Ses objectifs avec le Bétis Séville, sa saison 2024-25... Cédric Bakambu (ex-OM) se confie à Eurosport

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Après une longue blessure qui l'a éloigné des terrains pendant cinq mois, Cédric Bakambu revient lentement mais sûrement dans le onze du Bétis Séville qu'il a rejoint en février dernier. Avant d'affronter Valence samedi (14e journée de Liga), l'attaquant de 33 ans, qui ne "conserve que des bons souvenirs de l'OM", s'est longuement confié à Eurosport.

Cédric Bakambu (Bétis Séville) lors du match face au Celta Vigo.

Crédit: Getty Images

Cédric Bakambu, vous jouez samedi à Valence avec le Bétis Séville. Comment préparez-vous ce match au regard de la catastrophe qui a touché la ville à la fin octobre ?
C.B. : Sportivement, la préparation est la même que d'habitude. De leur côté, les joueurs de Valence auront à cœur de réaliser un gros match. Pour eux, ce sera le premier depuis la catastrophe. Même ici à Séville, on sent que l'atmosphère est différente. Quand tu allumes la télévision, les médias en parlent toute la journée. Avant le match, il y aura sûrement un hommage. Ensuite, dès que l'arbitre sifflera le début de la rencontre, on jouera comme d'habitude, c'est-à-dire pour gagner.

"Je n'ai pas encore vraiment commencé mon aventure au Bétis même si cela fait huit mois que je suis ici"

Vous êtes au Bétis Séville depuis le mois de février. Comment jugez-vous votre début de saison 2024-25 ?
C.B. : J'ai eu une grosse blessure qui m'a éloigné des terrains pendant cinq mois. Je suis revenu il y a un peu plus d'un mois. Depuis le début de ma carrière, c'était la première fois que je subissais une aussi grosse blessure. Mais je travaille beaucoup pour revenir à mon meilleur niveau. Cela prendra le temps qu'il faut, mais je suis dans les temps de passage que je me suis fixés.
Depuis le début du championnat de Liga, vous revenez petit à petit avec sept matches dont deux en tant que titulaire (1 but inscrit toutes compétitions confondues)...
C.B. : Oui, je sens que ça revient. Je fais pas mal d'entrées en jeu. Il ne faut pas griller les étapes. Maintenant, c'est vrai que j'aurais aimé inscrire deux ou trois buts de plus, je ne vais pas le cacher. Mais pour moi, la santé est la priorité. Quand je suis revenu sur les terrains, je n'étais pas encore à 100%. C'est en jouant qu'on retrouve les sensations et son niveau. Le coach (Manuel Pellegrini) l'a très bien compris et c'est pour cela qu'il me fait entrer de temps en temps.
Comment vous sentez-vous au sein du club depuis votre arrivée ?
C.B. : Je me sens super bien au Bétis Séville. J'ai été très bien accueilli. Malheureusement, je me suis blessé deux fois d'affilée. Cela ne m'était jamais arrivé dans ma carrière. Pour moi, je n'ai pas encore vraiment commencé mon aventure au Bétis Séville même si cela fait huit mois que je suis ici. J'espère pouvoir enchaîner cette saison et montrer tout mon potentiel aux supporters du club.
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"À 32 ans, je ne pensais pas que j'aurais l'opportunité de revenir dans un club du Top 5 européen"

