"Je voudrais que le soleil ne se couche jamais afin que ce jour dure le plus longtemps possible." Nous sommes un 12 juillet. Et pas n’importe lequel : LE 12 juillet. Aimé Jacquet vient de quitter la scène, au sens propre comme au figuré. Sa dernière conférence de presse est derrière lui. Sa vie sur le banc, aussi. Le soir de sa plus belle victoire, après avoir triomphé, savouré et promis à 60 millions de Français - les sélectionneurs comme les autres - qu’il n’oublierait jamais, le technicien couronné laisse son équipe sur le toit du monde. Dans quelques heures, au cœur des Champs-Elysées, il fendra tant bien que mal la plus inimaginable des marées humaines. On lui promettait le pilori. Il plane au-dessus du paradis.
Près de cinq ans après avoir chuté plus bas que terre au cœur d’une nuit noire comme le désespoir et froide comme les abysses, le sélectionneur des Bleus dépose son bâton de pèlerin au terme d’un mois d’exception. Inimaginable, pour beaucoup. Féérique, pour tous. En cet été 1998, la France a vécu la plus grande communion sportive de son histoire. Aimé Jacquet est l’architecte de cette réussite, après avoir été un acteur secondaire d’un déclin aussi précipité que spectaculaire.

Le triomphe d'Aimé Jacquet au Stade de France le 12 juillet 1998

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Equipe de France
Le Graët ouvre la porte des Bleus à Zidane : "Tout le monde y pense pour l'après-Deschamps"
30/11/2021 À 17:16
On rembobine : 17 novembre 1993. Parc des Princes. France - Bulgarie.
L’automne est déjà bien entamé. Mais ce soir-là, l’hiver est tombé d’un coup d’un seul sur le pays et le ciel, sur sa tête. Tout s’est joué en seize secondes. Les pires de toute sa carrière.
"Va leur dire que c’est fini, qu’ils fassent tourner le ballon tranquillement. Surtout, aucun risque !" Aimé Jacquet n’aura jamais le temps de passer le message de Gérard Houllier aux joueurs. L’engrenage infernal est en marche.
44'43" - Coup franc joué à deux sur le côté droit. David Ginola déborde et centre.
44'47" - Kremenliev récupère le ballon à l’autre extrémité de la surface de réparation.
44'54" - Le cuir passe le milieu de terrain. Penev lance Kostadinov.
44'59" - Le parpaing de Kostadinov vient se loger sous la barre de Lama, malgré le retour désespéré de Laurent Blanc, dont les longs compas écartelés ne peuvent éviter le pire.
France : 1 - Bulgarie : 2.
Le rêve américain est devenu un cauchemar.
Aimé Jacquet est debout devant son banc, à quelques mètres d’un Gérard Houllier médusé. Immortalisé par les caméras de TF1 après que le drame s’est noué, il est là, pétrifié. Paumes jointes, mains secouées et passées dans ses cheveux, puis frappées, Jacquet est la parfaite illustration visuelle des complaintes du duo Roland-Larqué qui sonnent le glas des Bleus. "C’est la fin", "quelle catastrophe", "c’est la mise à mort", répètent à l’envi et sans envie les deux compères du commentaire. Pour Jacquet aussi, c’est fini. Pensez donc… Le voici est désormais associé à l’échec le plus surréaliste de l’histoire des Bleus.

La France en lambeaux à quatre ans de son Mondial

Une victoire. Il ne manquait qu’une victoire avant Israël. Un point. Il ne manquait qu’un point, un mois après la défaite impossible face à Israël (2-3). La nuit est tombée sur le football français et son équipe nationale vient de subir son Waterloo. Le soleil d’Austerlitz est un mirage.
La France est un amas de lambeaux, au pire moment. Parce qu’elle va manquer une seconde Coupe du monde d’affilée, déjà. Mais aussi parce qu’elle a décroché l’organisation du Mondial 1998, le 2 juillet 1992. Et que tous les regards sont tournés vers cette échéance. Au moins est-elle qualifiée d’office...
Soixante ans tout pile après avoir organisé la troisième Coupe du monde de l’histoire, l’Hexagone se retrouve au centre de la scène et, à cet instant T, on a du mal à l’imaginer jouer autre chose qu’un rôle secondaire.

