France - Espagne - La juste punition

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L'équipe de France a fini par tomber quand, face à elle, une équipe s'est mis à jouer au football. Voilà trois semaines que ces Bleus se débattaient avec leurs grosses limites sans jamais trouver de plan B. La France a attendu un souffle, il n'est jamais venu. Ce n'est pas une épopée mais une aventure poussive achevée sans débat possible face à une Roja nettement mieux huilée (2-1).

"Deschamps n'a jamais su se libérer de l'étreinte de Mbappé"

Video credit: Eurosport

Est-ce que le contrat est rempli ? Factuellement, selon l'expression que Didier Deschamps a mis à la mode, oui. Les demi-finales restaient, comme tous les deux ans, l'objectif. Mais derrière le mirage du dernier carré, cet Euro a offert trois semaines poussives et barbantes. Six matches d'une rare pauvreté et quand un adversaire s'est enfin mis à jouer, les Bleus ont fini par perdre pied.
Didier Deschamps a passé son tournoi à chercher la bonne formule, à trimballer Antoine Griezmann aux quatre coins du terrain, à titulariser Ousmane Dembélé, à le sortir, à le remettre, à faire confiance à Marcus Thuram puis Randal Kolo Muani, à se perdre dans des schémas avec Rabiot à gauche, Griezmann à droite et l'attaque à l'envers. Mais rien, absolument rien, n'a convaincu. Tout ce qu'il a sorti du chapeau a fini à la poubelle.

Piégé par Mbappé

Hormis cette défense homérique autour de Mike Maignan et William Saliba, les Bleus ont couru derrière des vérités qu'ils n'ont jamais trouvées. Ils se sont surtout heurtés à trois problèmes : Olivier Giroud, Antoine Griezmann et surtout Kylian Mbappé. La Sainte Trinité, à l'origine des grandes conquêtes depuis six ans, est passé complètement à côté de son tournoi. Le premier n'a quasiment jamais quitté le banc, le second fut baladé avant de lâcher complètement, le troisième n'a jamais justifié l'investissement autour de sa personne. Tout a été construit pour et autour du capitaine des Bleus. Tout cela pour un penalty transformé et un centre parfait pour Kolo Muani, 37 tirs dans le jeu et 0 but. C'est tout, c'est peu et cela explique pourquoi l'attaque n'a jamais tourné rond.
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"Le crash de l'équipe de France, c'est celui de Mbappé"

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Didier Deschamps a une excuse, la forme de ses cadres, mais, enfin, en football, la fatalité n'existe pas. L'Espagne, privée de Gavi depuis des mois, a mis à mort les Bleus sans Pedri ni Carvajal avec un arrière droit de 38 ans, Jesus Navas qui a joué 90% de sa carrière de l'autre côté du terrain. La France, elle, n'a jamais trouvé de plan B à son meilleur joueur. Les 30 dernières minutes ont pourtant rappelé qu'elle avait un sacré phénomène pour occuper le flanc gauche à la place du fantôme de Mbappé. Mais Bradley Barcola, attaquant le plus constant de l'effectif, n'aura jouer que 108 minutes parce que Deschamps n'aura jamais su se libérer de l'étreinte de son capitaine.
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Mbappé : "La compétition est ratée, je n'ai pas été bon"

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Le droit de prendre une leçon, le devoir de se révolter

Voilà comment les Bleus se sont retrouvés avec une quasi-impossibilité à faire mal dans la surface adverse dans des matches traversés par l'ennui et même, parfois, le renoncement. On comprend, ce mardi, qu'elle ait été surprise de voir face à elle des enchainements, des dribbles, des dédoublements et des initiatives après trois semaines sans fièvre, à ronronner et guetter un csc.
Quand Koundé devient votre meilleur centreur et Kanté votre créateur, c'est que quelque chose ne tourne pas rond. Face à l'Espagne, les Bleus avaient, après tout, le droit de prendre une leçon mais les vice-champions du monde avaient surtout le devoir de se secouer. Il a manqué un élan, un souffle. Un moment épique, en somme. Leur résignation n'est que la conséquence de leur limite. Il était écrit qu'à partir du moment où cette sélection serait menée, elle ne saurait plus quoi faire.
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Aurélien Tchouaméni prend ses consignes auprès de Didier Deschamps (Espagne-France)

Crédit: Getty Images

Pas une épopée mais une aventure chaotique

Alors, à l'heure de se projeter pour la suite, il faudra se rappeler que cet Euro de l'équipe de France ne valait que par les victoires. Il ne reste rien dans la défaite. Il ne fut jamais question d'épopée mais d'une aventure tortueuse, laborieuse parfois chaotique. Mike Maignan est devenu grand, William Saliba est devenu incontournable, Jules Koundé est devenu un arrière droit. C'est un peu court pour gagner un tournoi. On y revient : est-ce le contrat est rempli ? Factuellement, oui. Dans l'esprit, non.
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