Qu'est-ce qui vous a convaincu de signer au Bétis Séville ?
C.B. : J'ai été convaincu par le projet sportif. À Galatasaray, je ne jouais pas trop et le Bétis m'a fait comprendre qu'il comptait sur moi. À 32 ans, je ne pensais pas que j'aurais l'opportunité de revenir dans un club du Top 5 européen. Pour moi, le Bétis était une opportunité en or.
Est-ce que les négociations se sont concrétisées rapidement l'hiver dernier ?
C.B. : Ça s'est fait super vite. Les choses se sont concrétisées en même pas une semaine. Ça s'est fait lorsque j'étais à la Coupe d'Afrique des nations avec la République démocratique du Congo. C'était compliqué car il fallait prendre une décision à distance. Dieu merci, ça s'est bien passé. On a pu se mettre d'accord, j'ai signé lors du dernier jour du mercato.
Au Bétis Séville, il y a plusieurs autres joueurs passés par la Ligue 1 comme Youssouf Sabaly ou Romain Perraud. Est-ce que leur présence a facilité votre adaptation ?
C.B. : Franchement, l'ambiance est saine au sein du vestiaire que ce soit avec les Français, les Espagnols ou les autres joueurs. Cette bonne atmosphère fait que nous arrivons à avoir de bons résultats (ndlr : le Bétis Séville reste sur sept matches sans défaite toutes compétitions confondues). 

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"Le Bétis est la meilleure vitrine possible pour Vitor Roque"

L'été dernier, le Bétis Séville s'est fait prêter Vitor Roque. Quel est votre regard sur ce jeune joueur arrivé en grande pompe au Barça l'hiver dernier ?
C.B. : C'est un jeune joueur, très talentueux. Il fait un bon début de saison (cinq buts toutes compétitions confondues), j'espère qu'il va continuer comme ça. Le coach nous a alignés quelques fois ensemble. Ça s'est bien passé. Sur et en dehors du terrain, c'est une personne que j'apprécie.
Quand il est arrivé au Barça, les médias espagnols l'ont présenté comme un jeune phénomène....
C.B. : Au Barça, il y a beaucoup de pression. Pour moi, c'est un très bon joueur. Mais il est jeune (19 ans), il faut lui laisser le temps de s'aguerrir. Je pense que pour lui, le Bétis Séville est la meilleure vitrine possible.
Vous avez été marqué par le passage de Marcelino à Villarreal. Est-ce que sa philosophie se rapproche de celle de Manuel Pellegrini, qui entraîne le Bétis depuis quatre ans ?
C.B. : Personnellement, je n'aime pas trop comparer les entraîneurs. Chaque coach a sa méthodologie. Mais pour moi, c'est deux styles assez différents. J'ai beaucoup appris avec Marcelino. En une saison avec lui (2015-16), j'ai eu l'impression d'en vivre cinq. Il me fait un peu penser à Unai Emery. Il s'appuie beaucoup sur la vidéo. Quant à Manuel Pellegrini, il responsabilise plus ses joueurs mais il faut lui rendre la confiance sur le terrain.
Manuel Pellegrini est également attaché au fait que son équipe ait un certain style technique...
C.B. : Ah oui, on peut le voir dans ses équipes. Avec lui, elles jouent souvent bien. Le Bétis a réussi à se qualifier en Coupe d'Europe la saison passée. Et en termes de jeu technique, il apporte sa patte.
Le Bétis Séville est actuellement septième. Est-ce que vous visez une qualification européenne ?
C.B. : Pourquoi pas, il ne faut pas se mettre de limites. La saison passée, on a aussi fini septième. Une nouvelle qualification européenne ferait plaisir à tous les supporters du Bétis.
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Cédric Bakambu après son but contre Zagreb en C4 2023-24.

Crédit: Getty Images

"Bien sûr que Mbappé a les qualités pour devenir un très bon numéro 9"

Vous avez joué en L1, en Süper Lig turque, en Grèce, en Chine et en Espagne. Est-ce que la Liga est le championnat qui vous plait le plus ?
C.B. : Franchement, oui. La Liga est le championnat qui me correspond le mieux.
En parlant de la Liga, quel est votre avis sur l'adaptation de Kylian Mbappé au Real Madrid. Pensez-vous qu'on peut devenir un très bon numéro neuf à 25 ans ?
C.B. : Bien sûr que oui, il a les qualités pour. Mais il faut rappeler que Kylian Mbappé est dans un club où il y a énormément de pression. J'ai regardé la récente interview de Karim Benzema et je pense que c'est la personne la mieux placée pour lui donner des conseils. Moi, je suis entièrement d'accord avec ses propos concernant la pression au Real et sur le fait qu'il a toutes les qualités pour réussir. Pour moi, il a tout résumé. Mais il faut un temps d'adaptation. J'ai confiance en lui. Ça va bien se passer.
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"Je ne suis pas parti en mauvais termes avec l'OM"