Emil Kostadinov a marqué, le ciel tombe sur la tête de Marcel Desailly

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La zone est sinistrée. L’équipe de France et tout le football français. Après un printemps radieux, une première Ligue des champions, remportée par l’Olympique de Marseille, et une campagne d’UEFA à deux demi-finalistes, l’AJ Auxerre et le Paris Saint-Germain, le vent, mauvais, a commencé à tourner à l’été avec l’affaire VA-OM. L’automne sera bien pire.
Après avoir réglé ses comptes avec David Ginola, l’homme de l’"exocet" et du "crime contre l’équipe", Gérard Houllier rend son tablier. Nous sommes le 25 novembre 1993. La tête de Jean Fournet-Fayard, dit JFF, président de la FFF, est également sur le billot. Elle roulera d’ici peu. Jacques Georges, ancien président de l’UEFA et de la Fédération Française de Football, prend provisoirement les rênes. C’est notamment à lui que va revenir la lourde et délicate tâche de trouver un successeur à Houllier.
En cette fin d’année, personne ne se presse au portillon bleu. L’équipe de France est une pestiférée et l’atmosphère tellement viciée que des voix s’élèvent même pour annuler les matches amicaux du début de l’année 1994.

Le rôle d’une vie au pire moment

Mis à part un Guy Roux, qui n'a guère envie d'y aller, il n’y a pas de plan A. Que des B, dont un que personne n’avait trop vu venir. Pas même Aimé Jacquet, qui s’imaginait logiquement repartir d’où il était venu, à la Direction Technique Nationale. Et pourtant, le temps de laisser passer l’hiver et la tempête, Jacques Georges se dit que le nommer en attendant des meilleurs jours serait probablement la moins mauvaise des solutions.
Un déjeuner avec Noël Le Graët, président de la Ligue, et Gérard Houllier, qui pousse l’intéressé à accepter, l’affaire est dans le sac : à 52 ans, Aimé Jacquet devient sélectionneur de l’équipe de France. L’austérité de l’homme colle parfaitement à l’instant. Le rôle d’une vie au pire moment. L’Histoire, avec un H majuscule, est pourtant déjà en marche.
Personne ne s’attend à ce que ce mariage de raison dure trop longtemps. Jacquet a l’allure d’un intérimaire et n’est pas là pour vendre du rêve. Ce qu’il reconnaît, tout en laissant poindre une ambition encore voilée le jour de sa nomination, un mois jour pour jour après le désastre. "Tous les entraîneurs sont des intérimaires, à plus ou moins longue échéance. J'essaierai d’être le plus longtemps possible intérimaire", lance-t-il dans un message à double sens. A Philippe Bergeroo, fidèle parmi les fidèles et membre de son staff durant l’aventure, il confiera, loin d’être dupe : "Surtout Philippe, garde ton boulot de prof de sport parce que je pense qu’après deux matches, ils mettront d’autres personnes." Une rare erreur d’appréciation de sa part.

Jacquet, un intérimaire qui va durer

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Jeunesse heureuse, éducation rigoureuse

