Coupe du monde 2026 | France - Suède : Ne cherchons plus le nouveau Zidane, regardons Olise
Eurosport sur GoogleMardi, le MetLife Stadium a assisté à un récital enchanteur de Michael Olise. Aucun joueur ne crée comme lui à cette Coupe du monde. Le public américain ne connaît pas grand-chose au foot, mais il a visiblement du goût. Dans le New Jersey, Olise a transformé le match en démonstration, imposant sa grâce et son tempo. Le beau a pris le pouvoir et l'après-midi avec lui fut merveilleux.
"Une telle grâce, on a rarement vu ça depuis Zidane"
Video credit: Eurosport
De notre envoyé spécial au Metlife Stadium,
La France a tellement cherché partout des nouveaux Zidane, aux talents inégaux, qu’elle n’a pas vu débarquer son successeur. Il faut dire qu’il a grandi loin de nous et déboulé dans l’anonymat d’un tournoi olympique coincé entre le 200m brasse de Léon Marchand et le service porte-plume de Félix Lebrun. Depuis ce 30 juin 2026, plus personne n’ignore Michael Olise. Il a débarqué dans les salons avec la grâce d’un danseur étoile mais avec le poids de l’évidence un jour de France - Suède.
De Zidane, il ne partage visiblement pas que la discrétion. Dans le New Jersey, face à une équipe suédoise venue pour lui chatouiller les chevilles, Olise s’est baladé. Et il faudra, un jour que ce satané poteau gauche réponde de ses actes pour ne pas avoir laissé entrer le plus beau but de cette Coupe du monde.
La grâce avec laquelle Olise s’est élevé dans la lumière rasante du Metlife Stadium pour claquer ce ciseau retourné sur le montant a donné à l’instant des airs d’éternité. Le geste, d’une inouïe légèreté, a dépassé le simple enjeu du match, de la Coupe du monde.
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Michael Olise
Crédit: Getty Images
Olise incarne le beau comme Mbappé incarne l’excellence
Parce qu’Olise incarne le beau comme Mbappé incarne l’excellence. Mais le foot n’est pas un art comme les autres et le beau ne vaut rien s’il n’existe que pour lui-même. Olise, lui, existe d’abord pour les autres. Il suffit de voir sa tête toujours levée quand le ballon lui arrive dans les pieds pour comprendre qu’il pense d’abord à ses copains avant sa pomme.
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"Il a gagné sa place pour les 8es de finale" : Barcola, l'électron libre des Bleus
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Après vingt minutes à mégoter, à donner l’impression de ne pas vouloir trop en faire, il a fait tourner le match sur sa seule volonté. Un coup à droite, un coup au centre, c’est lui qui a décidé du sens du match. La France, comme un ballet, a suivi ses humeurs et ses mouvements. C’est plus simple quand Kylian Mbappé a ses jambes de 18 ans, mais c’est plus beau quand c’est Olise qui se charge de tout. Pendant une heure, il n’a pas seulement dominé le match. Il lui a donné une forme, un rythme et une identité.
Clameur contagieuse et contrôles délirants
Avec une facilité désarmante, comme si tout lui tombait du ciel. La foule a vite compris et, après la première pause fraîcheur, chaque ballon touché par Olise déclenchait une clameur contagieuse. C’est comme si le Metlife avait pris conscience du privilège de partager la soirée avec un joueur de cette trempe. Le public américain ne connaît rien au foot, mais sait reconnaître les joueurs à part. "C’est un génie, il me donne l’impression d’être un génie", a répété, après la rencontre, Bradley Barcola qui sait ce qu’il lui doit (un but en l’occurrence).
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"Déjà 10 buts en 9 matches à élimination directe, c'est délirant !"
Video credit: Eurosport
Olise ne donne jamais l’impression de dominer son adversaire. Il ne semble pas aller plus vite ni être plus costaud qu’un autre. Tout se joue sur la vision et le timing quand le foot d’aujourd’hui, celui des données GPS, ne parle que d’intensité. Dans le stade des Giants, Olise a agi comme un quarterback attendant l’appel de ses attaquants pour balancer la passe en terre promise au meilleur des instants et avec des angles que lui seul ose imaginer. Et quand les Suédois lui collaient un peu trop les basques, il s’en détachait par la magie de contrôles orientés qui ont convoqué le Zidane version France – Brésil 2006.
Olise a choisi les Bleus parce que Zizou l’enchantait gamin quand il allumait la télé dans l’ouest londonien. Il est le plus beau cadeau de nos voisins depuis que la Normandie a quitté la couronne anglaise en 1204. De lui, on ne connaît rien et pourtant, ce lundi, il semble avoir dit l’essentiel. Et il peut encore passer 10 ans sous sa capuche sans jamais nous adresser la parole, au fond, il explique le football mieux que tout le monde. Alors, la France peut continuer à chercher de nouveaux Zidane. Ou regarder Olise.
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