a lui non plus plus rien de comparable à ce qu'il a pu être. Le quintuple Ballon d'Or a certes marqué (dans un angle difficile, par ailleurs) mais il a aussi manqué plusieurs occasions en or pour un attaquant de son passif et de sa qualité (5 tirs cadrés dont 4 dans la surface).
À ce constat, on n'exclut pourtant le penalty manqué qui aurait pourtant pu rendre le match bien plus facile pour le Portugal. Lui, l'immense spécialiste de l'exercice, qui avait déjà failli lors du huitième de finale de l'Euro face à la Slovénie (avant de se rattraper lors de la séance de tirs au but), a récidivé.
Ce qui est intéressant, c'est qu'il l'a fait en modifiant complètement ses habitudes et en adoptant une course d'élan proche de celle d'un Bruno Fernandes ou d'un Vitinha, sans doute plus légitimes que lui, aujourd'hui, pour se charger de ces opportunités. Un aveu de faiblesse, en quelque sorte.
Une autre manière de se rendre utile... vraiment ?
À 40 ans, bien qu'il refuse encore de se l'avouer, et bien que sa forme physique soit encore exceptionnelle pour un joueur de son âge, Ronaldo n'a plus la même fluidité dans ses mouvements. Et s'il est encore capable d'être dominant dans les airs, il ne l'est plus ailleurs : dimanche, il a manqué 5 passes sur 18, a perdu 80% de ses duels au sol et perdu... 10 ballons.
Ces statistiques-là, cachées derrière ses buts réguliers dans des matches à plus faibles enjeux, ne reflètent pas pleinement le décalage qui le sépare de ses coéquipiers, à l'exception peut-être de ses trois positions de hors-jeu. Sans doute conscient que son niveau technique n'est plus à la hauteur d'une équipe de ce statut, capable de se trouver d'autres héros (ce fut Francisco Trincão dimanche), l'homme aux 136 buts en sélection a tenté de se démarquer autrement.
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"Donnarumma, c'est un but que peuvent prendre des amateurs, à la rigueur..."
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Remplacé à la fin du temps réglementaire, CR7 a joué les adjoints, durant toute la prolongation, en mobilisant et haranguant ses coéquipiers. De quoi aider Roberto Martinez, une nouvelle fois, à justifier son impact (et donc sa présence) en conférence de presse, comme il l'a toujours fait depuis son arrivée sur le banc.
Et tant pis si l'attitude a parfois eu l'air un peu exagérée, voire caricaturale, pour une rencontre de Ligue des nations. Elle avait semblé viscérale et impactante en finale de l'Euro 2016. Avec le recul, elle aurait sans doute fait une très belle fin. Au lieu de cela, elle va plutôt servir d'argumentaire pour l'amener jusqu'à la Coupe du monde, dix ans plus tard.
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