Coupe du monde - Mexique - Angleterre - 2240m, temple de Pelé et Maradona, forteresse imprenable... L’Azteca, l’Angleterre au pied d’un mythe

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Dans la nuit de dimanche à lundi (2h00), l’Angleterre ne va pas seulement affronter le Mexique, en huitième de finale de Coupe du Monde, mais faire face à un géant : l’Estadio Azteca, enceinte perchée à 2240m, la plus mythique de l’histoire de la Coupe du Monde. Car le stade a accueilli la finale du Mondial 1970, avec Pelé, et celle de 1986, avec Maradona.

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Video credit: Eurosport

Pelé et Maradona. Le mythe de l’estadio Azteca peut tenir en deux mots, en deux noms, les plus célèbres du XXe siècle dans la conversation footballistique. Ce sont leurs sacres respectifs, en 1970 et en 1986, qui ont anobli l’enceinte qui célèbre cette année ses 60 ans. Les images d’O Rei, trophée Jules Rimet à la main et sombrero sur la tête, un dimanche après-midi ensoleillé à Mexico, figurent en très bonne place dans les livres d’or du football. Comme celles d’El Pibe de Oro qui soulève la Coupe du Monde, huit jours après avoir inscrit le "but du siècle" face à l’Angleterre (2-1), sur cette même pelouse bénie des Dieux du football. 
Depuis les 50 mètres de hauteur de l’Azteca, immense vaisseau posé au sud de Mexico, ce sont plus d’un demi-siècle d’histoire du football qui vous contemple. Outre les avènements de Pelé et Maradona, s’y sont aussi produits "le match du siècle", cette renversante demi-finale entre l’Italie et la RFA (4-3), ou le ciseau du Mexicain Manuel Negrete, l’un des plus beaux buts de l’histoire de la compétition, en 1986. "Dès qu’on se trouve dans les couloirs de l’Azteca, on voit des photos de ces grands moments, et on comprend tout de suite qu’on met les pieds dans un stade chargé d’histoire", confie Sébastien Salles-Lamonge, milieu de terrain français qui évolue au Mexique, à l’Atlético San Luis, depuis 2023.

Un stade construit par et pour la télé

Salles-Lamonge fait partie des rares français à avoir foulé la pelouse du colosse de Santa Ursula, surnom de l’enceinte qui renvoie au quartier où il a été bâti. Il y a même disputé une demi-finale du championnat mexicain, en 2024, face au Club América, son hôte principal. Mais pour le reste de ses concitoyens, le stade Azteca ce sont avant tout des images, cette lumière qui le traverse lors des matches disputés l’après-midi, et qui illumine les maillots d’un éclat particulier.
Une beauté graphique qui n’a rien de fortuite. Car l’Azteca a été construit pour et par la télévision. Son architecte se nomme Pedro Ramirez Vasquez, mais le projet avait été lancé par Emilio Azcarraga Milmo, magnat mexicain de la télévision. "El Tigre", surnom du défunt propriétaire de Televisa, groupe qui fait encore la loi au sein du football mexicain tout en produisant à la chaîne des telenovelas écoulées à travers le monde, avait ainsi exigé qu’un soin particulier soit accordé au positionnement des caméras.
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L'Azteca a accueilli la finale de la Coupe du monde 1970 remportée par le Brésil de Pelé.

Crédit: Getty Images


Alors que la couleur commençait à envahir les écrans et que la retransmission satellite permettait pour la première fois la diffusion de tous les matches de la Coupe du Monde à travers la planète, l’Azteca entrait dans les foyers par la grande porte, lors de l’été 1970. Pour deux générations, il deviendrait une madeleine de Proust, celle subjuguée par le Brésil 70, puis celle hypnotisée par le génie de Maradona, en 86. L’Azteca devenait une version profane des temples pyramidaux de Téotihuacán, "le lieu qui fait les dieux" en langue nahuatl, situé à l’opposé de l’agglomération. 

Une forteresse quasi imprenable

Au quotidien, l’Azteca tutoie encore la grandeur, en faisant office de domicile du Club América, le plus titré du Mexique. Mais pour ceux qui le découvrent à l’occasion de la Coupe du Monde, il figure sur une montagne où l’on se présente éreinté par l’ascension à 2240m, alors que les Mexicains ont eux dormi au refuge.
En tout et pour tout, El Tri n’a ainsi perdu que deux matches officiels dans sa forteresse, le premier en 2001 face au Costa-Rica (1-2), le second contre le Honduras, en 2013 (1-2). "Notre stratégie, quand on jouait à Mexico, c’était d’étouffer l’équipe adverse, de répéter les séquences de pressing à intensité élevée pour que les adversaires explosent, explique Mehdi Mehdaoui, ex-préparateur physique français de la sélection féminine mexicaine (2010-2018), notre meilleure adaptation faisait vraiment partie de notre stratégie."
La pression du public rend aussi l’épreuve particulièrement redoutable. Premier stade à contenir 110 000 places assises, il figurait une immense fourmilière pour les joueurs qui le contemplaient depuis la pelouse. Encore aujourd’hui, la masse peut intimider, mais les diverses rénovations ont réduit la capacité du stade à 80 000 places.
Autre outrage du temps, son propriétaire, Grupo Ollamani, a cédé aux sirènes du "naming" l’an dernier. L’estadio Azteca se nomme désormais estadio Banorte (une banque mexicaine), et même "stade ville du Mexique", pendant la Coupe du Monde. Pas de quoi toutefois le faire rentrer dans le rang. Lors de l’inauguration, les envoyés spéciaux étrangers restaient unanimement soufflés par sa beauté vertigineuse. Et beaucoup estimaient que le colosse de Santa Ursula aurait mérité d’accueillir une troisième finale de Coupe du Monde. Dimanche, il tirera sa révérence sur un huitième de finale.
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