Aimé Jacquet est né le 27 novembre 1941 à Sail-sous-Couzan, petit village de la Loire, ce qui ne sera jamais un détail au cours de sa vie de sélectionneur. Aimé, c’est une enfance heureuse et une éducation rigoureuse. Il est le fils de Claudius et de Bénédicte, qui tiennent la boucherie du village, celle-là même qui, par un hasard assez incroyable de la vie, se trouve à deux pas de l’épicerie des Triantafilos. Les Jacquet, c’est la France de l'après-guerre qui se lève tôt et travaille dur. Le jeune Aimé emboîte le pas de son père le jeudi et sort de son lit à 3h30 pour aller acheter les bêtes à la foire.
A l’école, ça se passe moyennement. "Je n’étais pas très brillant, mais j’avais un instit qui aimait le foot", rappelait-il sur les ondes de France Culture en 2006, interrogé dans l’émission A Voix Nue. Monsieur Rivière, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’occupe du club local, l’US Couzan. Maillot orange sur le râble, avant le vert de l’ASSE, Aimé Jacquet fait ses classes mais footballeur n’est pas (encore) un métier et le gamin, doué avec ses pieds, doit bien apprendre quoi faire de ses dix doigts : direction Thiers pour passer un CAP de fraiseur.
Trois ans d'apprentissage en semaine et les week-ends à Sail pour tâter le ballon, à l'US Couzan toujours, mais plus pour longtemps. Parce que le jeune homme de 19 ans a tapé dans l'œil du futur géant du football français, l’AS Saint-Etienne.
Jacquet n’est pas encore footballeur professionnel. Il travaille et ses horaires sont difficilement compatibles avec ceux de l’ASSE. Bosser à quatre heures du matin, c’est rater l'entraînement. Démarrer à midi, c’est souvent arriver en retard au travail. Sauf qu’un dénommé Roger Berne va lui donner un sacré coup de pouce. A l'usine, ce dernier accepte de prendre les horaires du matin pour permettre à Aimé d'embaucher à la mi-journée et de poursuivre son rêve. Parfois, l'ami Berne pointe même pour le futur international français quand celui-ci n'arrive pas à l'heure à l'atelier.
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Jacquet jouera treize ans sous les couleurs des Verts, portera deux fois la tunique de l'équipe de France en 1968, avant de terminer sa carrière chez l'ennemi lyonnais. Et d'entamer, évidemment, la plus brillante de ses carrières, celle d'entraîneur.
Quand la vocation est-elle née ? "Tout de suite. J'étais à l'usine et j'entraînais les copains le soir à Ysieux. Le clin d'œil, c'est qu'à l'armée j'ai également été entraîneur. Je ne sais pas d'où vient cette envie, si ce n'est que j'aurais aimé enseigner. Je me serais bien vu prof de gym. A l'école, je m’occupais de l’organisation des matches, des tournois de quartier. Je faisais ça naturellement", révélait-il à France Football en 2000.

De Bordeaux à la DTN

La carrière de Jacquet sur le banc débute en 1976, à Lyon. Mais c’est à Bordeaux qu’Aimé va connaître ses plus grands succès en club. La décennie 80 appartient aux Girondins, dont il sera l'entraîneur jusqu’en 1989. A l’arrivée, trois titres de champion et deux Coupes de France. Jusqu’à la rupture, violente. A la Claude Bez. Le 13 février 1989, il est viré comme un malpropre. Il rebondit à Montpellier l’été suivant. L'ambitieux MHSC de Paille et Cantona. Mais Jacquet ne le sent pas, parce que Michel Mézy a fait le recrutement dans son dos. Il souhaite partir. Loulou Nicollin le retient.
L'aventure tourne court. Entre-temps, il aura essaimé une idée dans l'esprit de Laurent Blanc : celle de jouer derrière. Au départ, le numéro 10 de formation renâcle. Mais la proposition fera son chemin et finira par avoir un certain succès et un succès certain. Cependant, Jacquet patine et, un an jour pour jour après avoir vidé son bureau à Bordeaux, refait ses valises. La suite, c'est Nancy, via Michel Platini qui le rapatrie dans sa Lorraine natale. Mais le ressort est cassé. Jacquet met alors sa vie professionnelle entre parenthèses et voyage. Parfois, il passe par Clairefontaine pour organiser des stages, sollicité par Gérard Houllier. Finalement, il s'engage à la DTN en tant qu'entraineur national où il s'occupera notamment des moins de 17 ans.
Juin 1992. Ce n'était pas prévu mais l’équipe de France A s’est complètement ratée à l’Euro. Un bon gros gadin. Platoche s'en va prendre en main l'organisation du Mondial 1998. Houllier le remplace à la tête de la sélection et demande à Jacquet de le seconder. Vous connaissez l'exceptionnel épilogue de cette histoire. Ce qui est arrivé avant, entre le 17 décembre 1993 et le 12 juillet 1998 n’en est pas moins remarquable.
De sa nomination au sacre du Stade de France, la vie d'Aimé n'a pas ressemblé à un long fleuve tranquille. Il est rare que l'on se la coule douce lorsqu'on préside aux destinées de l’équipe nationale. Encore moins lorsque l'on s’appelle Aimé Jacquet, un homme pour qui le labeur n’est pas une valeur refuge mais un point cardinal. Encore moins également, lorsque vous avez la presse sur le dos et qu’elle ne vous lâche pas.

