On le savait déjà : les arbitres n'arrivent pas les mains dans les poches avant un match lors duquel ils officient. Ils s'entretiennent physiquement. Se préparent aussi mentalement. Mais leur préparation est plus poussée que certains l'imaginent. Et le stage la semaine passée des arbitres français présents à l'Euro l'a illustré. Pendant ces quelques jours en région parisienne, Clément Turpin, Stéphanie Frappart and co se sont activés. Avec notamment quelques séances pour analyser le jeu des formations qu'ils risquent de devoir arbitrer.
"Plus on monte dans les compétitions, plus il y a différents styles de jeu, a raconté Stéphanie Frappart, sélectionnée comme arbitre de soutien, sur France Info. Et nous, forcément, on travaille en amont les équipes, un peu comme les coachs, pour vraiment être performants le jour J." "Les équipes, dans nos championnats domestiques, on les connaît très bien. Là, les équipes nationales, on les fait peut-être une fois dans la saison, et encore", a complété sur les ondes Turpin – seul Tricolore retenu dans la liste des 18 arbitres principaux - pour justifier ce travail d'analyse.
Alors, pourquoi les hommes et femmes en noir ont-ils besoin de scruter le jeu des équipes ? Cela revient-il à dire qu'il n'y a pas de traitement universel, que toutes les formations ne s'arbitrent pas de la même façon ? "Sur l'aspect technique, la stratégie de jeu a son importance, nous explique Bruno Derrien, ancien arbitre international. L'idée est d'anticiper où ira le ballon pour que l'arbitre soit toujours bien positionné sur le terrain. Et être au cœur de l'action. Ça compte même si la vidéo a changé un peu les choses".
Euro 2020
Le Danemark, plus vivant que jamais
IL Y A 8 MINUTES

Referee, Stephanie Frappart in action during the FIFA World Cup 2022 Qatar qualifying match between the Netherlands and Latvia at the Amsterdam Arena on March 27, 2021 in Amsterdam, Netherlands

Crédit: Getty Images

Ne pas être pris au dépourvu
Tous les petits détails peuvent faire la différence. Pour prendre la meilleure décision et éviter une erreur, il est même primordial d'avoir emmagasiné un maximum d'informations. "Par exemple, il ne faut pas que l'arbitre soit surpris si tous les défenseurs montent d'un seul coup sur un coup franc", explique encore Bruno Derrien. "Il est également important de savoir comment des défenseurs se positionnent sur des phases arrêtées à l'approche de la surface. Mais il est aussi bon de repérer si les attaquants ont plus l'habitude de faire des centres directs ou pas". Mieux connaître les équipes permet de s'adapter pour être le plus performant possible.
L'approche technique de la préparation ne se limite cependant pas à cette analyse du style de jeu des formations. Le contexte rentre aussi en compte. "On lit la presse pour savoir s'il y a des contentieux entre les joueurs, histoire d'être vigilant quand ils vont se retrouver par exemple", ajoute Derrien. Et la personnalité des acteurs n'est pas en reste à l'heure de se préparer pour un match. "Il n'est pas question de mettre des étiquettes à tel ou tel joueur. Mais un joueur avec un jeu très engagé et musclé, il faut le savoir pour faire de la prévention. Le tempérament rentre dans la préparation d'un match".
Pour résumer, un arbitre doit "anticiper tous les scénarios qui peuvent intervenir pour ne pas être pris au dépourvu", conclut Derrien. Et le style de jeu des équipes entre alors clairement en compte, comme pour des entraîneurs ou des joueurs. Car on a tendance à l'oublier, mais l'arbitre est bien un acteur comme un autre.
Euro 2020
Kane, à bout de souffle
IL Y A 30 MINUTES
Euro 2020
Bilan parfait pour la Belgique
IL Y A 2 HEURES