C'était l'heure du grand oral pour Florentino Pérez. Le surpuissant président du Real Madrid, et de l'European Super Ligue, a pris la parole en direct sur un plateau de télévision lundi soir. Invité à s'exprimer par l'émission El Chiringuito dimanche soir dans la foulée de l'annonce de la création de la Super Ligue, le dirigeant de la Casa Blanca a répondu favorablement à l'appel de son présentateur, le très connu et influent Josep Pedrerol.
Rare dans les médias dans l'exercice du questions-réponses, Pérez n'avait de toute façon pas d'autre choix que de défendre son produit, majoritairement impopulaire, derrière les micros. Ses paroles ont été claires : il n'y aura pas de marche arrière car la pandémie a coûté trop cher aux clubs européens, dont son Real Madrid dont les revenus vont énormément baisser.
Toutefois, il a continué à ouvrir la porte aux négociations avec l'UEFA et la FIFA. Mais selon lui, le football doit s'adapter à la situation actuelle, à son temps et reconquérir un jeune public plus assoiffé de numérique que de football. Voici les principales déclarations qu'il faut retenir.
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Sur le lancement de la Super Ligue

"Personne n'a rien monté tout seul. Les clubs importants d'Angleterre, d'Italie et d'Espagne doivent trouver une solution face à cette très mauvaise situation que nous traversons. L'ECA dit qu'il y a 5000 millions d'euros de pertes. Le Real Madrid avait un budget de 800 millions et on termine la saison avec 700m. Et toujours pour cette saison, on va voir si on arrive à toucher au moins 600 millions alors qu'on attendait 900. En deux saisons, le Real a perdu 400 millions."
"Pourquoi maintenant ? Parce que nous sommes touchés. Et si on peut commencer la saison prochaine. Si on a annoncé la compétition, c'est qu'on était sûr qu'on faisait les choses dans le bon ordre. Nous avons tous signé samedi. Personne ne s'en va. On va tous négocier ensemble."

Quand est-ce qu'il a eu l'idée de lancer la compétition

"Quand vous n'avez pas d'autres revenus que ceux des droits télévisés, la meilleure manière d'être rentable est de proposer des matches plus attractifs. Nous avons commencé à travailler sur le projet à partir de cette idée. Nous en sommes arrivés à la conclusion que de participer à une Super Ligue en semaine, au lieu de jouer la Ligue des champions, pourrait nous permettre de compenser les pertes concernant les entrées d'argent."

Pourquoi cette compétition ?

"Nous avons remarqué que les audiences TV étaient en baisse et que les droits TV avaient diminué. Il fallait faire quelque chose. Et avec la pandémie... nous sommes tous ruinés. Le football est quelque chose de planétaire, nous avons des fans dans tous les coins du Monde. La télévision est le média qui doit le plus changer pour s'adapter aux temps actuels.
"Il fallait faire une analyse et trouver pourquoi les jeunes, les 16-24 ans, n'avaient plus d'intérêt pour le football. Il y a beaucoup de matches avec peu d'intérêt sportif. Les jeunes évoluent aussi sur d'autres plates-formes. Le football doit donc s'adapter. Nous étions d'accord sur le fait de devoir changer quelque chose pour faire de ce sport quelque chose de plus attractif au niveau mondial. Ils disent que les matches sont trop longs. Si les jeunes ne veulent pas regarder un match entier, c'est parce que ce n'est pas assez intéressant, ou alors il faut raccourcir les matches."
"C'est une idée que nous avons tous eu. Au lieu de participer à la Ligue des champions qui perdait en intérêt, il fallait faire autre chose. Il s'est passé la même chose dans les années 1950 avec Santiago Bernabéu. A l'époque, tous s'étaient opposés à la création de la Coupe d'Europe et cela a changé le football. Ce qui est attractif, ce que nous jouons entre grands clubs, il y a beaucoup de compétitivité. Je ne suis pas propriétaire du Real Madrid. Tout ce que je fais, c'est pour le bien du football. Ce sport vit un moment critique."

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Sur le choix des arbitres

"On va essayer de prendre les meilleurs avec des critères professionnels. On fera du mieux qu'on pourra."