Jacquet et la presse, cicatrice jamais refermée

Jacquet contre la presse. Jacquet contre L'Equipe, pour être plus précis. Ce sera la grande affaire du mandat de l'ancien Stéphanois. Avant de décrire la méthode Jacquet et de plonger dans les quatre ans et demi qui ont conduit les Bleus de l'enfer au paradis, autant crever l'abcès maintenant. Le principal intéressé a conclu son autobiographie "Ma vie pour une étoile" autour de cette blessure. On préférera ici en faire un préalable à tout développement. Parce que la conclusion de l'histoire est trop belle pour la refermer sur une fâcherie et sur une note amère.
Il n'est là pas question de remettre de l'huile sur un feu qui ne s'est jamais éteint et a laissé une vilaine cicatrice des deux côtés. Il n'est pas non plus question d'évaluer la violence des critiques, à une époque où les réseaux sociaux n'existaient pas et où l’info ne proliférait pas comme aujourd'hui, ce qui ne simplifie pas les choses pour autant : dans les années 90, tout le monde regardait et lisait peu ou prou la même chose, avec l'effet amplificateur que vous imaginez.
Jacquet a-t-il été le sélectionneur le plus maltraité de l’histoire des Bleus ? Peut-on le rapprocher d’un Roger Lemerre moqué pour sa fantaisie militaire, pour ses formules venues d'un autre temps et parfois d’un autre espace, tant on comprenait tout et surtout son contraire ? Est-il possible de comparer avec Raymond Domenech, personnage de théâtre devenu toxique pour son équipe et pour lui-même ?
Une guéguerre bébête et méchante
Une chose est certaine : Aimé Jacquet n'a jamais été un homme de formules comme son premier successeur. Ni un homme de théâtre comme le second. Jacquet est resté un homme vrai, droit dans ses bottes, fidèle à ses idées et à ses principes. "Mémé" s'exprime avec un accent dont la rondeur est inversement proportionnelle à l'angularité de ses traits, jusqu'à ses lunettes, et la raideur de sa posture.
Jacquet, c'est le bon sens près de chez vous et, c'est bien connu (à Paris), le bon sens près de chez vous ne mène jamais bien loin. Et c'est sans doute là que s'est noué le spectaculaire désaccord qui accompagnerait sa relation avec la presse, L'Équipe, en particulier. Quand les uns pensaient faire de bons mots en critiquant le jeu de ses hommes puis sa personne, Jacquet recevait les reproches comme on prend une balle en plein cœur. Pas le sien, celui de sa famille.

