Coupe du monde 2026 I "Le meilleur entraîneur du monde" : Lionel Scaloni va-t-il tourner la page de l'Argentine ?
Eurosport sur GoogleDeux Coupes du monde, une remportée, une perdue en finale, et surtout des souvenirs impérissables offerts à un pays où il est entré définitivement la légende comme dans les cœurs. Si Lionel Scaloni compte bien "honorer son contrat" avec l'Argentine, le technicien de 48 ans, lessivé de ces huit ans sur le banc de l'Albiceste, semble tenté par une nouvelle grande expérience. Il la mérite.
Espagne - Argentine, pire finale de l'histoire ?
Video credit: Eurosport
Lionel Scaloni a tout fait pour résister. Devant les nombreux journalistes présents devant lui en conférence de presse, dimanche, au sortir de la défaite de l'Argentine face l'Espagne (1-0, a.p) en finale du Mondial, le sélectionneur de l'Albiceleste a d'abord analysé les raisons de la défaite de son équipe, avant de revenir sur les critiques autour du non-jeu produit, l'expulsion finale d'Enzo Fernandez ou encore l'avenir de Lionel Messi, qui a fini la soirée en larmes sur la pelouse du MetLife Stadium.
Bref, il n'a éludé aucun sujet. Le regard triste, oui, mais la réponse toujours polie. Comme toujours avec lui. Sauf qu'après une bonne dizaine de minutes à réfréner toutes ses émotions, Scaloni a fini par y succomber. Cela a commencé par une voix tremblotante, puis la gorge s'est nouée et les yeux ont rougi.
"C’est un endroit merveilleux (le poste de sélectionneur de l'Argentine, NDLR), un rêve devenu réalité. Je n’aurais jamais imaginé me retrouver dans une telle position... Pour continuer, il faut réunir beaucoup de choses : repartir de zéro, bâtir un groupe comme celui-ci, ce qui est difficile à reproduire… Et cela me fait profondément mal à l'âme... Je suis désolé."
Je ne sais pas s'il est possible de réaliser quelque chose d'aussi grand que cela
Le cœur brisé et le visage en larmes, Scaloni, épuisé, s'est alors levé de sa chaise, soutenu par l'attaché de presse de l'Albiceleste et salué par les applaudissements de certains journalistes. Un moyen, aussi, de lui rendre hommage pour la toute dernière fois ? Car l'ancien adjoint de Jorge Sampaoli, devenu sélectionneur en 2018, d'abord par intérim avant d'être confirmé dans ses fonctions, n'a pas exclu un possible départ du banc argentin. Probablement lessivé et usé par huit années durant lesquelles il n'a jamais triché.
"J'ai déjà une idée de ce que je veux faire, je vais honorer mon contrat et ensuite, on verra. J'ai besoin de réfléchir, car je ne sais pas s'il est possible de réaliser quelque chose d'aussi grand que cela", reconnaissait-il quelques minutes avant de quitter le pupitre. Adulé en Argentine, Scaloni a ramené l'Albiceleste au sommet en gagnant deux fois la Copa America (2021 et 2024) et une fois la Coupe du monde, en 2022 contre la France en finale au Qatar.
S'il a échoué cette fois à une marche d'un back to back historique cette année, celui qui a passé presque une décennie sous le maillot de La Corogne (1996-2007) ne voit pas sa réputation écornée pour autant. Bien au contraire. C'est tout un pays qui est aujourd'hui reconnaissant envers son ancien international qui, pour beaucoup, possède toutes les caractéristiques d'un grand entraîneur. Humain avec ses joueurs, moderne dans ses idées, souple dans ses convictions... Le sélectionneur argentin coche bien des cases pour prendre, incessamment sous peu, les rênes d'un grand club européen. En presque une décennie, Scaloni a replacé l'Argentine sur la carte du football mondial.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/19/image-63875067-2050-45f9-bf59-69f0d90567d6.jpeg)
Lionel Scaloni après la défaite de l'Argentine face à l'Espagne (1-0, a.p) en finale du Mondial 2026.
Crédit: Getty Images
Il a su reconstruire une équipe, un collectif, un état d'esprit autour d'un seul homme : Lionel Messi. Ce qui n'avait rien d'évident après le Mondial raté de 2018 (élimination en huitièmes de finale face à la France). Qui aurait pu imaginer, à l'époque, que l'Albiceleste serait sacrée quatre ans plus tard, qu'elle disputerait une nouvelle finale lors de l'édition suivante et qu'elle remporterait deux Copa America ? Et que l'octuple Ballon d'Or parviendrait enfin à changer le cours de son histoire avec la sélection ? Alors oui, tout n'a pas toujours été parfait ni spectaculaire sur le terrain. Mais sans lui, l'histoire n'aurait probablement pas été aussi belle. Et tout le monde semble aujourd'hui en être conscient.
Sélectionneur jusqu'en décembre, puis...
"Il est l'un des principaux artisans de tout cela. Depuis qu'il est arrivé, il a construit un groupe spectaculaire (...) Il a traversé des moments très difficiles et, aujourd'hui, il récolte ce qu'il a semé", s'enthousiasmait Lionel Messi en 2022, au moment où son sélectionneur recevait le Trophée The Best du meilleur entraîneur. "C'est un entraîneur qui te donne confiance. Il nous a toujours défendus, même dans les moments difficiles (...) Cette équipe progresse depuis des années [...] Parfois, j'en ai les larmes aux yeux en repensant à tout ce que nous avons accompli", rappelait encore Emiliano Martinez. Pour Rodrigo De Paul, Scaloni, qui n'a pour l'instant aucune autre expérience que le banc de l'Argentine sur son CV, est même tout simplement "le meilleur entraîneur du monde".
Considéré par les observateurs comme un excellent tacticien, Scaloni se veut également toujours respectueux, tant avec les journalistes qu'envers ses adversaires. Jamais un mot plus haut que l'autre, jamais de ton méprisant. Dimanche, après le coup de sifflet final, c'est lui qui a tenté de calmer les esprits alors que Leandro Paredes avait visiblement décidé d'en découdre. C'est encore lui, le "pleurnichard", comme le surnommaient affectueusement ses joueurs, qui s'était laissé emporter par l'émotion après la folle victoire contre l'Égypte en huitièmes de finale.
"Je suis toujours ému. Parfois, les larmes coulent (...) Pour tous ceux qui ont joué au football pendant 20 ans, ressentir à nouveau ce que nous avons vécu aujourd’hui est incroyable. Je pense que la plupart des entraîneurs qui ont été joueurs le deviennent pour vivre des journées comme celle-ci, pour ces émotions, cette adrénaline", lâchait-il alors. Pour l'heure, son programme est simple : se reposer, récupérer, puis remplir sa mission de sélectionneur "jusqu'en décembre", disait-il dimanche soir dans les travées du MetLife Stadium.
Ensuite ? Tout est possible. Scaloni, que Claudio Tapia, le président de la Fédération argentine, espère convaincre de rester jusqu'à la Coupe du monde 2030, notamment en mettant en avant certaines rencontres inaugurales organisées en Amérique du Sud, garde également un lien fort avec les championnats espagnol et italien, où il a passé une bonne partie de sa carrière. "J'ai déjà une idée de ce que je veux faire, je vais honorer mon contrat et ensuite, on verra. J'ai besoin de réfléchir", prévenait l'intéressé quant à la suite de sa carrière. Quoi qu'il décide, son héritage, lui, est d'ores et déjà gravé dans l'histoire de l'Albiceleste.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/11/13/image-5cd09111-6363-41cb-85a6-74092166487e-68-310-310.jpeg)