L’antisèche : cette fois, c’est vraiment la fin de la grande Espagne

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Deux ans après l'élimination concédée au premier tour de la Coupe du monde, l'Espagne a été sortie en huitièmes de finale de l'Euro par une grande Italie (0-2), lundi au Stade de France. Ce revers annonce l'épilogue de l'une des plus belles pages de l'histoire du football.

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Le jeu : on a retrouvé l'Italie de la Belgique… et l'Espagne de la Croatie

Les deux équipes avaient conclu leur premier tour par un revers. L'un, italien, avait été sans conséquence. L'autre avait coûté cher aux Ibères. Il aura même été fatal puisqu'il a coupé les jambes espagnoles. Définitivement. La Squadra Azzurra avait les siennes, lundi au Stade de France. Et ça s'est vu. De la première à la dernière minute. Comme face aux Belges (2-0), les Italiens ont réussi a maitrisé la "menace" espagnole avec maestria.
Notamment en première période où le 3-5-2 de Conte, son pressing et son organisation sans faille ont étouffé la Roja. La suite, sous la pression tardive mais grandissante des Espagnols, fut moins nette. Mais tout aussi vaillante. Et logiquement récompensée jusqu’à ce deuxième but, signé Pellè. On n'a jamais senti un quelconque sentiment d'urgence dans les rangs des hommes de Vicente del Bosque. C’est presque ça le plus décevant.

Les joueurs : Et pourtant, De Gea était bouillant…

Au milieu du marasme, David de Gea a maintenu l’Espagne à flot en signant quatre parades décisives devant Giaccherini (11e, 45e), Pellè (7e) et Eder (53e). Il a même repoussé le coup franc d’Eder mais Piqué n’a pas été assez prompt pour se jeter sur Chiellini au moment de l'ouverture du score. La défense centrale espagnole a souffert. Surtout Sergio Ramos, jamais dans le sens du match. Des contrôles ratés, un dégagement dévissé et beaucoup de mal à contrôler Pellè puis Insigne. Il manque d’impact sur le second but italien. Bref, une soirée en enfer. Au milieu, Cesc Fabregas et David Silva ont traversé la rencontre comme des ombres. Andrès Iniesta a retrouvé un peu de son influence après la pause. Mais ce fut bien insuffisant pour sortir l’Espagne de ses approximations.
Côté italien, Giorgio Chiellini a fait la loi. Même s’il a souffert dans la dernière demi-heure, il a donné le ton dans le combat, complètement éteint l’influence de Silva et inscrit un but plein d’abnégation. Eder a continué d’étonner en mettant au supplice la paire Piqué-Ramos par ses appels et Pellè s’est régalé face à la lenteur de l’axe espagnol. Quant à Gigi Buffon, il a d’abord assuré l’essentiel sur trois interventions efficaces, notamment sur la volée sèche d’Iniesta (73e). Et puis il a surtout signé une parade décisive dans les dernières minutes sur une reprise à bout portant de Piqué (89e).

Ce qui aurait pu tout changer : Si Buffon avait été moins chaud...

Si De Gea a tenu son rang, Gigi Buffon n’a pas démérité non plus. Quelques arrêts en fin de match et, surtout, cette dernière parade sur Piqué (89e). Le score n’était que de 1-0…

La stat : 10

Comme le nombre d'années séparant le but de Zinédine Zidane en 8e de finale de la Coupe du monde et celui de Giorgio Chiellini, lundi au Stade de France. Entre ces deux matches, une décennie durant laquelle l'Espagne n'avait pas encaissé le moindre but lors d'un match à élimination directe. Ni à l'Euro. Ni au Mondial.

Le tweet qui en dit long sur la victoire italienne

L'Italie n'avait plus battu l'Espagne par deux buts d'écart depuis 1949

La décla : Vicente del Bosque (Espagne)

La question : Deux coups d'arrêt en deux ans, à qui la faute ?

Deux ans après le crash brésilien, l'Espagne est une nouvelle fois tombée de haut. D'un peu moins haut que de l'autre côté de l'Atlantique il est vrai mais, cette fois, la chute sera fatale à l'exceptionnelle génération ibère qui a conquis l'Europe à deux reprises et le monde en 2010. C'est désormais une certitude : ce qui s'est passé au Mondial 2014 était tout sauf un accident. Et la fédération espagnole ne s'en est pas suffisamment rendu compte en laissant les rênes à Vicente del Bosque.
Le sélectionneur national s'est "Lemerrisé", n'étant pas réellement capable de trancher entre les gloires espagnoles et une nouvelle génération qui avait envie de prendre le pouvoir. On ne lui reprochera pas d'avoir emmené quelques joueurs neufs dans ses valises. Plus de les avoir laissés de côté. Ce n'est pas Koke qui dira le contraire. Saul ? Il n'était même pas du voyage. Au final : quatre matches, une seule équipe de départ. Del Bosque n'avait pas plus d'imagination que ses joueurs. Il est temps de passer à autre chose. Sans oublier de lui rendre l'immense hommage qu'il mérite.
(avec Martin MOSNIER)
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