Coupe du monde 2026 I Belgique - Espagne : Romelu Lukaku, l'ultime sacrifice

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Il n'a jamais baissé les bras. Longtemps blessé cette saison, Romelu Lukaku n'a pas hésité à partir au clash avec le Napoli, son club, pour remporter son contre-la-montre et disputer la Coupe du monde avec la Belgique. Un pari risqué, ambitieux, mais réussi. S'il demeure limité physiquement, "Big Rom", déjà auteur de trois buts, reste un élément à part des Diables Rouges.

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Dans sa tête, c'est une hypothèse qui n'a jamais réellement existé. Lorsque son entourage, parfois, lui susurrait ces derniers mois l'idée d'une possible non-participation à cette Coupe du monde 2026, Romelu Lukaku préférait faire semblant de n'avoir rien entendu. Pas du genre à faire dans les compromis, l'attaquant du Napoli, forte tête, a toujours eu dans le crâne l'objectif de filer un coup de main à la Belgique durant ce Mondial. Même dans des conditions précaires. C'est d'ailleurs ce qu'il a toujours dit à Rudi Garcia, son sélectionneur, qui en retour lui témoignait de sa confiance en vue de la grande échéance du 15 mai, jour de l'annonce de la liste des 26 Diables Rouges.
Foudroyé par une blessure à une cuisse lors de la préparation estivale de Naples, Lukaku, qui n'avait fait son retour en compétition qu'en janvier dernier, s'est alors démené comme rarement. Quitte à partir à la confrontation et à sacrifier sa relation avec son club. Mécontent de son temps de jeu, et pas vraiment satisfait des trop grandes précautions prises par le staff d'Antonio Conte, un entraîneur qui l'a presque toujours emmené partout où il allait, "Big Rom" a profité du rassemblement de sa sélection en mars dernier pour prendre les choses en main.
Convoqué pour la tournée aux États-Unis de la Belgique, l'attaquant avait pourtant dû déclarer forfait pour les deux matches de préparation à la Coupe du monde en raison d'une inflammation du fléchisseur de la hanche. Pas abattu pour autant, il a profité de ce retour au pays... pour y rester.
"Romelu a décidé de rester en Belgique pour s'entraîner et se rétablir de sa blessure, confirmait le directeur sportif du Napoli, Giovanni Manna, sur la plateforme DAZN avant le choc de la 31e journée face à l'AC Milan, le 6 avril. Nous ne sommes pas contents, car nous aurions aimé nous entretenir avec lui ici, à Naples. Il devrait revenir la semaine prochaine, sinon il sait qu'il y aura des conséquences." Et des conséquences, il y en a eu. Car l'attaquant de 33 ans décide alors de boycotter la reprise des entraînements pour poursuivre son programme sur mesure au plat pays. Avec, dans le viseur, un seul et unique objectif assumé : le Mondial.
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Un boycott et une amende

"J'ai décidé de faire ma rééducation en Belgique (...) mais je ne pourrais jamais tourner le dos à Naples, jamais, tentera de tempérer l'intéressé dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, en réponse aux critiques du Napoli et de ses supporters. Tout ce que je veux, c'est jouer et gagner pour mon équipe, mais je ne suis pas à 100% physiquement et cela a un impact sur mon mental."
Comme si son statut de remplaçant en club, derrière le titulaire du poste Rasmus Højlund, le freinait dans sa tentative de récupérer l'intégralité des capacités physiques qui composent l'essentiel de son jeu. Depuis son retour en début d'année, l'un des héros du titre napolitain en 2024-2025 ne comptait que sept matches en sortie de banc, dont cinq en championnat, pour un total de 64 minutes de jeu et un petit but, certes décisif, sur la pelouse de l'Hellas Vérone. De quoi susciter son incompréhension et les premières tensions avec son coach et mentor, qui finira lui aussi par le lâcher.
"Je suis très déçu de Romelu, déclarera Antonio Conte à la mi-avril après une visite express du joueur au centre d'entraînement de Castel Volturno. Il n'est même pas venu me saluer. Non, je ne lui ai pas parlé. Il était pourtant présent, juste à côté de mon bureau. Je sais qu'un des membres du conseil d'administration lui a parlé, mais il n'est pas venu frapper à ma porte. Pas un mot, pas un message, rien du tout..."
Face à ce comportement, et selon plusieurs médias italiens, le Napoli décide alors de taper du poing sur la table en infligeant une amende salée de 200 000 euros à son attaquant, et ce malgré la tentative de médiation de son influent agent Federico Pastorello. Actant, au passage, un départ lors du mercato suivant, dans l'espoir aussi de se libérer de son salaire net de 6 millions d'euros. Un sacré boulet pour les comptes d'un club qui souhaite repartir à l'équilibre. Au passage, Antonio Conte a lui aussi fait ses valises une fois la saison terminée.

Hors de forme ? Et alors ?

15 mai. Très attendue par les médias locaux, la liste de la Belgique pour la Coupe du monde est enfin annoncée par Rudi Garcia. Romelu Lukaku, meilleur buteur de la sélection (93 buts désormais en 131 sélections), y figure. Certains craignent une prise de risque trop importante ? "Romelu est guéri, mais il est hors de forme et je ne suis pas sûr qu'il pourra débuter les matches. Mais c'est notre meilleur attaquant, le meilleur buteur de l'histoire de la Belgique", répond alors le sélectionneur français, bien conscient de l'importance de son buteur, tant sur le terrain que dans le vestiaire. Le temps lui donnera raison.
Si l'ancien attaquant de Chelsea et Everton n'a certes toujours pas 90 minutes dans ses cuisses imposantes, il remplit parfaitement la case de "game changer", cette caste de joueurs capables de changer un match en entrant en jeu. Sa carcasse de 93 kilos reste une sacrée plaie pour les défenses adverses, encore plus quand elles sont usées, et son sens du but reste le même : le voilà à trois réalisations consécutives (Nouvelle-Zélande, Sénégal et États-Unis). Décisif, vous avez dit ? Le voilà devenu le premier joueur à marquer en tant que remplaçant lors de quatre matches différents en Coupe du monde. Mais pas de quoi lui faire réclamer un rôle de protagoniste pour autant.
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La joie des Belges Arthur Theate en tête après le but de Romelu Lukaku lors d'Etats-Unis - Belgique en huitièmes de finale de la Coupe du monde, le 6 juillet 2026

Crédit: Getty Images

Déjà heureux de participer à son quatrième Mondial, le numéro 9 des Diables Rouges connaît ses limites et ses failles. Tout le monde l'attendait sur le point de penalty face au Sénégal ? Lui a préféré laisser le ballon à Youri Tielemans, qui inscrira le but décisif du 3-2. "J'allais frapper, mais je traverse encore des moments difficiles mentalement et je préférais que Youri tire. Ce n'est pas moi qui compte, c'est l'équipe qui doit gagner", se justifiait-il, lucide, après la rencontre. De son côté, Garcia savoure la manière dont il gère son "supersub" en vue du quart de finale face à l'Espagne, vendredi (21 h).
"Ce qui compte, c'est nous, on était bien, on avait une composition de départ pour aller dans le plan de jeu que je voulais mettre en place, et encore une fois notre supersub a frappé. Romelu est rentré et il a marqué le quatrième, il nous a délivrés", souriait-il après la victoire face aux États-Unis (4-1). Le Mondial valait bien quelques sacrifices.
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