Seulement 40 minutes de jeu et Franck Ribéry a déjà conquis tout le monde, supporters comme coéquipiers. Le Marseillais, qui a joué 16 minutes à droite contre le Mexique et 24 minutes dans l'axe face au Danemark, a semble-t-il fait taire les derniers septiques sur sa présence dans le groupe des 23. Thierry Henry lui-même est devenu son fan N°1. "C'est un joueur qui ne calcule pas. Il va vers l'avant. Il joue simple. Sur une action où tout le monde ne passerait pas, il s'en sort par sa ténacité, sa technicité mais aussi son envie. C'est bien pour l'équipe de France d'avoir des jeunes comme lui qui poussent. On a vu que, sur une petite action, il peut décanter une situation", lui rend hommage le Gunner.
D'ailleurs, Henry ne croit pas au feu de paille malgré le phénomène de mode qui entoure le joueur. "C'est un joueur que j'aime beaucoup. Il n'y a pas beaucoup de joueurs dans le monde qui peuvent prendre la balle et accélérer comme ça. Lui, il peut le faire" , explique-t-il. Les publics du Stade de France et de Bollaert ne s'y sont donc pas trompés en réclamant son entrée à l'unisson. "Ça ne doit pas être donné à tout le monde. Le fait qu'ils scandent mon nom pour que je puisse rentrer, ça m'a fait du bien. Pour l'instant, je suis nouveau en équipe de France. Mais je pense que les gens n'ont pas non plus oublié le travail que j'ai fait avec mon club à Marseille. C'est bien pour la confiance" , se réjouit l'intéressé.
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Henry : "J'aime beaucoup Ribéry"
En équipe de France, Ribéry applique d'ailleurs les mêmes recettes qui ont fait son succès avec l'OM. "Thierry Henry m'a dit : 'De toute façon, tu joues comme tu sais le faire à Marseille. Tu prends le ballon, tu accélères, tu dribbles et tu tentes quelque chose. Si tu perds le ballon, ça n'est pas grave mais il faut tenter'. C'est ce que j'ai fait. J'ai essayé de me libérer et d'aller de l'avant", racontait-il après France-Mexique. Titi compte également sur l'effet de surprise. "Peu d'équipes dans le monde le connaissent. Ça peut être un atout en Allemagne", espère-t-il.
Mais, à 23 ans, c'est surtout sa rapidité d'adaptation qui sidère. "Ribéry, on dirait qu'il est là depuis 20 ans. Il semble faire partie des anciens", plaisante Henry qui a pris le Marseillais sous son aile : "Avec lui, j'ai essayé de faire ce que les anciens faisaient avec moi. Youri Djorkaeff me disait toujours, quand je rentrais sur le terrain, de faire ce que je savais faire à Monaco, que j'étais en équipe de France parce que je provoquais". "Franck Ribéry fait partie d'un groupe et il bénéficie de la bonne ambiance qui y règne, surenchérit Thuram. Il n'a pas de problème sur le terrain parce qu'il se sent bien dans le groupe. Ça lui permet, comme contre le Danemark, d'entrée en jeu en étant libéré parce qu'il sait que personne ne le regarde d'un mauvais oeil. Il est jeune et il a beaucoup d'énergie sur le terrain".
Remède à la "Zidane-dépéndance" ?
Faut-il alors donner plus de temps de jeu à Franck Ribéry ? Pour Thierry Henry, l'ancien Espoir est "un joker capable de semer la pagaille" mais il se souvient aussi qu'il ne devait pas faire partie de la liste des 22 avant de devenir titulaire lors du Mondial 98. "Ribéry est encore trop jeune pour entamer une rencontre, rétorque toutefois l'ancien sélectionneur Michel Hidalgo dans les colonnes d'Aujourd'hui en France. En fin de match, il est parfaitement possible de faire entrer Ribéry aux côtés de Zidane pour accélérer le rythme".
A l'aise dans un rôle de meneur de jeu jeudi face à l'UNFP (6-2), Ribéry apparaît comme une solution de rechange séduisante en cas de défaillance de Zidane. Willy Sagnol refuse pourtant, à juste titre, de comparer les deux joueurs. "Ceux qui opposeraient Zizou et Franck n'auraient rien compris au football", s'insurge le défenseur du Bayern, Ils ne jouent pas dans le même registre. Franck est un joueur de rupture tandis que Zizou est un joueur de ballon".
Michel Hidalgo va dans le même sens, estimant que la situation n'est pas comparable à celle du duo Platini-Giresse en 1982 et 1984 : "c'était plus compliqué de les associer que de faire jouer ensemble Zidane et Ribéry. D'un côté il y a Zidane, un numéro 10 de génie et dépositaire du jeu et de l'autre, Ribéry un accélérateur du jeu. Ces deux joueurs ne sont pas identiques mais complémentaires. La fluidité de Zidane peut parfaitement se marier avec l'explosivité et la vitesse de Ribéry". A l'heure où l'on s'interroge sur la condition physique de Zizou, Raymond Domenech possède peut-être une solution à la "Zidane-dépendance"...
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