Eurosport
Euro 2021 - Triomphe de l'italie - Retour du jeu et fin du je : La révolution Euro ?
Par
Publié 13/07/2021 à 01:21 GMT+2
EURO 2020 – L'Euro a couronné une sélection que personne n'attendait à ce niveau, a descendu en flèche ceux qui se croyaient intouchables et a englouti les stars. Ce fut un mois inattendu mais il a sacré celui qui en a le plus montré et redessiné les rapports de force du Vieux Continent où le jeu, le collectif et l'audace ont signé leur retour en force.
Roberto Mancini
Crédit: Getty Images
Il y a ceux qu'on n'attendait pas et ceux qu'on n'attendait plus. Ceux qu'on n'attendait trop et ceux qu'on n'a jamais vraiment attendu. Au bout d'un mois de compétition, l'Euro a livré un nouvel ordre continental et au bout du chaos, seule l'Angleterre a finalement tenu son rang. Les favoris ont explosé en vol, les stars avaient le souffle court et les vieilles gloires abîmées par des années d'errance ont retrouvé de l'allure en se réinventant (Italie) ou en se réappropriant leur ADN (Espagne). Bref rien ou presque ne s'est passé comme prévu. On attendait Mbappé, De Bruyne et Kimmich, on a eu Chiesa, Shaw et Maehle.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2021/07/12/3172057-64996588-2560-1440.jpg)
La Squadra, nouvelle favorite du Mondial ? "En Italie, on dit que ce n’est que le début…"
Video credit: Eurosport
A l'exception de l'Angleterre, donc, les héros de Russie étaient sur les rotules. A commencer par la France, jamais vraiment dans son tournoi après la leçon infligée aux Allemands en tout début de compétition. De façon plus générale, les deux derniers champions du monde, le champion d'Europe en titre et le finaliste du Mondial 2018 n'ont pas passé les 8es. A l'inverse, l'Italie, seul très gros calibre absent en Russie, a marché sur la concurrence dans un curieux pied de nez qui dit tout de cette année de foot qui a bousculé pas mal de certitudes (Lille champion de France, Chelsea vainqueur de la Ligue des champions etc.) même si, finalement, seul le Danemark a surperformé au regard de son statut.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2021/07/12/3172082-64997088-2560-1440.jpg)
Notre équipe-type de l’Euro
Video credit: Eurosport
La victoire des intentions plus que du contrôle
Comme l'Espagne, la Nazionale est arrivée là où on l'attendait dans quelques années. La reconstruction entamée par Roberto Mancini et Luis Enrique avec des joueurs soit très jeunes soit en dessous des standards établis par ces deux sélections est déjà une réussite. Elles ont un point commun : le jeu. La Roja est revenue à ses bases portée par le talent d'un Pedri qui s'est déjà glissé dans les habits d'Andres Iniesta. C'est en revanche une petite révolution pour l'Italie, nation du catenaccio, de lier son salut à l'audace et même, parfois, au déséquilibre.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2021/07/12/3171891.jpg)
L'Italie, championne d'Europe 2021
Crédit: Getty Images
Bien sûr la triplette Donnarumma - Chiellini – Bonucci a rappelé que la Nazionale ne gagne jamais sans un grand gardien et une solide charnière. Mais cette fois, ce fut bien plus que cela. Le triomphe de l'Italie, c'est la victoire du jeu que les remarquables parcours du Danemark et de l'Espagne ne font que renforcer. La victoire des intentions plus que du contrôle, du culot plus que de la maîtrise dans un retournement des valeurs assez nets trois ans après le sacre de Bleus chirurgicaux à Moscou.
Parenthèse déraisonnable ou monde d'après ?
Face à des armadas davantage taillées pour briller par leur flamboyance mais limitées par les ambitions (Portugal) ou les tergiversations (France) de leur coach ou rattrapées dans la dernière ligne droite par le poids de leur passé (Angleterre), l'Italie a fait avec les moyens du bord, beaucoup plus limités individuellement, mais bonifiés par un plan de jeu cohérent et un collectif soudé. Rattrapée par ses calculs en finale, l'Angleterre a fini par plier devant la générosité d'une Italie qui a souffert depuis les 8es jusqu'à la séance de tirs au but de Wembley mais sans jamais se renier.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2021/07/12/3172055-64996548-2560-1440.jpg)
Southgate ou le gâchis d'un arsenal offensif sexy : "Quand on voit le banc..."
Video credit: Eurosport
A l'image du parcours chaotique des champions d'Europe (prolongation en 8e, tirs au but en demie et en finale), personne n'a vraiment survolé les débats. Oui la meilleure équipe, ou l'idée qu'on s'en fait, a fini par planter son drapeau sur Wembley mais l'Italie va-t-elle installer une dynastie pour les années à venir ? Ou cet Euro n'est-il qu'une parenthèse déraisonnable au bout d'une année sans queue ni tête ? Le monde d'après n'a plus grand-chose à voir avec le monde d'avant. Si même l'Italie se met à jouer, la Coupe du monde 2022 pourrait bien encore nous surprendre…
Publicité
Publicité