Vous avez évolué neuf mois à l'OM en 2022. Est-ce que vous estimez que vous auriez mérité plus de temps de jeu ? Vous sentez-vous revanchard ?
C.B. : Non, je ne suis pas revanchard même si j'aurais aimé poursuivre l'aventure car je serais monté en régime lors de la deuxième saison. J'ai vécu de belles émotions à l'OM : on a joué une demi-finale de C4, on a terminé deuxième de L1 et j'ai mis quelques buts (4 et 2 passes décisives). Je ne suis pas parti en mauvais termes avec l'OM. Je n'ai que des bons souvenirs. Pour moi, mon passage à Marseille n'a pas été catastrophique. Je remercie le club de m'avoir donné cette opportunité.
Quels souvenirs gardez-vous de Pablo Longoria ?
C.B. : J'en garde de bons souvenirs. Il est proche de ses joueurs. Il est énormément impliqué que ce soit avec les dirigeants, les joueurs ou les supporters. Il fait les trucs à fond et était souvent présent aux entraînements à la Commanderie ou en matches. C'est un passionné. Il ne calcule pas. Avant que je signe à l'OM, il est venu personnellement en bas de chez moi à Paris. J'étais surpris de le voir, je pensais rencontrer un directeur sportif. Quand tu rencontres directement le président, ça fait pencher la balance de son côté. Même le jour de ma signature à Marseille, mes parents voulaient faire une photo avec lui au stade. Je l'ai appelé et il s'est déplacé exprès en voiture. Je ne pourrai jamais parler de Pablo Longoria en mal.
Vous avez aussi croisé la route de Jorge Sampaoli à l'OM...
C.B. : J'aime beaucoup Jorge Sampaoli. C'est un coach qui n'a pas peur de prendre des risques et moi c'est le style que j'affectionne. D'une semaine à l'autre, il peut te bouleverser un système de jeu pour s'adapter à telle ou telle équipe. Si au cours du match, il voit que son plan de jeu ne marche pas, il est capable de changer. C'est aussi un entraîneur qui est proche de ses joueurs, il aimait rigoler avec nous, mais savait nous mettre la pression quand il le fallait. Quand tu es sur le terrain, tu as envie d'aller à la guerre pour lui. Il a une aura particulière. Avec lui, ç'a été court, mais intense. Son départ nous a rendus tristes.

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"Jorge Sampaoli à Marseille ? Quand tu es sur le terrain, tu as envie d'aller à la guerre pour lui", assure Cédric Bakambu, ex-joueur de l'OM (en 2022).

Crédit: Getty Images


Concernant la République démocratique du Congo, vous n'avez pas rejoué depuis février dernier et cette demi-finale de CAN 2024. Quelles sont vos ambitions en sélection ?
C.B. : Franchement, je suis à la disposition. Après, je suis actuellement focalisé sur mon retour car je reviens d'une longue blessure. Mais je suis ce qu'ils font. C'est dommage d'avoir perdu les deux derniers matches contre la Guinée (0-1) et l'Ethiopie (1-2) car dans le football, les dynamiques sont très importantes. Mais heureusement, l'essentiel est assuré avec cette qualification pour la Coupe d'Afrique des nations 2025.
Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
C.B. : Mon objectif est d'être en bonne santé et d'enchaîner un maximum de matches. Le reste, ça suivra. Je suis confiant. Je sais que je suis un bon joueur car je l'ai démontré auparavant. Par ailleurs, je souhaite que ma fondation "Cédric Bakambu" perdure à l'avenir. Elle a pour but d'aider les jeunes au Congo. En ce moment, on fait de l'humanitaire. Je remercie les gens qui ont fait des dons, ça nous donne de la force car il y a une guerre à l'est du pays et la situation est catastrophique.
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