France - Angleterre - A l’envers et chamailleries avec Deschamps : Cherki, Coupe du monde ratée et piteux épilogue
Eurosport sur GoogleA l’image de sa Coupe du monde, Rayan Cherki est passé complètement à côté de son match face à l’Angleterre où on ne l’a vu faire que des mauvais choix avant de se chamailler avec Didier Deschamps qui l’a sorti à la pause. Alors qu’il s’avançait avec des ambitions légitimes, le nouveau chouchou des Bleus s’est planté dans les grandes largeurs. L’apprentissage est rude.
"Deschamps ne méritait pas cette bouillie de football en première période"
Video credit: Eurosport
De notre envoyé spécial à Miami,
Rayan Cherki a décidé de ne pas sortir en même temps que ses camarades du vestiaire samedi à Miami. Le meneur de City a passé les six premières minutes de la seconde période dans les vestiaires. Puis, il est réapparu avant de se coucher devant le banc des Bleus. Une désinvolture qui cadrait mal avec le moment. Certes personne n’avait envie de jouer cette troisième place, mais le scenario du match et les quatre buts encaissés en première période auraient dû piquer les orgueils. Cherki, lui, avait décidé de prendre ça à la légère.
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Lors de la première pause fraîcheur, on l’a vu se chamailler avec Didier Deschamps. Quand le sélectionneur lui a demandé de lâcher plus vite le ballon, Cherki s’est énervé d’un geste de la main avant de prendre ses distances. Une drôle de façon de rendre hommage à celui qui vivait son 185e et dernier match sur le banc des Bleus. L'ancien Lyonnais ne joue jamais de rôle. Ses sentiments débordent toujours. Demandez donc à Pep Guardiola qui a parfois eu du mal à gérer sa frustration.
J’aurais dû faire des choix dès le début du match et ça se serait peut-être mieux passé après
Deschamps n’a pas voulu en rajouter après le match, ce n’était ni le lieu ni le moment : "Je ne vais pas régler des comptes aujourd’hui, a confié DD. Les joueurs savent bien ce qu’il se passe. Je ne vais pas pointer du doigt, encore moins devant vous. Par contre, avec eux, je leur dis toujours et quand il n’y a pas le résultat qui est là." Magnanime, le Basque a fini par adresser une jolie pique sans citer de nom : "C’est moi qui me suis trompé. J’aurais dû faire des choix dès le début du match et ça se serait peut-être mieux passé après."
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Kylian Mbappé et Rayan Cherki face à l'Angleterre
Crédit: Getty Images
Le sélectionneur lui a-t-il fait des reproches que l’ancien Lyonnais n’a pas su recevoir ? Il faut dire que la prestation de Cherki fut indigne. Des replis en marchant, un pressing complètement désordonné et aucune étincelle. Le néant complet après dix premières minutes correctes. Alors oui, lui n’a pas eu droit à une seconde chance comme Michael Olise, fantomatique avant la pause et régénéré par l’élan collectif ensuite.
Mais Cherki doit d’abord s’en prendre à lui avant d’en vouloir aux autres. Si Olise est resté, c’est aussi parce qu’il a montré durant la compétition qu’il pouvait débloquer des situations. Le milieu de City a traversé la compétition sans laisser aucune trace. Pourtant, il est entré en jeu dans toutes les rencontres à l’exception du quart de finale face au Maroc. 124 minutes de jeu en tout et pour tout pour des pertes de balle et une furieuse impression de jouer à l’envers. Cherki n’a jamais allumé la lumière.
Il devait être le 12e homme...
Pourtant, il a débarqué aux États-Unis avec de grandes ambitions, fort d’une fin de saison canon en club et d’une préparation où il aura semé un doute. Alors qu’Ousmane Dembélé trimballait ses éternelles limites en équipe de France, lui apportait une fraîcheur et une spontanéité. Il fut le meilleur Français à Nantes, face à la Côte d’Ivoire début juin. À défaut d’être titulaire, il s’imposait, en début de compétition, comme l’incontestable 12e homme de cette équipe de France.
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Didier Deschamps et Rayan Cherki après la victoire face au Paraguay
Crédit: Getty Images
Un statut qui n’a jamais cessé de se dégrader au fil de la compétition alors qu’il connaissait une situation extra-sportive délicate et quelques nuits blanches. Il est resté la mascotte du groupe car si ses performances n’étaient pas à la hauteur, elles n’ont pas altéré son humeur. Toujours souriant, toujours disponible pour les médias, notamment ceux de la FFF qui en ont allégrement profité, il a vivifié l’air autour du groupe.
Personnage secondaire du parcours, il fut pourtant un acteur principal de la communication des Bleus. Un statut pas toujours simple à gérer mais qu'il a assumé. Coiffé d’un bicorne après la victoire face au Paraguay, Cherki a toujours assuré le service après-vente après les victoires mais aussi les défaites.
Après le revers face aux Espagnols, les cadres se sont cachés et lui est venu face aux micros pour livrer ce qu’il avait sur le cœur avec une grande sincérité. Ça ne suffit évidemment pas à sauver sa Coupe du monde. À Nantes, il y a plus d’un mois désormais, il promettait que les Bleus allaient au Mondial "pour écraser tout le monde". Lui n’a écrasé personne. L’apprentissage est rude mais donne aussi la dimension d’une telle compétition. Réussir en Coupe du monde, ça ne se décrète pas, ça se prouve.
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