Eurosport
Euro 2024 | Comment Red Bull a donné des ailes à l'Autriche avant son match face à la France
Par
Publié 16/06/2024 à 23:33 GMT+2
L'Autriche a bien changé. Souvent absente à l'Euro, où son meilleur résultat est un huitième de finale en 2021, l'adversaire des Bleus ce lundi (21h) apparaît désormais bien plus ambitieuse. L'arrivée de Ralf Rangnick sur le banc, il y a deux ans, a permis de transposer une partie de l'ADN qui a fait le succès de la galaxie Red Bull dans le football, à Salzbourg et à Leipzig.
La France au-dessus du lot ? Nos favoris de l'Euro
Video credit: Eurosport
C'est l'histoire d'une rencontre entre l'une des marques les plus puissantes au monde et l'un des techniciens les plus influents du football moderne. En 2012, alors que Red Bull s'est déjà fait une place confortable dans le milieu sportif (en F1, notamment) et qu'elle a commencé à tisser sa toile en rachetant des clubs de second rang, le milliardaire autrichien Dietrich Mateschitz décroche son téléphone pour tenter de convaincre un certain Ralf Rangnick de devenir le nouvel entraîneur du RB Salzbourg.
Mais l'entraîneur allemand, qui venait de guider Schalke 04 vers les demi-finales de la Ligue des champions, avait d'autres ambitions. Mateschitz, un peu frustré et pas franchement habitué à se faire recaler, retente sa chance et lui propose une double casquette : devenir directeur sportif de Salzbourg… mais aussi de Leipzig. Banco.
Douze ans plus tard, Red Bull est parvenue à bâtir un empire vertueux, économiquement et sportivement, alors que des fonds d'investissements aux desseins similaires continuent de couler des clubs "satellites" aux quatre coins de l'Europe. Et désormais, son influence a gagné le football de sélection.
L'Autriche en avait tant besoin
Rangnick, qui a préféré prendre les commandes de la sélection autrichienne en 2022 plutôt que de poursuivre son aventure à Manchester United, dans un rôle de consultant, y est évidemment pour quelque chose. Parmi les 26 joueurs qu'il a retenus pour disputer l'Euro 2024, une grosse dizaine a côtoyé l'environnement Red Bull, à Salzbourg ou Leipzig, ainsi que d'autres clubs profondément marqués par le passage du "Professeur", comme Hoffenheim. Et ça se voit.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/06/14/3987643-80928568-2560-1440.jpg)
Faut-il s'inquiéter pour les éclopés des Bleus ?
Video credit: Eurosport
Longtemps, l'Autriche a vécu sur une solidité défensive toute relative et des velléités offensives bridées. Lundi soir, c'est une équipe libérée que les Bleus affronteront. David Alaba avait déjà bien résumé la situation, il y a deux ans, au terme d'un match de Ligue des nations face à cette même équipe de France. Rangnick n'officiait alors que depuis deux matches : "Cela démontre simplement que nous en avions peut-être assez de jouer un certain type de football, comme nous l'avons toujours fait ces dernières années", avait lâché le défenseur. On ne peut plus explicite.
Désormais, les coéquipiers de Marcel Sabitzer pressent, harcèlent et sont même capables de trouver beaucoup de verticalité, par à-coups, offensivement. La mayonnaise a pris, comme ce fut le cas à Salzbourg ou à Leipzig. "Pour moi, le football Red Bull n'existe pas, avait toutefois balayé Rangnick il y a quelques semaines. Notre objectif a toujours été de pratiquer un style de jeu qui vise à contrôler le jeu, avec ou sans ballon. Pour cela, il faut un plan clair."
Ces dernières semaines, le plan a permis de battre l'Allemagne (2-0) et d'écraser la Turquie (6-1). Et depuis l'automne 2022, seule la Belgique a été capable de battre - difficilement (3-2) - les Rouge et Blanc. "C’est une équipe qui a toujours faim, a détaillé Dayot Upamecano, passé dans l'environnement des Taureaux Rouges. Il faut s’attendre à un match très intense. […] Ils ont un jeu de pressing, ils se projettent vite à la récupération du ballon." Tout du piège.
Publicité
Publicité