Les marches du paradis

De l’Afrique du Sud (12 juin) au Brésil (12 juillet), l’équipe de France a vécu un mois de folie. A la veille des 10 ans du sacre de 1998, retour sur les sept marches qui ont mené les Bleus d’Aimé Jacquet au sommet du monde lors de la seizième Coupe du mo

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Crédit: Eurosport

. PREMIER TOUR :
12 juin 1998 - Marseille (Stade Vélodrome)
FRANCE - AFRIQUE DU SUD : 3-0
Buts : Dugarry (35e), Issa (78e, csc) et Henry (90+2)
Composition : Barthez - Thuram, Blanc, Desailly, Lizarazu - Deschamps, Petit (puis Boghossian, 73e) - Zidane - Henry, Guivarc'h (puis Dugarry, 26e), Djorkaeff (puis Trezeguet, 83e)
L'histoire retiendra que tout a commencé le 12 juin 1998, au stade Vélodrome de Marseille. Dans conditions rendues difficiles par le Mistral soufflant sur la cité phocéenne, les Tricolores affrontent l'Afrique du Sud. Après quelques mois de tâtonnement, les Bleus espèrent lancer leur Mondial sur une note positive. Mais le vent des premières minutes est contraire aux ambitions bleues. Stéphane Guivarc'h est obligé de quitter ses partenaires, son remplaçant, Christophe Dugarry, peine à entrer dans la partie. En mal de but depuis l'Euro 1996 et sélectionné aux dépens du jeune Nicolas Anelka, le Marseillais est discuté et commence par perdre un face à face devant Hans Vonk. Il aura sa revanche quelques minutes plus tard. D'un coup de tête au premier poteau, "Duga" lance la Coupe du monde des Bleus. Heureux comme jamais, il s'en ira narguer la tribune de presse et montrera sa langue aux journalistes qui l'ont tant critiqué... En fin de match, Pierre Issa (contre-son-camp) et Thierry Henry donneront une belle ampleur au premier succès des Bleus (3-0).
18 juin 1998 - Saint-Denis (Stade de France)
FRANCE - ARABIE SAOUDITE : 4-0
Buts : Henry (36e, 77e), Trezeguet (68e) et Lizarazu (85e)
Composition : Barthez - Thuram, Blanc, Desailly, Lizarazu - Deschamps, Boghossian - Zidane (expulsé 70e) -Henry (puis Pires, 78e), Dugarry (puis Trezeguet, 29e), Diomède (puis Djorkaeff, 58e)
Pour sa première sortie officielle au Stade de France, l'équipe d'Aimé Jacquet ne va pas trembler. Huitièmes de finalistes du dernier Mondial, les Saoudiens ne pèseront pas lourd face aux Bleus. Vainqueurs 4-0 grâce à des buts signés Thierry Henry (doublé), David Trezeguet et Bixente Lizarazu, la France décroche dès son deuxième match la qualification pour les huitièmes de finale. Une qualification aisée mais relativement douloureuse puisque les Français vont perdre Christophe Dugarry sur blessure (ndlr : il ne rejouera plus avant la finale) et surtout Zinédine Zidane. Nerveux, le meneur de jeu des Bleus sera expulsé à la 70e minute après s'être bêtement essuyé les crampons sur un joueur saoudien.
23 juin 1998 - Lyon (Stade de Gerland)
FRANCE - DANEMARK : 2-1
Buts : Djorkaeff (13e, sp) et Petit (56e) pour la France - M.Laudrup (42e) pour le Danemark
Composition : Barthez - Karembeu, Leboeuf, Desailly, Candela - Vieira, Petit (puis Boghossian, 65e) - Pires (puis Henry, 72e), Djorkaeff - Trezeguet (puis Guivarc'h, 86e), Diomède
Six points en deux rencontres, la France est tranquille avant d'affronter les Danois du côté de Gerland. Aimé Jacquet a logiquement décidé de faire tourner son équipe. Les "coiffeurs" sont donc à l'honneur, à l'exception de Bernard Lama qui a refusé de disputer la rencontre. Dans la touffeur lyonnaise, Youri Djorkaeff ouvre le score dès la 13e minute de jeu sur un penalty frappé à ras de terre. En avance au tableau d'affichage, l'équipe de France va se relâcher et laisser le Danemark revenir. Un penalty signé Michael Laudrup (42e). Piégé par la roublardise danoise (ndlr : il a redonné un ballon alors que la défense bleue n'était pas en place), Emmanuel Petit prendra sa revanche en seconde période. C'est le Gunner qui offrira une troisième victoire aux Bleus grâce à une frappe de dix-huit mètres (2-1). Neuf points en trois matches, le bilan est parfait.
. HUITIEME DE FINALE :
28 juin 1998 (Lens - Stade Félix-Bollaert)
FRANCE - PARAGUAY : 1-0 (BEO)
But : Blanc (114e)
Composition : Barthez - Thuram, Blanc, Desailly, Lizarazu - Deschamps, Petit (puis Boghossian, 70e) - Djorkaeff - Diomède (puis Guivarc'h, 77e), Trezeguet, Henry (puis Pires, 65e)