Aimé Jacquet, entouré de micros

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De Gaulle avait eu droit à son quarteron de généraux à la retraite, Jacquet aura - la formule est sienne - sa "poignée de hiérarques épris d'une pseudo-autorité que seule leur conférait l'absence de contradicteurs". Ce que Philippe Tournon, l'historique chef de presse des Bleus et proche du sélectionneur, nous résume de manière moins imagée et plus directe : "Ces années se résument à une guéguerre bébête et méchante entre journalistes parisiens facilement arrogants, sûrs de leur analyse technico-tactique, et le petit Stéphanois à l'accent forézien qui a quitté l’école à 14 ans et dont tout le monde sait, lui le premier, qu’il n'a pas une aisance proverbiale dans ses échanges avec les médias."
Le problème part de L'Equipe qui, après avoir critiqué le fond, souvent à juste titre il faut le souligner, va s'en prendre à l’homme. De l'éditorial au vitriol "Mourir d’Aimé" de Gérard Ejnès au coeur de l’année 1995 au fameux "Et on joue à treize ?" au lendemain de la discutée divulgation de la liste des 28 pour le Mondial (et non 22 comme la presse l'attendait alors que Jacquet n'avait jamais rien annoncé de tel), jusqu'à cette saillie de Jérôme Bureau, alors patron des rédactions du quotidien, qui attendait "un leader qui donne un vrai souffle" et qui n'a eu "droit qu’à un brave type qui émet des soupirs", ça tire dans tous les sens.
Autorité journalistique sans égale dans le monde du sport, L’Equipe a parlé. Le reste de la sphère médiatique s’engouffre dans la brèche, sans retenue. On se donne le droit de lui faire la leçon, de le prendre de haut. Non, Jacquet n'a pas l’aura, la flamboyance et le bagout d’un Michel Platini, en poste de 1988 à 1992. Il faut faire avec. Ou plutôt sans.
Je ne pardonnerai jamais
"Je l'ai vu encaisser des chocs quand les magazines qui parlent de foot une fois tous les quatre ans ont suivi le vent mauvais, publier des commentaires, des photos et des caricatures abjectes. La méchanceté sur son look, son manque de culture… Il disait 'Nous, on a le cuir épais, on peut en prendre plein la tête. Mais nos proches ne sont pas habitués à ça'. Ça lui a fait mal", se souvient Philippe Tournon.
Jamais, jusqu'au coup de sifflet final de France - Brésil et son spectaculaire "Je ne pardonnerai jamais", il ne fera écho de ses états d'âme à ses joueurs. "Aimé a tout fait pour qu'on ne le ressente pas, pour nous protéger, nous dévoile Bixente Lizarazu, qui avait également débuté sa carrière à Bordeaux sous les ordres du natif de Sail-sous-Couzan. Son 'Je ne pardonnerai jamais' nous a surpris. Quand il dit ça, tu sens qu'il a été profondément touché mais il est resté d'une dignité incroyable. Je trouve exceptionnel de ne jamais rien montrer. Il a toujours gardé le cap."
Aimé Jacquet a toujours gardé le cap, parce qu'il avait hissé la grand-voile à peine le pied posé sur le pont du navire. Et scruté l'horizon, le lointain, sans négliger les escales sur la route du titre mondial mais en ayant toujours et surtout en tête la finalité de sa mission. C'est sans doute là qu'il y a eu malentendu avec la presse. Et le public, également. Parce qu'il ne faut pas oublier que, même à quelques encablures du coup d'envoi de la deuxième Coupe du monde organisée sur le sol français, les Bleus ne faisaient pas recette. La litanie des affiches, même prestigieuses, disputées dans des stades loin d'être garnis est longue comme le bras. Et pas seulement à Paris, mais en province aussi. Le temps footballistique ne collait pas avec le temps médiatique. Et ça, c'était le cadet des soucis du sélectionneur.
On n'ira pas jusqu'à dire qu'il avait tout prévu. Parce qu'un destin, ballon au pied de surcroît, est d'une fragilité sans commune mesure. A un coup franc improbable de Youri Djorkaeff un soir d'août 1995 face à la Pologne (1-1), à une reprise de Roberto Baggio passée à un cheveu du but de Fabien Barthez en quart de finale du Mondial 1998 (0-0, 4 tab à 3), ou même à des débuts ratés en Italie ou face au Chili, Jacquet aurait eu faux sur toute la ligne et aurait possiblement rendu son tablier avant de l'avoir ajusté. Néanmoins, dès le début, même intérimaire, il savait où aller et comment appliquer sa méthode.

