FRANK LEBOEUF
Ancien international français (50 sélections), champion du monde en 1998 et d'Europe et 2000

"Un facteur stress se met automatiquement en place en équipe de France, c'est toujours spécial. Vous n'avez pas la structure et l'habitude du quotidien avec votre club. Je le ressentais à chaque fois. Il y a une pression supplémentaire, peut-être en raison du côté patriotique qui glace le sang, cette peur de faire honte à son pays.

Football
Bruno Martini, la grandeur d'avant
20/10/2020 À 09:38

Crédit: Eurosport

Il ne faut surtout pas dramatiser et faire en sorte d'expliquer que c'est une chance extraordinaire d'avoir des matches comme ça. Ça peut faire peur, mais la victoire amène tellement de plaisir qu'il faut se jeter dans le bain. Quand on joue des Manchester - Chelsea, quand on joue au Real, quand on joue à Lyon ou à l'OM, on a déjà connu ce stress-là. L'équipe de France, c'est tellement bon... Il peut y avoir au bout du compte une communion extraordinaire.

Quand en 1998 Laurent Blanc a été suspendu pour la finale de la Coupe du monde, en trois jours, je n'ai pas eu une seule discussion avec Aimé Jacquet. Si tu es là, tu sais ce que tu as à faire, tu n'as pas besoin de long discours, on t'a pris car on sait que tu es capable de bien servir ton pays. J'avais peur, j'étais stressé, prêt à ne jamais rentrer en France si on perdait car je savais que j'allais être la cause de la défaite. Mais il faut assumer et ce maillot doit transcender."

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"La première chose, c'est de se baser sur des faits concrets, que l'on ne peut remettre en question : la réalité objective. Pour les joueurs, ce sont deux matches de football. Si j'ouvre un dictionnaire à match, on n'aura pas marqué 'attention match de football'. Par définition, un match est neutre. Ce sont deux équipes de onze joueurs qui s'affrontent. En ce qui concerne le Stade de France, c'est pareil.

Si un des joueurs se dit "on va avoir un public hostile", le discours interne sera négatif. Du coup, l'angoisse va générer un comportement particulier sur le terrain. Tout ça se fait de manière inconsciente. Si la presse et l'entraîneur le rabâchent, ils vont finir par le croire. Le discours interne est basé à 90% sur les croyances. Il y a un côté irrationnel. Les croyances prennent le pas.

La pression positive et négative, ce sont deux choses différentes. Elles dépendent de l'objectif fixé. Aux joueurs, si on leur dit de ne pas perdre le match, ils vont y penser directement. Si on vous dit de ne pas penser à un éléphant rose, vous allez y penser instantanément. Maintenant, on a besoin de pression. Imaginez les joueurs des l'équipe de France sans pression. Ils déjoueraient. Tout dépend de la qualité de la pression."

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