Euro 2024 | L'antisèche de France - Portugal : Et la pièce est retombée du bon côté…

Ce vendredi, dans un match rarement emballant, les Bleus ont attendu les tirs au but face au Portugal pour se frayer un chemin jusqu'au dernier carré (0-0, 5-3 aux t.a.b). S'ils ont mis fin à leur malédiction dans l'exercice, ils n'ont pas rompu le signe indien face au but adverse. Peu importe. Ils sont encore au rendez-vous. Toujours aussi déroutants, toujours aussi imprenables. Notre antisèche.

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Le jeu : La même histoire, une fin différente

Il fallait s'y attendre. Entre deux équipes au style minimaliste, ceux qui espéraient un sommet d'émotions ont manqué de lucidité. Ce vendredi, à Hambourg, ce fut un quart au couteau mais sans frisson, un encéphalogramme à peine animé par le regain d'activité venu du banc. Dans un nouveau schéma, le 4-4-2 losange où Antoine Griezmann devait apporter du liant offensif au jeu tricolore, les Bleus ont surtout fait montre d'une rigueur défensive impressionnante et d'une maladresse désormais habituelle. En face, le Portugal a presque joué sans avant-centre tant Cristiano Ronaldo n'a été que l'ombre de lui-même. Entre les deux, beaucoup de crainte et aucune prise de risque. Le 0-0 final résume finalement parfaitement ce quart de finale aux antipodes de celui disputé quelques heures plus tôt. L'ivresse des Bleus est légitime. Mais la boisson n'a pas d'autre goût que celui du suspense.

Les joueurs : Mbappé-CR7, stars en perdition, la défense bleue en lévitation

C'était le duel attendu entre l'élève et le maître. Les deux ont fait pourtant peine à voir sur la pelouse d'Hambourg ce vendredi. Kylian Mbappé, gêné par son masque et sonné par un ballon en pleine tête, a traversé ce match comme il traverse cet Euro, dans un anonymat très éloigné de son statut. Cristiano Ronaldo a été mauvais, de la 1re à la 120e minute mais son totem d'immunité est solidement ancré. Chez les Bleus, encore une fois, on dit merci à la paire Upamecano-Saliba, absolument royale, et à Mike Maignan, toujours là au bon moment.
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Faut-il insister avec Mbappé ? "S'il faut en sortir un, c'est plutôt Griezmann"

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La stat : 0

On aurait dû insister sur la fin de la malédiction tricolore sur les tirs au but, 26 ans après leur dernière séance remportée à Saint-Denis, un vendredi soir de juillet, déjà. Mais l'essentiel est encore ailleurs. Ces Bleus sont en demi-finale de l'Euro sans avoir marqué un seul but dans le jeu. Toujours aussi irrationnel.

Le(s) choix

Si Didier Deschamps voulait prouver que les tirs au but étaient une loterie, il ne s'y serait pas pris autrement. Ce vendredi, au moment de constituer sa liste de tireurs, et après avoir échoué à faire entrer Olivier Giroud, il a couché cinq noms franchement inattendus au vu de leur statut et leur expérience dans le domaine : Ousmane Dembélé, Youssouf Fofana, Jules Koundé, Bradley Barcola et Théo Hernandez. Deux d'entre eux (Koundé et Barcola) n'avaient jamais tiré de penalty ou de tir au but en carrière. Choix improbables. Mais choix payants.

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C'est donc ça, gagner un match aux tirs au but ?
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La joie des Bleus après la qualification face au Portugal

Crédit: Getty Images

La décla : Aurélien Tchouaméni

La question : Que peut-il leur arriver ?

Il devient difficile d'analyser l'équipe de France et ses performances. Ce vendredi, comme face à la Belgique, ils n'ont pas mis les ingrédients nécessaires pour dominer un adversaire qu'ils craignaient. Mais l'inverse était tout aussi vraie. Ces Bleus sont aussi embêtants à regarder qu'à manœuvrer. Mais ils ont une force supérieure qui semble les habiter, une conviction ancrée que, finalement, tout finira par basculer.
Ce vendredi encore, les apparences laissent à penser que l'équipe de France a lancé une pièce en l'air et attendu de voir de quel côté elle allait retomber. Comme souvent, c'est du bon côté. A force, le hasard ou l'animal auquel on aime rattacher Deschamps n'expliquent pas tout. Deschamps a raison d'insister sur l'incroyable régularité de ses Bleus en grande compétition, à ne "pas banaliser". C'est exceptionnel et les mots sont pesés.
Ce vendredi, ils sont en demi-finale alors que leur capitaine est diminué, que leur maître à jouer a la tête à l'envers et que le meilleur buteur de leur histoire reste scotché sur le banc, malgré les prestations poussives de ses rivaux. Ils sont en demi-finale parce qu'ils ressemblent à leur sélectionneur : pragmatique, déterminés et toujours au rendez-vous. Oubliez définitivement le football champagne. Il ne sera débouché qu'au soir du 14 juillet, en cas de succès. Le destin de cette équipe est trop insensé pour ne pas être doré.
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La joie des Bleus après la qualification en demi-finale face au Portugal

Crédit: Getty Images

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