Dans une cuvette à filer le vertige et sous un cagnard à vous donner l'envie de piquer une tête dans les célèbres bains Széchenyi de Budapest, les Bleus ont pris un sacré coup de chaud samedi, et ça les a sacrément refroidis. Après la démonstration de force et de maîtrise réalisée face à l'Allemagne (0-1), on les voyait beaux, plus encore qu'il y a un mois, lorsque Didier Deschamps égrenait les 26 noms qui allaient partir sur les routes du continent et le mettre au pas, de Munich à Londres.
Et puis, patatras, pour la première fois de l'ère DD, l'équipe de France n'a pas réussi son habituel carton plein après deux matches et, si elle s'est qualifiée comme les autres fois après 180 minutes de jeu, elle l'a fait grâce au format peu abrasif de l'Euro à 24.
Donc, les Bleus sont qualifiés avec quatre unités au compteur. C'est peu. Et si cela restait ainsi, ce serait son plus mauvais bilan comptable en compétition internationale depuis l'Euro 2012. Les Bleus sortaient alors d'une Coupe du monde cataclysmique et leur route s'était transformée en impasse dès le tour suivant - en quart - face aux champions du monde et d'Europe espagnols (2-0).
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Plat pays ou pays plat à éviter

Le week-end prochain, l'Espagne ne sera pas sur le chemin des Bleus. Aucun adversaire du calibre de l'exceptionnelle Roja d'alors ne fera face aux Tricolores en huitièmes de finale de la compétition. Néanmoins, au vu du menu, on arrive assez clairement à imaginer quel versant de la montagne est le plus favorable à une ascension réussie. La Belgique et les Pays-Bas, plat pays et pays plat, sont à contourner. Non pas forcément parce qu'ils apparaissent comme des épouvantails mais parce qu'ils ont le vent dans le dos et qu'il n'est pas la peine de se faire des nœuds au cerveau quand on a son destin entre les mains.
Mercredi soir, l'équipe de France aura le choix. Du moins, elle pourra se le donner. Une victoire et la route passera par Bucarest, face à la Suisse ou à l'Ukraine, deux têtes bien connues par DD. Un nul et ça pourrait être Wembley, face à l'Angleterre. Au pire, un petit duel made in Benelux, donc.

Pourquoi les Bleus doivent absolument éviter la Belgique… et l’Ukraine

Avant de tirer des plans sur la comète et d'imaginer la suite, il y a le Portugal à affronter. Ce Portugal qui fut longtemps un talisman, parce qu'il y eut 1984, 2000 et 2006 et qu'à chaque fois, le charme a opéré. Trois demies, trois qualifications et deux titres au bout du chemin. Et puis, il y a eu 2016. On ne va pas se mentir, la cicatrice est bien refermée aujourd'hui parce que la défaite concédée en finale de l'Euro a servi les Tricolores dans leur quête suprême de 2018. Le patron des Bleus a souvent répété que l'onction appliquée à la finale du Stade de France était un peu trop sacrée et qu'il y était allé un peu moins fort à Moscou en termes de liturgie.
On est à l'abri d'un tel cérémonial parce le goût du premier tour n'est pas vraiment celui qui excite les papilles des Bleus. Ronaldo et le Portugal en revanche sont de taille à leur rouvrir l'appétit. CR7 aura faim, lui, comme toujours. Parce que le poids de la patrie est sur ses épaules, comme toujours. Parce qu'il n'a jamais marqué contre la France. Parce que c'est Ronaldo, simplement.

Le ketchup ou le robinet

Avant les retrouvailles face au Portugal et après une dernière confrontation qui avait eu un fort goût de Mondial et pas seulement parce que Rabiot s'était mis en mode Matuidi, les joueurs de l'équipe de France ont d'ailleurs beaucoup parlé du quintuple Ballon d'Or portugais, véritable source d'inspiration.

Tolisso et Koundé : paris gagnants ou risqués de DD ?

Cet exemple, Karim Benzema l'a eu sous les yeux pendant près d'une décennie. Mercredi, les deux hommes seront face à face, ce qui était encore inimaginable au printemps. Ronaldo ressortira peut-être à son ancien coéquipier, zéro but au compteur, son célèbre adage qui dit que "les buts, c'est comme le ketchup" et qu'il suffit d'en mettre un pour que ça déroule. Dimanche et lundi, Antoine Griezmann et Lucas Digne ont eux parlé de robinet mais ça le fond du propos était le même. Ça coule de source.
Sauf immense surprise, Karim Benzema sera sur le pré, mercredi, et aura une nouvelle chance de marquer son 28e but en équipe de France. Derrière lui, il est fort possible que de nouvelles têtes apparaissent : Corentin Tolisso, excellent durant la préparation, Jules Koundé, qui pousse fort derrière un Benjamin Pavard à double face. Lucas Hernandez, aussi, devrait revenir dans un onze "à la russe". A savoir en 4-2-3-1. Ménagé face à la Hongrie, le latéral gauche est bon pour le service et surtout pour le combat. Pour la gagne, aussi. Apparu pour la première fois en sélection en mars 2018, un soir de défaite face à la Colombie (2-3), il n'a jamais perdu en compétition internationale. Et il n'a pas envie que ça commence.
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