La Liga - Comment l'Atlético fait-il pour dépenser autant d'argent sur ce mercato estival ?
Par Timéo Guillon
Mis à jour 13/08/2024 à 23:50 GMT+2
L’Atlético de Madrid a dépensé (pour l’instant) 141 millions d’euros pour s’attacher les services de Sørloth, Le Normand et surtout Alvarez. Ce n’est que la cinquième fois dans leur histoire que les Colchoneros dépensent plus de 100 millions d’euros sur un mercato. Comment expliquer ce changement brutal dans la politique d’un club habituellement proche de ses sous ? Les raisons sont multiples.
Diego Simeone
Crédit: Getty Images
Quelle mouche a piqué les dirigeants de l’Atleti ? Auteur d’un mercato ambitieux qui surprend à tous les niveaux, les Rojiblancos ne sont pas devenus fous, loin de là. Ils profitent de leurs bons résultats et d’une stratégie financière qui leur permettent, aujourd’hui, de réaliser des dépenses pour venir titiller les sommets en Espagne, et pourquoi pas en Europe.
Une augmentation du capital et de ses revenus
Le 25 juin dernier, lors d’une assemblée générale, l’Atlético de Madrid a annoncé une injection au capital du club de presque 380 000 nouvelles actions, pour un total de plus de 70 millions d’euros. Une augmentation du capital du club pour "trouver un équilibre entre l’investissement dans les infrastructures et le maintien d’un effectif compétitif" selon Miguel Ángel Gil, le directeur général de l'Atlético de Madrid. "Le nouveau scénario qui se dessine dans l'industrie du football nous oblige à continuer à maintenir et même à augmenter cet effort financier pour continuer à être compétitifs, aussi bien en Espagne qu'en Europe" précise l’actionnaire majoritaire des Colchoneros. Une entrée d’argent qui fait du bien dans les comptes du club et lui permet, aujourd’hui, de réaliser de jolis coups sur le marché des transferts, comme avec Julian Alvarez.
De plus, il ne faut pas oublier que l’Atlético de Madrid – malgré sa réputation d’éternel troisième club espagnol – est aujourd’hui un grand d’Europe. Douze qualifications en Ligue des Champions d’affilée sous les ordres de Diego Simeone, avec un quart de finale la saison dernière et aussi une qualification pour la nouvelle Coupe du monde des clubs. La participation à cette compétition, c’est l’assurance d’un chèque estimé à 50 millions d’euros pour les Rojiblancos. Tout cela engrange des revenus.
Depuis plusieurs saisons, l’Atleti adopte aussi une stratégie simple qui vise à réduire la masse salariale de son effectif. Si les transferts de Morata et Soyuncu n’ont rapporté qu’un peu plus de 21 millions d’euros au club, les départs libres (Depay, Hermoso, Savic) ont permis aux Colchoneros de réduire leur masse salariale de près de 50 millions d’euros. Cet été, la légende du club, Koke, a divisé son salaire par deux pour prolonger avec son club de toujours. Enfin, Antoine Griezmann qui engrangeait presque 37 millions d’euros par saison avant son départ au Barça gagne aujourd’hui trois fois moins.
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Griezmann.
Crédit: Getty Images
Toutes ces économies réalisées, ce capital rehaussé et cet argent récupéré grâce aux performances des joueurs du Cholo sur le terrain la saison dernière ont permis aux Rouge et Blanc de se montrer plus que présents sur le mercato estival cet été. L’Atlético se donne les moyens de ses ambitions après des années à serrer la vis.
Un club rarement dépensier
"On fait ça tous les cinq ans" nous confie Lorys d’Atleti Francia. La dernière fois que l’Atletico a dépensé plus de 100 millions d’euros dans un mercato, c’était en 2019. Dépensant près de 250 millions d’euros (avec les arrivées de Félix ou encore Llorente), le club avait néanmoins terminé l’exercice 2019/2020 dans le vert, vendant pour plus de 300 millions d’euros (Griezmann, Hernandez, Rodri…).
Avant ce mercato estival, et depuis l’arrivée de Diego Simeone en 2011, l’Atlético a une balance des transferts presque à l’équilibre. Plus simplement, les Colchoneros ont presque autant vendu qu’acheté avec un solde négatif de seulement 38 millions d’euros. Une stratégie qui ne l’a pas empêché de remporter deux Liga, deux Europa League et de se hisser deux fois en finale de Ligue des Champions. Pour donner un ordre d’idée, sur la même période, le PSG, Chelsea et Manchester City sont à plus d’un milliard d’euros de solde négatif.
Oui, sur ce mercato, les Rojiblancos ont une balance négative de 120 millions d’euros, (deuxième derrière le Bayern avec 129 millions), sans compter la future officialisation de Connor Gallagher, pour un montant d’environ 40 millions d’euros. Et le mercato n’est pas terminé : les noms de Javi Guerra, Clément Lenglet et N’Golo Kanté sont évoqués. De quoi satisfaire Cholo Simeone, qui ne cesse de réclamer un mercato ambitieux à ses dirigeants depuis des années. "Nous avons parlé et tracé le chemin que nous devons suivre. Le club devra travailler et nous devrons améliorer les joueurs qui peuvent arriver", expliquait la légende des Colchoneros en mai dernier. Même si Félix est sur le départ, l’Atletico terminera ce mercato dans "le rouge", mais peut se le permettre après tant d’années dans le vert.
Dernier point à prendre en compte, Gil Marin n’a pas caché son intention de vendre ses parts du club dans les années à venir. Et comme tout homme d’affaire, le plus cher possible sera le mieux. Ces arrivées, c’est aussi un moyen pour les dirigeants de faire grandir le club sportivement et le rendre plus populaire, laissant aux prochains le soin de continuer cette marche en avant. Une ambition affichée sur ce mercato où les Colchoneros seront à suivre, aussi bien en Espagne qu’en Ligue des Champions.
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