Coupe du monde 2026 I États-Unis - Belgique I La Fédération belge fait appel, la presse crie au scandale : le cas Folarin Balogun enflamme le Mondial

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La Fifa a fait une "grosse erreur" et pris une "très mauvaise décision" en suspendant le carton rouge infligé à l'Américain Folarin Balogun sous la pression de Donald Trump, a estimé dimanche le sélectionneur norvégien Stale Solbakken. La Fédération belge, elle, a décidé de faire appel, alors que la presse internationale crie au "scandale" après cette décision.

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Video credit: Eurosport

Au sortir de la victoire de la Norvège face au Brésil (2-1) dimanche en 8e de finale de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur Stale Solbakken a été interrogé sur la décision de la FIFA de suspendre le carton rouge infligé à l'Américain Folarin Balogun. "C'est une grosse erreur de la FIFA,", a-t-il réagi après la qualification de son équipe pour les quarts de finale à East Rutherford (New Jersey) en battant le Brésil (2-1).
"C'est une très, très, très, très, très mauvaise décision, ce n'est pas bon pour le sport", a-t-il souligné. Balogun "a pris un carton rouge et la VAR a confirmé que c'était un rouge, il a été exclu et suspendu pour un match,", a-t-il rappelé. L'attaquant avait été exclu à la fin du 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine et a été suspendu automatiquement pour un match.
Et qu'en sera-t-il du prochain carton rouge ?
Mais le joueur a finalement été autorisé à jouer le quart de finale contre la Belgique après que la commission de discipline a transformé la sanction en un match de suspension avec sursis. Deux sources proches du dossier ont confirmé dimanche à l'AFP que Trump avait appelé le patron de la Fifa Gianni Infantino pour demander le réexamen de la suspension de l'attaquant.
Solbakken a également estimé que cette ingérence du président américain serait "mauvaise" pour les Etats-Unis. "S'ils battent la Belgique, ils auront toujours ce petit quelque chose en plus, et s'il (Balogun) marque un but ou fait un bon match, la Belgique sera furieuse", a-t-il expliqué. "S'ils gagnent, ça restera toujours quelque part en arrière-plan". "Et qu'en sera-t-il du prochain carton rouge ?", a-t-il poursuivi. "Il va y avoir des appels pour faire annuler ce carton ?"

La Fédération belge fait appel, Blatter s'interroge

Selon The Athletic, la Fédération royale belge de football a décidé de faire appel de cette décision à moins de vingt-quatre heures du match (mardi, 2h). "Un membre de la commission d'appel de la FIFA - qui ne représente aucune fédération ni au sein de l'UEFA ni au sein de la CONCACAF, afin d'éviter tout conflit d'intérêts potentiel - a été désigné pour examiner cette affaire", précise le média britannique. Une décision sera rendue dans les prochaines heures.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a jugé lundi "incompréhensible" la décision de la Fifa. "Si vraiment, c'est un coup de fil qui explique cette décision incompréhensible, cela serait bafouer les règles les plus élémentaires du football et du sport", a déclaré le ministre dans un communiqué transmis par son service de presse. "Ce serait très grave. Comment la FIFA pourrait-elle encore plaider le fair-play avec crédibilité ?", a-t-il interrogé.
De son côté le Premier ministre belge Bart De Wever a préféré ironiser sur la polémique... Par félin interposé, en faisant réagir son chat gris Maximus qui est son vecteur de communication humoristique sur Instagram. "Carton rouge? Je vais quand même jouer !", a lancé Maximus, en commentaire d'une photo le montrant avec une carte rouge au bout d'une patte, se prélassant sur la moquette grise au siège de la Chancellerie à Bruxelles.
Ancien président de la FIFA, Sepp Blatter a lui aussi confié son scepticisme sur cette décision. "Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils sont annulés par des règles, des preuves et des organismes indépendants", écrit le Suisse de 90 ans sur X.
"Si un président des Etats-Unis intervient auprès du président de la Fifa - et qu'un joueur est soudainement blanchi avant un match à élimination directe de la Coupe du monde -, la question est inévitable: Quo vadis (où vas-tu, ndlr ?), Fifa ?", poursuit l'ex-patron du foot mondial. "Le football ne doit jamais devenir un terrain de jeu pour le pouvoir politique", conclut Sepp Blatter, ajoutant les mots-clés #GianniInfantino et #DonaldTrump pour lever toute ambiguïté.
Poussé à la démission en 2015 par une cascade de scandales, Blatter n'a jamais mâché ses mots contre son successeur, déplorant en février dernier dans le quotidien allemand Bild que la Fifa soit "une dictature", qui "se résume à son président".
"Trump va orchestrer un coup de publicité" à l'occasion du Mondial 2026 et "pour cela, il a besoin de son nouvel ami, le président de la Fifa, Gianni Infantino. Bien que le terme complice soit plus approprié qu'ami", fustigeait-il.
"Il revient aux instances sportives, pas aux politiques" de décider des règles du sport, a souligné lundi le commissaire européen Glenn Micallef. "Exercer une influence sur les décisions sportives porterait atteinte à l'autonomie du sport", a averti ce membre de l'exécutif européen, en charge des questions sportives, dans une publication sur le réseau social X.
Coup de pression politique
Du côté de la presse internationale, le quotidien italien La Gazzetta dello Sport évoque de son côté une décision simplement "scandaleuse", confirmant l'intervention de Donald Trump dans ce dossier. "Balogun ? Une histoire étrange, ça m'a semblé être une absurdité. J'ai regardé ce fameux article 27 dont tout le monde parle : heureusement qu'il n'est pas applicable aux championnats nationaux, sinon ce serait l'Armageddon. Inutile de se raconter des histoires : c'est une décision qui a une évidente connotation politique. C'est un précédent extrêmement dangereux, j'espère qu'ils en sont conscients. Je suis partisan de cette Coupe du monde, avec des stades pleins et beaucoup d'enthousiasme, mais quand on voit une décision comme celle-là, on perd la méritocratie qui est à la base du football", a d'ailleurs déploré le nouveau président de la Fédération italienne de football Giovanni Malagò.
En Belgique, La Capitale parle ainsi d'un "coup de pression politique" du président américain contre "Les Diables", alors que Le Soir évoque un "soupçon d'ingérence". "349 millions d'Américains + la FIFA contre 7,9 milliards de Belges", peut-on lire du côté de la Libre, puisqu'une grande partie de la planète football s'est indignée de cette décision de la FIFA. "C'est corrompu à 100%", dénonce Het Nieuwsblad. "La FIFA tue le football", déplore même la RTBF. En Espagne, si Marca parle d'une décision "controversée", le quotidien AS regrette un précédent "très dangereux".
(Avec AFP)
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