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Inter ou AC Milan : lequel renaîtra de ses cendres avant l’autre ?
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Publié 12/09/2015 à 18:58 GMT+2
SERIE A - Le derby lombard opposera dimanche (20h45) l'AC Milan à l'Inter. L'affrontement oppose cette année deux équipes qui comptent bien se relancer après plusieurs saisons très compliquées. Des deux, laquelle est la mieux armée pour engager la reconquête ? Le banc d'essai de notre correspondant en Italie, Valentin Pauluzzi.
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La justesse du mercato : avantage Inter
Inter : un effectif révolutionné avec pas moins de dix recrues qui permettent de composer un onze de départ tout nouveau à l’exception du gardien. Le nouveau matériel à disposition est sans aucun doute de qualité. Jovetic et Melo connaissent très bien la Serie A. Kondogbia et Miranda sont quarts de finaliste de Ligue des champions. Perisic et Murillo ont les armes pour s’imposer en Italie. Quelques départs importants (Kovacic, Shaqiri, Hernanes) pour compenser mais aussi éliminer les doutes tactiques afin de partir définitivement sur un 4-3-3 ou 4-2-31. Petit bémol, un dégraissage incomplet.
Milan : le rival n’est pas en reste avec neuf recrues mais les objectifs n’ont pas tous été atteints, notamment celui du playmaker qui aurait permis de rajouter de la qualité à la manœuvre. Bertolacci est une solution de repli plutôt chère après l’échec Kondogbia tandis que les 25 millions investis pour Romagnoli étonnent encore. En revanche, l’attaque a été totalement rénovée avec le duo Luiz Adriano - Carlos Bacca qui promet sur le papier, mais l’incompréhension règne concernant le retour de Balotelli. D’ailleurs, ça bouchonne devant, Menez et Cerci étant désormais de trop.
La solidité financière : avantage Milan
Inter : à l'ère du fair-play financier, difficile de planifier une renaissance sans faire attention à ses comptes, et l’Inter le sait. L’UEFA l’a sanctionnée et lui a sommé d’atteindre un déficit maximal de 30 millions d'euros en juin prochain. Ainsi, les dirigeants ont rivalisé d’ingéniosité pour trouver des formules de paiement échelonnées. La spécialité ? Un prêt payant (d’un ou deux ans) avec option d’achat obligatoire. Le club a tout intérêt à retrouver très vite la Ligue des champions (et sa manne financière) pour enfin s’assurer un avenir.
Milan : on en parle moins, mais la situation des Rossoneri n'est pas beaucoup plus reluisante (- 91 millions au dernier bilan financier). Le FPF leur fera vite les poux le jour où ils retrouveront l’Europe. Un important effort financier a été opéré pour se renforcer et, contrairement au rival, il n’a pas été compensé par les ventes. La bouée de sauvetage se nomme M. Bee, ce financier thaïlandais qui va racheter 48 % du club pour un demi-milliard d’euros, mais l’affaire n’est toujours pas bouclée. Le projet du nouveau stade (et ses revenus liés) est en train de capoter.
Valeur ajoutée du coach : avantage Milan
Inter : réputé pour son rapport qualité/prix très moyen, Mancini présente toutefois un palmarès de tout respect et a remporté au moins un trophée partout où il est passé. Il se contente toutefois souvent d’aligner des joueurs achetés à prix d’or qui jouent parfois en deçà de leurs réelles capacités. La plus-value tactique est minime, il a d’ailleurs tout essayé cet été et les joueurs manquent de certitudes.
Milan : on ne peut pas dire non plus que Mihajlovic soit un surdoué du tableau noir, ses solutions tactiques étant tout ce qu’il y a de plus classique mais il a au moins le mérite de mettre de l’ordre dans ses (quelques) idées. 4-3-1-2 qu’il neige, qu’il pleuve ou qu’il vente et surtout une capacité à transcender ses joueurs qu’il tient par les… enfin, vous voyez. Ça tombe bien, ces derniers avaient besoin d’un général capable de les aider à se surpasser.
Intention des dirigeants : avantage Inter
Inter : l’historique président Moratti est encore propriétaire à hauteur de 25 %, mais ne marche pas sur les plates-bandes de l’Indonésien Thohir qui est bien le patron. Homme d’affaires avisé, il a révolutionné l’organigramme du club embauchant des managers étrangers de renom qu’il fait coexister avec leurs homologues italiens. Une bonne synergie. Si l’aspect sportif laisse encore à désirer, les idées et la bonne volonté sont là.
Milan : Berlusconi va fêter ses 30 ans à la tête du club mais il a souvent hésité à passer la main ces dernières années avant de se rétracter et d’annoncer que le Milan était une affaire de cœur. Un discours pas toujours convaincant au vu de l'état auquel il l'a réduit. Son fidèle adjoint Galliani est toujours aussi intouchable qu’omnipotent tandis que sa fille Barbara fait de la figuration. La cohabitation avec les futurs investisseurs asiatiques reste une belle énigme.
Environnement : avantage Inter
Inter : facteur plus important qu’on ne le pense. Historiquement, le supporter interiste est de nature optimiste et se remet généralement rapidement de ses désillusions. C’est le San Siro "noir et bleu" qui affiche les meilleures moyennes d’affluence et la Curva Nord laisse le bénéfice du doute à Thohir et son équipe.
Milan : ils étaient un millier à la présentation officielle de l’effectif jeudi dernier, rien de bien folichon. Voilà maintenant près de deux ans que la Curva Sud conteste régulièrement la direction à coups de grèves ou des banderoles bien senties. Le tifoso rossonero est dépressif et cet été mi-figue mi-raisin a touché une fois de plus son moral déjà bien bas.
Conclusion : Inter 3-2 Milan
Avantage aux Nerazzurri qui ont d’ailleurs pris 6 points sur 6 et se présenteront au derby en tant que leader du championnat. Les hommes de Mancini sont considérés comme les véritables outsiders de cette saison de Serie A. La marge de progression est très importante et si le coach réussit à bien assembler le puzzle, l’Inter aura fait un premier pas vers la rédemption.
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