Les Bleus savaient qu'ils auraient du mal à venir à bout du Paraguay et de José Luis Chilavert. Mais peut-être pas autant que cela. Au stade Félix-Bollaert, toujours privés de Zinédine Zidane qui purge son deuxième et dernier match de suspension, les Français dominent toute la partie. Mais ni Thierry Henry (qui touchera au bois), ni David Trezeguet, ni Bernard Diomède ne parviennent à trouver la faille. La lumière viendra finalement de derrière. D'un certain Laurent Blanc. Monté aux avant-postes en prolongation, l'ancien Napolitain profitera d'un centre de Robert Pires, remis de la tête par David Trezeguet, pour battre Chilavert d'une reprise à bout portant. Auteur du premier but en or de l'histoire de la Coupe du monde, le défenseur, qui avait promis à son fils de marquer, envoie les Tricolores en quarts de finale. Zinédine Zidane peut souffler.
. QUART DE FINALE :
3 juillet 1998 (Saint-Denis - Stade de France)
ITALIE - FRANCE : 0-0 (4 TAB à 3)
Composition : Barthez - Thuram, Blanc, Desailly, Lizarazu - Karembeu (puis Henry, 65e), Deschamps, Petit - Zidane, Djorkaeff - Guivarc'h (puis Trezeguet, 65e)
Une victoire en Coupe du monde ne se joue pas à grand chose. A une reprise de Roberto Baggio qui passe à quelques centimètres d'un poteau par exemple... De retour au Stade de France (une enceinte qu'ils ne quitteront plus jusqu'au 12 juillet), les Tricolores passent à trois milieux défensifs (Karembeu, Petit, Deschamps) et livrent une partie d'échecs face aux finalistes de la dernière Coupe du monde. Le match est tendu, et, logiquement, va se décider aux tirs au but. La séance commence bien mal pour les Bleus, Gianluca Pagliuca stoppe la tentative de Bixente Lizarazu. Heureusement, Fabien Barthez, qui avait la "gigite" et n'a même pas daigné consulter les notes prises par Philippe Bergeroo sur les tireurs transalpins, l'imite sur la frappe de Demetrio Albertini. Henry et Trezeguet, étonnants de maturité, puis Blanc ne manquent pas la cible. Ecrasé par la pression, Luigi Di Biagio envoie sa frappe sur la barre et l'équipe de France en demi-finale de la Coupe du monde.
. DEMI-FINALE :
8 juillet 1998 (Saint-Denis - Stade de France)
FRANCE - CROATIE : 2-1
Buts : Thuram (47e, 70e) pour la France - Suker (45e) pour la Croatie
Composition : Barthez - Thuram, Blanc (expulsé 74e), Desailly, Lizarazu - Karembeu (puis Henry, 31e), Deschamps, Petit - Zidane, Djorkaeff (puis Leboeuf, 75e) - Guivarc'h (puis Trezeguet, 69e)
Toute la France du football attendait la revanche de 1982 face à l'Allemagne. Elle n'aura "que" la Croatie. Equipe surprise du tournoi, la sélection au damier va globalement réussir sa demi-finale face aux Bleus. Après avoir maîtrisé la première période et provoqué l'ire d'Aime Jacquet à la mi-temps, la Croatie s'offre le luxe d'ouvrir la marque juste après la pause grâce à Davor Suker et une erreur de placement de Lilian Thuram. Fautif, le Parmesan va faire bien plus que se rattraper. En vingt-trois minutes, le défenseur latéral droit des Bleus signera un doublé fatal aux hommes de Miroslav Blazevic. La France file en finale de la Coupe du monde. Toute la France sauf Laurent Blanc, expulsé pour avoir cédé aux provocations de Slaven Bilic.
. FINALE :
12 juillet 1998 (Saint-Denis - Stade de France)
FRANCE - BRESIL : 3-0
Buts : Zidane (27e, 45+1) et Petit (90+3)
Composition : Barthez - Thuram, Leboeuf, Desailly (expulsé 68e), Lizarazu - Karembeu (puis Boghossian, 57e), Deschamps, Petit - Zidane, Djorkaeff (puis Vieira, 76e) - Guivarc'h (puis Dugarry, 66e)
Un peu plus de quatre ans après sa prise de fonction, Aimé Jacquet est à deux doigts de gagner son pari. L'équipe de France doit terrasser le Brésil, champion du monde en titre, pour décrocher le Graal et devenir la septième nation à remporter le titre suprême. Décevant durant l'essentiel de la compétition, Zinédine Zidane va sortir de sa boite au meilleur des moments. Le meneur de jeu de la Juventus Turin, oublié par les défenseurs auriverde sur les corners, va faire trembler les filets de Claudio Taffarel à deux reprises (27e, 45e). 2-0 à la pause, la Coupe du monde n'est plus très loin. En deuxième période, le Brésil, emmené par un Ronaldo diminué (ndlr : il a été victime d'un malaise avant le match), ne parviendra pas à revenir. Et Emmanuel Petit viendra parachever la victoire des siens en toute fin de match (90+3). La victoire était bel et bien en eux.
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