France - Portugal - Toujours pas de but : C'est insensé mais ils l'ont fait

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La France est la première équipe de l'histoire à atteindre les demi-finales de l'Euro sans avoir marqué un but dans le jeu par un de ses joueurs. Et en même temps, elle s'invite pour la quatrième fois en cinq tournois dans le dernier carré. C'est comme si cette équipe savait s'adapter à tout, même à l'inattendue aridité de son attaque. Didier Deschamps a trouvé d'autres solutions.

Peut-on gagner l'Euro comme ça ? "Même la Grèce 2004 attaquait mieux..."

Video credit: Eurosport

Elle ne marque pas ? Et alors ? Où est le problème ? Voilà six matches désormais que la France n'a plus inscrit un but dans le jeu, ce n'était jamais arrivé lors des soixante dernières années. Une statistique qui aurait dû déjà achever depuis longtemps son aventure allemande. Pourtant, les Bleus sont en demi-finale, comme d'habitude serait-on tenté d'ajouter. C'est comme si rien ne pouvait faire dévier cette équipe de son destin à chaque tournoi. Sur le papier, le contrat est rempli car l'objectif atteint. Le chemin, en revanche, est tout à fait original, inattendu pour ne pas dire irrationnel.
Atteindre le dernier carré grâce à deux csc et un penalty, ça n'était jamais arrivé à personne. La bande à Didier Deschamps repousse les limites. Et on se prend à imaginer un champion d'Europe sans aucun but marqué dans le jeu. Après tout, il ne reste que 180 minutes. "On est en demi-finale sans marquer, c'est historique, s'est amusé Aurélien Tchouaméni. Au bout d'un moment, il va falloir qu'on marque des buts." Mais ce n'est même pas nécessaire parce que Mike Maignan est gigantesque et qu'on ne fait pas mieux dans ce tournoi que la charnière William Saliba – Dayot Upamecano.
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William Saliba, ivre de bonheur après la victoire des Bleus contre le Portugal

Crédit: Getty Images

Griezmann et Mbappé à l'envers, d'autres héros

Didier Deschamps, par ses choix tactiques, a acté les renoncements offensifs : Rabiot à gauche face aux Pays-Bas, Griezmann à droite face aux Belges. Le sélectionneur a sans doute constaté avant tout le monde qu'il ne pourrait pas compter sur le même Kylian Mbappé qu'au Qatar, que, comme le néo-Madrilène, Antoine Griezmann n'avait pas les cannes pour rayonner sur le tournoi et qu'Olivier Giroud n'avait plus, lui non plus, la tête ni les jambes pour sortir les Bleus du pétrin. Alors il a déplacé le centre de gravité de cette équipe. Mais pouvait-il une seule seconde anticiper l'aridité de son attaque ? Son manque d'imagination ? Sa maladresse caricaturale ?
"Kylian et Antoine ne sont pas au top de ce qu'ils peuvent faire mais malgré cela on est là. Les deux sont censés nous améliorer l'efficacité que nous n'avons pas", a reconnu le boss des Bleus. Hier, ce sont les capitaine et vice-capitaine des Bleus qui maintenaient l'équipe en vie dans les tournois. Aujourd'hui, c'est le trio Maignan – Upamecano – Saliba qui l'empêche de mourir.

Mérité ? Pas mérité ? Ils s'en fichent

Décidément, les Bleus de Deschamps se relèvent de tout. Elle a déjà gagné un titre mondial sans que son avant-centre ne marque un but. S'il y a bien une sélection qui peut aller au bout de l'Euro sans marquer dans le jeu, c'est elle. Cela paraissait inimaginable mais ils l'ont fait et en sortant de la compétition la Belgique de De Bruyne et le Portugal de Ronaldo.
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Faut-il insister avec Mbappé ? "S'il faut en sortir un, c'est plutôt Griezmann"

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Mérité ? pas mérité ? Au fond, ils s'en fichent et ils ont raison tant que leurs ambitions restent intactes. "Sur le jeu de l'équipe de France, c'est comme ça. On joue comme ça, ceux qui ne sont pas contents, ce n'est pas mon problème", a fait savoir Ousmane Dembélé. C'est comme si une force supérieure leur permettait depuis des années de survivre à tout. Comme en Russie, au Qatar et ailleurs, Deschamps a réussi à faire accepter à certains de ne pas jouer à leur poste et de se sacrifier pour le collectif, il en a révélé d'autres que l'on ne pensait pas outillés pour atteindre un tel niveau. Cet esprit de corps est le fil rouge du mandat de DD et sans doute la principale raison pour laquelle ils sont quatre fois sur cinq au rendez-vous des demi-finales. A force, et malgré les apparences, ce n'est plus un miracle. C'est un savoir-faire.
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