FIFA | Fronde autour de la vente de la Coupe du monde | L'UEFA contre-attaque : "Gianni Infantino a perdu notre confiance"
Par Julien Pereira
Mis à jour 01/08/2026 à 16:58 GMT+2
Gianni Infantino a fini par abandonner son projet de "vente" de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Mais l'affaire "n'en restera pas là", selon les mots de l'UEFA. Dans un communiqué très offensif, l'instance européenne a fait savoir qu'elle avait "perdu toute confiance" en Infantino. Et qu'il était impératif de "demander des comptes aux responsables".
Pourquoi Infantino a reculé sur son projet controversé
Video credit: Eurosport
L'UEFA lance sa contre-offensive. Et elle est virulente. Dans un communiqué, samedi, l'instance européenne a réagi à la décision de la FIFA de renoncer à son projet de céder à des intérêts privés une participation dans ses compétitions, y compris la Coupe du monde. Un choix qu'elle valide. Mais selon elle, toute cette affaire ne soit pas rester sans conséquence.
Dans son communiqué, l'UEFA a d'abord rappelé que ce projet avait fait l'unanimité contre lui, au sein de sa confédération mais aussi d'autres (Conmebol, Concacaf) et salué "supporters, ligues, clubs, joueurs, particuliers, associations, Premiers ministres, chefs d'État et commentateurs qui ont démontré au président de la FIFA que le football n’est pas à vendre."
Objectif : démission d'Infantino
La suite est une longue saillie visant Gianni Infantino, patron de la FIFA et grand instigateur de ce projet : "Nous ne pouvons plus continuer ainsi, avec des projets secrets élaborés à la hâte, dont les retombées pour le football sont douteuses, et par des individus agissant dans l’ombre. Il est impératif d’identifier les responsables et de leur demander des comptes."
Entre les lignes, l'UEFA souhaite clairement pousser au départ d'Infantino. "Il est juste que, dans les jours et semaines à venir, l’UEFA travaillera avec ses associations membres et en étroite collaboration avec les autres confédérations pour analyser la situation et élaborer un plan garantissant qu’une telle chose ne se reproduise plus, précise-t-elle. Cet examen devra être approfondi et fondamental. Aucune option ne doit être écartée. La direction actuelle de la FIFA a perdu non seulement la confiance de l’UEFA, mais aussi celle de nombreux autres membres de la famille du football."
Puis elle a poursuivi : "Lorsque Gianni Infantino a sollicité la confiance et les voix des associations membres de la FIFA pour se faire élire président en 2016, il a déclaré : 'Bien entendu, nous devons faire preuve de transparence. C’est ce que j’ai fait au cours des 15 dernières années passées à l’UEFA. Vous devrez jouer un rôle quotidien dans la vie de la FIFA', avant d’ajouter à l’adresse des acteurs présents : 'L’argent de la FIFA est votre argent. Ce n’est pas l’argent du président de la FIFA. C’est votre argent. Vous êtes les associations nationales, et l’argent de la FIFA doit servir au développement du football, et à rien d’autre.' Il a manqué à ces deux engagements. L’accord douteux, opaque et conclu en coulisses qu’il a fomenté et tenté d’imposer de force était tout sauf transparent."
Il n’est pas nécessaire de vendre les bijoux de famille
L'instance s'en est aussi prise au bilan plus global du dirigeant de la plus haute instance du foot. "Par ailleurs, alors que les réserves dépassent les 5 milliards de dollars, il a également échoué à utiliser l’argent des associations au profit du football." Elle a ajouté : "L’UEFA va immédiatement entamer des travaux avec ses partenaires et les acteurs du football du monde entier afin de proposer une nouvelle méthode de répartition des ressources dans le cadre du programme existant 'FIFA Forward'. Nous devons commencer à utiliser une partie de l’argent qui dort sur les comptes de la FIFA pour donner l’impulsion dont le football de base et l’ensemble de la discipline ont besoin dans chacun des 211 pays membres. Mais il n’est pas nécessaire de vendre les bijoux de famille pour financer cela."
Le communiqué se termine sur un dernier avertissement : "C’est une victoire pour l’ensemble du football, peut-on y lire. Toutefois, l’histoire ne doit pas s’arrêter là. La proposition a été écartée, mais le travail de restauration de la confiance envers la FIFA ne fait que commencer." Au sein des instances, les prochains jours risquent encore d'être agités.
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