Équipe de France - Zinédine Zidane nommé sélectionneur des Bleus, une si longue attente
Eurosport sur GoogleNommé ce mardi sélectionneur des Bleus, Zinédine Zidane va enfin obtenir le poste qu'il convoitait. Pendant les 14 ans du mandat de Didier Deschamps, il aura été une ombre constante au-dessus de l'ancien capitaine de 1998. Bien que discret, l'ancien du Real Madrid aura été un vrai candidat après chaque grande compétition depuis 2018. Le voilà enfin aux manettes.
Zinédine Zidane
Crédit: Getty Images
Divine évidence. Zinédine Zidane est désormais sélectionneur de l'équipe de France après avoir été le plus grand joueur de son histoire. L'affaire arrive de loin et, dès lors que ZZ avait décidé d'embrasser cette carrière d'entraîneur, il était devenu certain qu'il occuperait la fonction, un jour, quand les étoiles s'aligneraient. Alors, Zizou a contemplé le ciel bleu. Mais il a attendu longtemps…
Octobre 2012 : Six ans après sa retraite sportive, ZZ annonce dans l'Equipe sa volonté d'embrasser la carrière d'entraîneur. Une petite surprise dans le milieu : souvent décrit comme taiseux, pas forcément le directif sur un terrain, Zidane n'épousait pas les contours attendus du joueur à même de basculer sur le banc. Tout l'inverse d'un Didier Deschamps, prédestiné à ce rôle dès ses jeunes années nantaises.
La France du foot n'est pas instantanément convaincue mais elle comprend, dès ce jour-là, que Zidane passera forcément par Clairefontaine. Alors qu'il est interrogé sur la fin du mandat de Laurent Blanc – dont il gardera un souvenir amer, comme certains coéquipiers de France 98 -, il est fatalement relancé sur ses envies à lui. Sa réponse donne le tempo pour la suite : "Pourquoi pas entraîner un jour cette équipe ? Ce n'est jamais le moment d'en parler parce qu'il y a toujours des entraîneurs en place, mais vous me posez la question, alors je réponds. Même si ce n'est pas l'actualité aujourd'hui, de toute façon."
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Deschamps aurait-il vraiment pu mieux faire ?
Video credit: Eurosport
2018, déjà le recours
Il avait raison. Deschamps, nommé en 2012, ne sera jamais complètement menacé dans les années à suivre. Alors, Zizou fait son bonhomme de chemin. Ou plutôt son surhomme de chemin. Appelé au chevet du Real Madrid en janvier 2016, il réussit l'impensable en décrochant la C1 au premier essai. Plus fou, encore : il décroche neuf trophées en l'espace de deux ans et demi, dont trois titres consécutifs en Ligue des champions. Légendaire.
Le 31 mai 2018, quinze jours avant le début du Mondial russe, Zidane officialise son départ du Real. Il a ces mots quant à son avenir : "Je ne vais pas entraîner d'autres équipes tout de suite. Je ne recherche pas une autre équipe". Sa position a beau être claire et Deschamps a beau avoir été prolongé jusqu'en 2020 avant ce Mondial, l'ombre de ZZ s'invite dans le rassemblement tricolore.
"Sincèrement, rien ne me fera perdre ma sérénité, tente de désamorcer DD alors. J’imagine que l’actualité animera les débats, mais je suis en immersion. Je ne rêve pas, je n’imagine pas, je suis dans mon quotidien pour faire que tout se passe le mieux possible au Mondial. […] Il sera à un moment sélectionneur. Quand ? Je ne sais pas mais cela me paraît logique, ça arrivera quand ça arrivera…"
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Zinedine Zidane
Crédit: Getty Images
Le Graët, premier soutien, premier barrage
Le titre russe de 2018 éloigne la perspective pour un temps. Tout va bien dans le meilleur des mondes et les plans de carrière respectifs des deux hommes n'entrent pas en conflit immédiat. En neuf mois, Zidane est cité partout : PSG, Manchester United, Bayern Munich. En mars 2019, c'est finalement au Real qu'il reviendra avec la promesse de pouvoirs étendus et une aura intacte. Le serpent de mer Zidane-équipe de France attendra… 2021.
Car, comme un heureux hasard, Zizou décide de quitter le Real à l'issue de la saison 2020-2021. Juste avant… l'Euro. Fatalement, le crash face à la Suisse ouvre un vrai débat. Dans l'affaire, le lien entre Noël Le Graët et Didier Deschamps fera la différence. Le président de la FFF fait office de premier soutien à son sélectionneur et donc de premier barrage à ZZ. "Les gens aiment le changement, mais ce n’est pas comme ça que ça se passe, disait-il notamment quatre mois après la prolongation de DD jusqu'en 2022. Didier a une expérience incroyable, donc c’est logique qu’il défendra son titre au Qatar."
Pour Zidane, c'est le début d'une longue attente. Presque d'une impatience, matéralisée par cette longue réponse auprès de l'Equipe pour ses 50 ans en juin 2022. "Si ça doit se faire, ça se fera, à ce moment-là ou pas, explique-t-il. Quand je dis que j’ai envie de prendre un jour l’équipe de France, je l’assume. Aujourd’hui, une équipe est en place. Avec ses objectifs. Mais si l’opportunité se présente ensuite, alors je serai là. Encore une fois, cela ne dépend pas de moi. Mon envie profonde est là. L’équipe de France est la plus belle chose qui soit."
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"Pour moi, Platini est un plus grand joueur que Zidane"
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L'atmosphère "irrespirable"
Au Qatar, la science de Deschamps portera encore les Bleus en finale. Et décalera – encore – l'arrivée de Zizou. Malgré les soutiens de plus en plus vocaux – notamment de son ami Dugarry -, Noël Le Graët ne veut rien entendre et finit par craquer en janvier 2023 face aux questions répétées sur l'éventualité Zidane : "Je ne l’ai jamais rencontré et on n’a jamais envisagé de se séparer de Didier Deschamps. Je n’en ai rien à secouer, il peut aller où il veut, dans un club, il en aurait autant qu’il veut en Europe, un grand club. Une sélection, j’y crois à peine en ce qui me concerne".
Le Graët sera emporté par la vague de ses propres excès. Place à Philippe Diallo, dont l'historique avec Deschamps n'est pas le même. L'entente est cordiale mais l'opportunité est historique pour le nouveau président d'être celui qui nommera l'icône Zidane sur le banc des Bleus. L'Euro 2024 passe par là, avec son désespoir offensif et son absence d'enthousiasme collectif. L'ambiance est à la fin de règne et, en janvier 2025, Deschamps annonce son départ à l'issue du Mondial 2026, poussé par une atmosphère "irrespirable" autour des Bleus, à l'écouter. Quatorze ans de mandat, dont presque huit passés sous la "menace" du recours Zidane. Dans l'intervalle, Zizou aura tout refusé. Pour finalement obtenir le poste qu'il désirait tant. Une si longue attente…
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