France - Belgique - "Voilà, ça, c'est le vrai William" : Saliba, naissance d'un patron

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Meilleur Bleu face à la Belgique, William Saliba a vécu son acte de naissance au plus haut niveau. Après 18 sélections souvent moyennes, parfois ratées, le Gunner s'impose en Allemagne comme une évidence dans la lignée de ses performances en Premier League. Autoritaire, serein et propre, l'ancien Marseillais est enfin à la hauteur de sa réputation.

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Une carrière internationale démarre avec un premier paquetage siglé FFF, une première nuit à Clairefontaine, une première Marseillaise. La plupart s'en contente après avoir réalisé le rêve d'une vie. Et puis, il y a les autres. Ceux qui marquent un tournoi, une époque, une génération. Ceux-ci ont droit à une deuxième naissance en équipe de France qui intervient souvent bien après leurs grands débuts. Un match qui change le statut et les regards. C'est Kylian Mbappé face à l'Argentine à Kazan en 2018. C'est Dayot Upamecano face à l'Australie lors du premier match de la Coupe du monde au Qatar. C'est Olivier Giroud qui égalise à la toute fin du match sur la pelouse des champions du monde et d'Europe espagnols en 2011.
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William Saliba (équipe de France)

Crédit: Getty Images

Cela nécessite soit un contexte brûlant (une Coupe du monde ou un Euro) soit un adversaire prestigieux. Lundi, les deux ingrédients étaient réunis en 8e de finale face à la Belgique et William Saliba a enfin connu, lui aussi, le basculement de sa carrière internationale. Il aura fallu attendre sa 19e sélection pour assister à la naissance d'un patron. Romelu Lukaku n'a jamais existé, incapable de se retourner face à la muraille Saliba. L'un des attaquants les plus puissants du monde s'est complètement éteint. Tour-à-tour facile, habile, malin, puissant, tranchant, le Gunner fut enfin à la hauteur de ce qu'il montre en club depuis six ans.
"Voilà, ça, c'est le vrai William, à l'aise, dans son élément, sûr de ses forces qui n'arrive pas sur la pointe des pieds, savoure Fabio Frasconi, son formateur à l'AS Bondy qui ne rate plus un match de son protégé depuis. Lukaku, c'est le genre de duel qu'il aime." Saliba jouait son premier match à élimination directe en sélection, son premier quitte ou double. Mais depuis le début de l'Euro, il a fait sauter les verrous et déclenche de nouveaux ressorts mentaux qui lui permettent d'être fidèle à ce qu'il montre en Premier League chaque week-end.
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Depuis 2021 et son tacle devenu viral face à Kylian Mbappé qui filait au but lors de son premier OM-PSG, on sait que William Saliba n'a peur ni des grands attaquants ni des grands matches. "Les rencontres à fort enjeu, ça lui parle, continue son formateur. On le voit dans son regard déterminé, dans ses attitudes. La façon dont il félicite Upamecano sur ses interventions, ce sont des détails peut-être mais il n'avait pas ce genre de comportement avant." Saliba n'est plus le même. Lui qui avait perdu du terrain sur la paire Dayot Upamecano – Ibrahima Konaté, deux mois avant la Coupe du monde au Qatar, un soir de déroute personnelle et collective au Danemark (2-0).
Saliba avait regardé ses copains depuis le banc à Doha. Il n'avait joué que 27 minutes face à la Tunisie, le plus faible total des 23 joueurs de champ alors même qu'il aurait pu espérer un rôle de titulaire quand Raphaël Varane soignait ses bobos. Un an et demi plus tard, c'est une tout autre limonade. Saliba n'a eu besoin d'aucun bobo des uns et d'aucune contre-performance des autres. "Il va faire encore des erreurs mais il a montré qu'il avait le niveau et qu'il peut avoir un statut de joueur cadre en équipe de France", continue Frasconi. Décidément, Saliba a bien grandi.
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