Raymond, le 4 septembre 2004, vous aligniez, contre Israël (0-0) un 3-5-2 (avec Squillaci, Givet, Gallas dans l’axe et Evra et Mendy dans les couloirs). Un essai qui n’est pas allé au-delà. Pourquoi ?
R. D. : Le 3-5-2 est un système qui demande énormément de réflexion. Lors des stages de formation, on demande aux entraîneurs de mettre en place cette tactique parce que c’est celle qui exige le plus de raisonnements à l’entraîneur mais également aux joueurs. Contre Israël, nous avions Bernard Mendy et Patrice Evra dans les couloirs. Ils avaient le profil pour jouer dans cette position.
Aujourd’hui, l’équipe de France possède de bons centraux. Pourquoi ne pas tenter de jouer ainsi ?
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R.D. : Pour que le 3-5-2 fonctionne, il ne faut pas seulement de bons défenseurs centraux – qui doivent posséder une grande intelligence de jeu – mais aussi :
1. Des latéraux actifs et lucides dans leur placement, le Barça pourrait le faire avec Alves et Alba ;
2. Des milieux adaptés ;
3. Des attaquants qui défendent.
Tout est lié. Regardez les équipes qui évoluent en 3-5-2 aujourd’hui : elles ont des attaquants qui travaillent beaucoup. C’est Tevez à la Juventus, Luis Suarez et Cavani avec l’Uruguay… Ils ne lâchent jamais rien. En France, nous n’avons pas de joueurs avec ce profil. Le 3-5-2 demande des attaquants spécifiques. Si ton attaquant ne défend pas, t’es mort !
La France n’est-elle pas frileuse culturellement par le 3-5-2 ?
R.D. : Il ne faut pas confondre 3-5-2 et 5-3-2. Le 3-5-2 est un système très offensif qui demande aux latéraux de participer énormément à la construction du jeu. Dans le 5-3-2, ces latéraux sont avant tout des défenseurs. C’est un système dans lequel l’équipe accepte de subir et mise presque essentiellement sur le contre. En Espoirs, nous utilisions souvent le 3-5-2.
Pourquoi cela n’a-t-il pas été suivi en A, alors ?
R.D. : Le 3-5-2 demande beaucoup d’énergie, un pressing permanent de la part des joueurs et une concentration maximale. La moindre erreur peut coûter cher. Et puis, encore une fois, il faut les joueurs adaptés à chaque poste, pas juste trois bons centraux. C’est une mise en place particulièrement exigeante.
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