Les menaces de l'UEFA

"Je suis dans le football depuis l'année 2000. Le football doit changer, il doit être évolutionnel. Comme les personnes, les entreprises, les réseaux sociaux. Le football doit s'adapter à l'époque dans laquelle nous vivons. Le football perdait en intérêt."
"L'UEFA ? Nous avons déjà dit que nous parlerions avec l'UEFA et la FIFA. Nous sommes les créateurs de la compétition et on verra quels seront les critères d'accès pour les cinq dernières places. Je ne sais pas pourquoi l'UEFA s'est énervée. j'ai déjà dit dans le communiqué qu'on parlerait avec l'UEFA."
"L'UEFA travaillait sur un autre format, celui présenté aujourd'hui (lundi). Avec tout le respect que j'ai pour eux, déjà je ne comprends pas ce format. Personne ne le comprend. Ce format ne permet pas d'avoir les revenus pour sauver le football. Je dis sauver le football et nous sauver tous. Le Real Madrid ne m'appartient pas, il appartient aux socios. A l'époque, l'UEFA s'était opposée à la Coupe d'Europe, ce qui est absurde. Maintenant, on veut sauver le football pour fonctionner normalement, sans être à l'agonie. La situation est dramatique. La réforme devait débuter en 2024. Mais en 2024, nous allions être déclarés morts. Avec les revenus de la Ligue des champions, nous allions mourir, toujours moins d'audience et moins d'argent."
"Les footballeurs peuvent être tranquilles, les menaces n'iront pas au bout. Ceux qui contrôlent, ceux qui ont le monopole, crée la confusion. Évidemment que l'UEFA est dans une situation de monopole. Ce sont des menaces de quelqu'un qui confond monopole et propriété. Il ne faut pas menacer, il faut dialoguer. On propose un format qui sauve le football, comme avait le cas à l'époque de la création de la Coupe d'Europe. Personne ne va exclure le Real Madrid de la Ligue des champions, ni Manchester City. Premièrement, il faut être transparent, ce n'est pas le cas de l'UEFA. C'est la fin des monopoles. Le football est en train de se ruiner. Pas que les grands, tous. S'il n'y a pas d'argent chez les grands, ils ne pourront pas acheter des joueurs aux autres. C'est une pyramide."
"Ce qu'on ne peut pas faire, c'est insulter comme l'a fait le président de l'UEFA envers Andrea Agnelli. C'est une mauvaise manière de s'adresser à quelqu'un. C'est une honte de faire ça. Je ne dirai à personne de tels mots en public. Il faut absolument changer ça. L'UEFA doit se comporter d'une autre manière. On ne veut pas d'un président qui insulte le président d'un grand club."

Le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin

Crédit: Getty Images

Est-ce que la Super Ligue n'est réservée qu'aux puissants ?

"Elle va générer plus d'argent. Un Real Madrid-Manchester ou un Barcelone-Milan est plus attractif que de voir un match de Ligue des champions contre un club plus modeste."
"Ce n'est pas une compétition pour les riches. (...) Dites-moi ce que gagnent les autres clubs avec la Ligue des champions...Les 15 clubs sont ceux qui permettent aux télévisions d'avoir de l'audience et cinq autres clubs viendront selon des critères sportifs. Le Séville FC ? Ils peuvent accéder à la compétition, rien n'est fermé, c'est faux de dire le contraire. Nous croyons au mérite des équipes et qu'ils luttent pour mériter de jouer une telle compétition. Mais ce qui fait rentrer l'argent c'est cette compétition. Nous sommes solidaires. (...) On fait ça pour sauver le football en général."

Sur le participation du Barça

"Je n'ai pas eu de mal à convaincre Joan Laporta. Quand les comptes sont ce qu'ils sont, il n'y a pas de débat à avoir. Cela va aider le FC Barcelone qui traverse une situation économique difficile. Laporta est quelqu'un de censé et j'ai compris ce qu'il voulait. Cela va sauver tout le monde, cela va sauver le football. Le football vit une situation très difficile. Je n'ai jamais vu en 20 ans dans le football. Si on n'avait rien fait, cela n'aurait pas duré longtemps."
"Je peux laisser mon poste de président à Laporta, sans aucun problème. On m'a choisi comme président car je suis celui qui a mis en place le projet, je suis là depuis 20 ans. Même d'autres feraient tout aussi bien que moi. Je serai président jsuqu'à ce qu'on me vire..."

Joan Laporta et Florentino Pérez

Crédit: Getty Images

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