Coupe du monde 2026 I Demi-finales I L'Argentine de Lionel Scaloni est-elle restée prisonnière de son titre au Qatar en 2022 ? 

Eurosport sur Google

L'Argentine a pris les mêmes, mais peut-elle réitérer l'exploit ? Alors que se dresse l'Angleterre face à elle, en demi-finale (21 h), l'Albiceleste comptera à nouveau sur ses joueurs d'expérience. En rappelant dix-sept champions du monde en titre pour 2026, Lionel Scaloni n'a pas cherché à se réinventer. Avec succès, jusqu'ici, malgré les doutes que le parcours n'a pas encore effacés. 

"Flamboyant au 1er tour avant de s’éteindre : le tournoi d’Olise c’est celui de Payet à l'Euro 2016"

Video credit: Eurosport

Olé, l'Argentine a gagné. Les Ciel et Blanc de Lionel Scaloni ont séché la Suisse, en prolongation (3-1). Le sélectionneur s'avance, devant la presse, pour livrer son ressenti. De quoi va-t-il parler ? En vingt minutes de questions-réponses, le nom de "Messi" ne sortira qu'une fois. Celui de "Julian" Alvarez, buteur salvateur, trois fois. Deux de moins que le mot "Qatar". Comme si l'histoire s'écrivait quatre ans trop tard. 
Lionel Scaloni ne rechigne pas à comparer son groupe à celui de 2022. "Nous avions déjà souffert au Qatar, retenait-il du match. Peut-être qu'on y avait joué mieux qu'ici." Peut-être. À voir cette Albiceleste souffrir face au modeste Cap-Vert (3-2, après prolongation), peiner face à l'Égypte (3-2), et buter sur une Suisse réduite à dix (3-1, après prolongation). La même Albiceleste qui, à deux joueurs près, rejoignait la finale de 2022. Copié-collé saisissant.

88% du temps de jeu pour les "anciens" de 2022

L'annonce de la liste de Lionel Scaloni pour le Mondial de 2026 avait suscité deux questions. Uno, que faire des nouveaux (Nico Paz, Facundo Medina, Valentin Barco…) ? Deuzio, y aurait-il trop d'anciens ? Dix-sept des 26 appelés au Qatar disputent encore la Coupe du monde. Et pas d'histoire de cadre que l'on relègue sur le banc, façon N'Golo Kanté 2026. Les "anciens" jouent, pas les nouveaux : 88% du temps de jeu du Mondial a été partagé entre champions du monde en titre. On prend les mêmes, on fait jouer les mêmes, et on espère la même breloque au bout.
Même bousculé, balloté par l'adversité et les scénarios dingos, Lionel Scaloni y trouve son compte. Le sélectionneur a beau s'évertuer, victoire ric-rac après victoire ric-rac, à dire qu'il y a des choses à "peaufiner", il redit aussi sans cesse le bien qu'il pense de son effectif. "Quel groupe de joueurs", pleurait-il de joie après les avoir vus remonter l'Égypte. 

Almada n'a pas duré

Scaloni a trouvé la formule qui gagne, peu importe la manière. C'est tout ce qui compte. Pourquoi renouveler, chercher à se réinventer ? Depuis le début du Mondial, rien ne l'a étonné. "Je ne dirais pas que quelque chose m'a surpris, entonnait-il encore dimanche. Je connais déjà très bien le groupe que nous avons emmené. Tout le staff technique sait de quoi ces joueurs sont capables. Je sais qu’aucune difficulté ne nous fera changer de cap. Même après l’égalisation et l’expulsion, alors que tout semblait devenir très compliqué, ils ont continué à y croire."
Douce résilience d'une équipe qui compte encore sur Rodrigo de Paul (Inter Miami) et Leandro Paredes (Boca Juniors). Qui a vaguement tenté d'inclure Thiago Almada (Atlético Madrid) en phase de poules, avant de le reléguer sur le banc pour revenir au bon vieux milieu à quatre Paredes-De Paul-Mac Allister-Fernandez. Faute d'avoir trouvé le digne remplaçant d'Angel Di Maria, retraité de la sélection après le titre en Copa América, fin 2024. Seuls Facundo Medina, jusqu'à sa blessure, et Lisandro Martinez (remplaçant en 2022) sont parvenus à s'imposer dans le onze argentin. 
L'équipe reste sereine
"Beaucoup d'entre nous, moi le premier, manquions encore d'expérience au Qatar, racontait encore Scaloni. Dans ce genre de situations (face à la Suisse, NDLR), nous étions davantage déstabilisés. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Autrefois, lorsqu’un adversaire nous dominait ou égalisait, tout paraissait soudain beaucoup plus sombre. Aujourd’hui, nous gardons notre calme. L’équipe reste sereine parce qu’elle sait qu’elle ne renoncera jamais et qu’elle dispose de remplaçants capables de changer le cours d’un match. C’est un atout que nous n’avions pas auparavant."
Les qualifications successives lui donnent raison jusqu'ici, alors que se présente un col autrement plus vertigineux en demies. Mais cette Argentine, certes survivante, reste poussive. En manque d'inspiration, quand Messi n'enfile pas sa cape de super-Leo, et que la paire Julian Alvarez-Lautaro Martinez attend 112 minutes pour débloquer la situation face à la Suisse, en quarts. 
La solidité et l'expérience d'abord. Le dribble et le déséquilibre ensuite. Thiago Almada devait "apporter un peu plus dans les un-contre-un", dixit Scaloni le 20 juin. Il ne débute plus. Nico Paz n'a même pas le luxe de sortir du banc. Et Franco Mastantuono reprend paisiblement l'entraînement, loin des Amériques, avec son maillot tout blanc. Le génie viendra d'hier. Pas d'ailleurs. Pour éviter que le retour des héros tourne, comme souvent (France 2002, Italie 2010, Espagne 2014, Allemagne 2018), au coup de trop.
picture

Tchouaméni, Rabiot remplacé, attaquants choix politique : décryptage de la demie ratée de DD

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité