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Avant Suisse - Espagne : Granit Xhaka, l'absence du "leader invisible" va finir par se voir
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Publié 02/07/2021 à 07:26 GMT+2
EURO 2020 – Elu meilleur joueur du huitième de finale contre la France, Granit Xhaka ne sera pas sur la pelouse avec la Suisse pour affronter l'Espagne vendredi. Suspendu, le milieu de terrain de la Nati va cruellement manquer aux siens, en dépit des critiques qui l'accompagnent tant en sélection qu'en club.
Switzerland's midfielder Granit Xhaka celebrates after winning the UEFA EURO 2020 round of 16 football match between France and Switzerland at the National Arena in Bucharest on June 28, 2021.
Crédit: Getty Images
Rares sont les sélections qui abordent une grande compétition avec pour star un joueur dont le club ouvre grand la porte pour qu'il déguerpisse ailleurs. Bienvenue dans le quasi-quotidien de Granit Xhaka. Déclaré indésirable par Arsenal, un temps conspué par ses supporters chez les Gunners, le milieu de terrain a beau être le capitaine de la sélection suisse, il ne fait pas non plus une franche unanimité, même dans un pays pourtant jugé pour sa neutralité. Xhaka ne fait pas si souvent parler de lui sur le terrain par sa flamboyance, et presque plus souvent pour tout ce qui fait sa personnalité haute en couleur. Son absence vendredi à Saint-Pétersbourg contre l'Espagne en quart de finale pourrait pourtant être un lourd préjudice pour la troupe de Vladimir Petkovic.
Il faut bien le dire, le nom de Granit Xhaka a plus été évoqué pour ses actions en-dehors des prés que celles sur, avant les huitièmes de finale. Comme quand la journée de repos juste avant le départ pour l'Euro était supposée être un moment de détente en famille pour les joueurs de la Nati et s'était transformée en une virée tatouage pour son numéro 10, "une erreur" comme l'a reconnu le principal intéressé. Ou quand lui et Manuel Akanji avaient fait grincer des dents en faisant venir un coiffeur – avec l'aval de la fédération suisse – en plein Covid mais surtout à la veille de la large défaite contre l'Italie (0-3) lors de la phase de groupes. Comme si Xhaka était plus préoccupé par ses cheveux peroxydés que par ses prestations sur les pelouses de l'Euro, ou par l'idée de chanter l'hymne helvétique avant les rencontres. Comme quoi, les polémiques stériles ne sont pas qu'une affaire hexagonale.
En somme, Xhaka avait montré pas mal de choses, sa tignasse et sa langue bien pendue- même quand il se savait sur le coup d'une suspension en cas de carton jaune, finalement récolté pour contestation contre l'équipe de France - … mais pas autant de ballon à en croire certains. Là tient tout le paradoxe du joueur de 28 ans.
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Video credit: Eurosport
Ce n'est pas un hasard si Arsenal cherche tant à se débarrasser de son futur-ex capitaine éphémère. Le club anglais s'est lassé d'attendre des fulgurances de son milieu de terrain, ou même d'un peu de constance. Les Gunners espéraient un temps avoir trouvé chez le Borussia Mönchengladbach un nouvel Emmanuel Petit. Mais Granit Xhaka est un leader dont le jeu semble fait pour ne pas attirer la lumière. Il n'a pas la technique fine d'un Frenkie de Jong, la tenue de balle soyeuse d'un Toni Kroos ou ne court pas sans cesse comme un N'Golo Kanté. Mais il fait un peu tout ça et bien plus encore, en particulier quand cela concerne les basses besognes sous le maillot suisse.
Pas vraiment meneur de jeu, ni réellement sentinelle, Xhaka fait tout ce qu'il y à faire dans l'entrejeu, de la récupération (3e plus grand nombre de tacles réussis parmi les joueurs encore en lice), à la distribution (4e au nombre de passes réussies). Surtout sans donner l'impression visuelle d'une hyperactivité débordante, il est le joueur à avoir réussi le plus de passes vers l'avant, celles qui portent la Nati et la rendent redoutable, même après un début d'Euro moribond.
La Suisse sans Xhaka, une première depuis 2018
Sans lui contre la Roja, si adepte du jeu de possession et de la conservation de ballon, l'absence de l'homme à tout faire helvète devrait se faire remarquer. Les alternatives à Granit Xhaka existent dans le groupe suisse, que ce soit Denis Zakaria (Borussia Mönchengladbach) ou Djibril Sow (Eintracht Francfort). Mais les deux joueurs de Bundesliga ne possèdent ni le style de jeu du milieu de terrain d'Arsenal ni son aura dans les moments cruciaux. Comme lundi soir, contre les Bleus, quand Xhaka a regroupé ses ouailles pour les remettre d'aplomb.
"À la 68e minute, sur un corner défensif, j'ai dit à Yann (Sommer) : 'Il faut qu'on remobilise tout le monde.' Je ne veux pas parler d'arrogance chez les Français, mais je savais qu'en marquant le 2-3 tout était possible. À mon avis, on était la meilleure équipe ce soir. [...] J'ai fait mon premier match avec la Suisse en 2011. Je suis aujourd'hui capitaine. C'est une histoire incroyable. J'ai beaucoup été critiqué, mais j'ai travaillé dur, et tout le monde ne le voit pas. La Suisse m'a offert le droit de disputer un tel tournoi, et c'est une chance unique."
Décevant en club, Granit Xhaka reste un phare dans le cœur du jeu suisse, même quand il n'est pas toujours convaincant. La Nati a disputé ses 37 derniers matches avec son insaisissable mais indispensable cadre comme titulaire. Il faut remonter au 3 juin 2018 pour trouver la trace d'une feuille de match sans Xhaka inscrit. Ce jour-là, la Suisse avait tenu en échec l'Espagne (1-1), tiens, tiens.
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