Coupe du monde 2026 I Norvège-Angleterre I Tuchel - Bellingham, à l'origine de leur désamour
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 13/07/2026 à 19:28 GMT+2
La pique de Jude Bellingham à Thomas Tuchel ce samedi après la qualification de l'Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde a rappelé les relations froides entre les deux hommes. Depuis sa prise de fonction sur le banc des Anglais, l'Allemand, qui n'est pas le genre d'entraîneur à se laisser marcher dessus, tance régulièrement le Madrilène. Pour plusieurs raisons.
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Didier Deschamps ne cesse de tresser des lauriers à Kylian Mbappé. Lionel Scaloni encense quant lui à chaque occasion Lionel Messi. Thomas Tuchel et Jude Bellingham entretiennent eux une relation d'un tout autre genre. Elle fait d'ailleurs le bonheur des tabloïds. Et ce samedi à Miami a encore illustré ce rapport aussi atypique que piquant. "Peut-être qu'il ne sait pas ce que ça fait de jouer dans ce genre de conditions contre Erling Haaland, Odegaard, Nusa, Sorloth. Ce n'est pas une équipe facile à affronter", a rétorqué le joueur du Real Madrid après les critiques de son sélectionneur sur la performance de l'Angleterre face à la Norvège malgré sa qualification en demi-finale.
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Ça a fait du bruit. Et le bonheur de la presse, évidemment. Mais ça n'a pas surpris grand monde dans le Royaume. "C’est quelque chose qui dure depuis 12 mois, mais Tuchel ne le laisse pas sur le banc", a balayé Gary Neville, l'ancien défenseur anglais et de Manchester United sur Sky Sports. Depuis l'arrivée du technicien allemand à la tête des Three Lions début 2025, une certaine tension s'est en effet installée entre les deux. Car Thomas Tuchel a choisi d'imposer sa vision des choses, quitte à générer quelques frictions, comme toujours avec lui. En général, les sélectionneurs aiment pourtant bichonner leur star. Les placer dans les meilleures conditions possibles. Mais Thomas Tuchel n'est pas un sélectionneur comme les autres.
Une manière repoussante
Fidèle à ses principes et alors qu'il a débarqué à la tête de l'Angleterre avec les pleins pouvoirs, l'ancien coach du PSG et de Chelsea souhaite mettre en place un vrai collectif pour enfin permettre aux Three Lions de ramener la coupe à la maison pour la première fois depuis 1966, quand la bande de Gordon Banks, Bobby Charlton et Geoff Hurst a soulevé la Coupe du monde devant l'Allemagne de l'Ouest. Qu'importe les noms. Et qu'importe donc s'il faut se passer de certains ou froisser Jude Bellingham.
L'ancien prodige de Dortmund est certes un joueur à part. Personne ne dira le contraire. Il est pétri de talent. Et peut inverser le sort d'un match sur un geste de classe, il l'a encore rappelé face aux Norvégiens avec un doublé salvateur (2-1). Mais voilà, son caractère bien trempé et son manque d'impact à certains moments avec son pays ont pu en agacer plus d'un, alors qu'il peut être une énigme sur le plan tactique. Très vite, Tuchel n'a d'ailleurs pas hésité à épingler publiquement l'attitude de son milieu de terrain, jugé un peu égocentrique à ses yeux.
En juin 2025 après la défaite de l'Angleterre face au Sénégal (1-3) en amical, l'ancien coach parisien avait ainsi pointé du doigt le comportement du Madrilène en évoquant… sa mère. "Il a quelque chose de particulier, il apporte un tranchant. C'est nécessaire si nous voulons accomplir de grandes choses. Mais ce tranchant doit être dirigé vers nos adversaires, et pas vers ses coéquipiers ou en étant agressifs envers les arbitres, a glissé dans une interview accordée à talkSPORT Tuchel. Je vois qu'il peut créer des réactions mitigées. Je le vois avec ma mère qui parfois ne voit pas le gars gentil et bien éduqué que je vois en lui. Et son sourire : s'il sourit, il convainc tout le monde. Mais parfois, on voit la rage et le feu sur son visage, d'une manière qui peut être repoussante pour ma mère depuis la télévision."
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Le comportement est essentiel, tout comme le respect envers les coéquipiers
Thomas Tuchel avait ensuite plaidé l'erreur de langage pour s'excuser de cette sortie. Mais en octobre 2025, l'Allemand, qui avait aussi écarté Phil Foden ou encore Jack Grealish, s'était permis de ne pas retenir le milieu merengue dans sa liste pour les matches de qualification alors que le joueur était remis d'une opération à l'épaule. "Je viens de voir un documentaire sur les New England Patriots (une équipe de football américain, NDLR) et il y avait cette phrase: 'nous n'associons pas les joueurs les plus talentueux, nous construisons une équipe'. Je suis tout à fait d'accord. C'est exactement ce que nous essayons de faire", avait lancé l'Allemand pour justifier ses choix.
Et s'il l'a rappelé pour les matches de novembre, Tuchel avait encore épinglé son joueur, qui s'était montré agacé de sortir lors de la victoire en Albanie (0-2), durant ce rassemblement. "Je ne veux pas en faire toute une histoire mais (...) le comportement est essentiel, tout comme le respect envers les coéquipiers qui entrent en jeu. C'est un engagement et un respect mutuels", avait glissé le technicien.
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Il devra se battre pour sa place…
Depuis, Thomas Tuhel se charge de calmer les ardeurs sur le cas Bellingham. Se montrant avare en compliments. Et laissant pendant longtemps planer le doute sur le statut de titulaire du Madrilène pour cette Coupe du monde 2026. "Il devra se battre pour sa place. Il sait qu'il est l'un des titulaires, mais nous avons 14 ou 15 titulaires potentiels. Les rôles peuvent toujours changer", glissait-il encore à l'approche du Mondial, rappelant régulièrement les performances de Morgan Rogers, qu'il apprécie particulièrement.
En l'absence du milieu merengue durant les quatre matches remportés pendant les rassemblements des mois de septembre et octobre 2025, Tuchel a en effet été conquis par les prestations du joueur d'Aston Villa en tant que meneur de jeu/second attaquant. Depuis, l'Allemand l'utilise alors pour garder Jude Bellingham sous pression. Et lui rappeler que rien n'est acquis avec lui.
Même si "Jude" est un titulaire indiscutable dans ce Mondial où il rayonne avec six buts et une passe décisive, Tuchel ne s'étend d'ailleurs pas plus que cela sur ses performances monstres. Histoire de le maintenir focus. Et de le conserver impliqué dans ce collectif qui lui est si cher, avec son style bien particulier. "Tuchel est là pour entrer dans l'histoire, pas pour se faire des amis", avait prévenu le journaliste sportif Henry Winter fin 2025. "Et il a l'habitude de se brouiller avec les gens. Mais aussi de gagner". Ce qui va très bien aux nombreux fans des Three Lions. Tant que les deux parviennent bien sûr à cohabiter dans cette aventure 2026 et utiliser cette relation tendue pour aller au bout.
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