Carte blanche et carte bleue

Sur la route du 12 juillet, la première étape passe obligatoirement par l'Angleterre et l'Euro 1996. Pour Jacquet, les choses sont claires : si les Bleus ne disputent pas le Championnat d'Europe, autant oublier le Mondial. Son équipe avait besoin d’une grande compétition et de l'expérience qui l'accompagne. Gagner l’Euro ? Aller en demie ? Échouer au premier tour ? Qu'importe. Il fallait que les joueurs goûtent au sel d'un tel événement. Et lui aussi, d'ailleurs. La mission fut laborieuse, mal engagée mais accomplie au prix d’une victoire héroïque en Roumanie (1-3) qui allait mettre la génération Zidane sur les rails et dans l'Eurostar.
Au retour de Manchester, après être tombé en demi-finale face à la République tchèque (0-0, 6 tab à 5), Aimé Jacquet a demandé du temps pour analyser l'Euro des Bleus, réussi sur le fond, laborieux sur la forme.
Le sélectionneur s'est éloigné du brouhaha du monde, pour disséquer la compétition, trouver ce qui a manqué aux Bleus, et définir les axes de progression, les siens, comme ceux de ses joueurs. Après trois semaines au vert à faire la synthèse, il est rentré à Paris. Direction le bureau du président de la 3F, Claude Simonet, à qui il lancera tout de go : "Ça va vous coûter cher mais on va être champion du monde". Simonet accepte sans ciller. La France a des doutes. Pas la fédération.
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Qu'a donc fait Aimé pendant ces trois semaines ? "J’écoute tout mon staff technique, j’appelle des entraîneurs, mes copains et des anciens joueurs. Je me nourris, je ne dis rien et je mets tout en place pour les deux ans à venir".
Pour ce faire, Aimé Jacquet a besoin de moyens, d’une carte blanche (bleue, surtout) car il va renforcer son staff, avec Jean-Marcel Ferret, le médecin qui sera bientôt mis à disposition des Bleus à plein temps. Avec Roger Lemerre aussi, qui deviendra son adjoint et va travailler sur la dimension athlétique, tout en soignant les relations avec les joueurs, ce qu'il ne pouvait faire seul. Bref, Jacquet le méthodique rationalise. Il juge qu'avec un staff plus développé, il aurait analysé et traité différemment la blessure de Didier Deschamps au matin de la demi-finale de l'Euro et aurait procédé autrement qu'avec un simple remplacement poste pour poste.
Il soulignait, annotait et tirait la langue comme un écolier appliqué
Le hasard doit prendre le moins de place possible sur la route du 12 juillet 1998. Tout doit être planifié et analysé. On ne monte pas une équipe au pif. "L'intuition, c'est la cerise sur le gâteau, confiait-il un jour à France Football. C'est ce qui va permettre de passer vers l'excellence ou, au contraire, faire trébucher. On ne peut pas dire que le hasard, la chance ont leur importance, même si l'on sait bien que oui. On ne peut pas en tenir compte, sinon c'est l'échec. Si l'on ne construit pas, si l'on ne prévoit pas, si l'on ne se projette pas, c'est la catastrophe assurée. La gifle arrive à toute vitesse."
Jacquet est un homme de méthode qui n'est jamais éloigné de son carnet. Il note tout ce qu'il lui passe par la tête et observe. Son carnet est un intime dont il ne se sépare pas ou presque. Parce qu'il a besoin d'un stylo, comme d'une béquille. "Si je ne note pas, je ne retiens pas. Je n'apprends pas", concède-t-il.
"C'est quelqu'un qui a quitté l'école à 14 ans, abonde Philippe Tournon. Il m'en a fait l'aveu avec fierté et honnêteté : pour parler dix minutes aux joueurs, il lui fallait rassembler ses idées pendant deux ou trois heures pour les jeter sur le papier, les ordonner, les synthétiser. Rien n'a été facile pour lui dans la vie. Il est allé tout chercher à force de travail et méthode". Tournon, qui fut le chef de presse des Bleus entre 1983 et 2004, puis de 2010 à 2018, n'a rien oublié : "Je me souviens de le voir dans les avions travailler sur ses fiches avec ses feutres de couleur. Il soulignait, annotait et tirait la langue comme un écolier appliqué. Il y avait quelque chose d’émouvant, presque."
Des beaux parleurs mais aussi de formidables pipeauteurs
Devant la presse, Jacquet ne fait pas d’étincelles. Il s'épanouit dans l'ombre et ne goûte guère à l'exercice médiatique, surtout quand les critiques ne sont "pas toujours très honnêtes" comme il le déplorera assez tôt dans son mandat. Il n'y a jamais tellement goûté, d'ailleurs. "C'est quelqu'un qui parle à la presse depuis 1976 et s'entend bien avec les journalistes mais ce n'est pas un communicant. Après, les raideurs et les fâcheries, c'était déjà les mêmes à Bordeaux. C'était exactement la même chose", nous explique Vincent Duluc, plume de L’Equipe en charge de l’équipe de France pour le quotidien depuis un quart de siècle.
La situation ne va pas aller en s'arrangeant. D'autant que le parcours réussi à l'Euro 96 n’est pas loin d'être mis à son passif. Il y a deux ans, les Bleus étaient dans une ornière. Aimé Jacquet estime que l'on ne tient pas suffisamment compte du point du départ quand il est question d'analyser ce qu'il s’est passé à l’orée de la dernière ligne droite. Parfois, le sélectionneur a l'impression d'avoir affaire à des inquisiteurs venus lui faire la leçon. Et qui le prennent facilement de haut.

Aimé Jacquet avec Zinédine Zidane

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Auprès des joueurs, en revanche, ça fonctionne comme sur des roulettes. La raison est simple : "Il y a des sélectionneurs qui sont des beaux parleurs mais sont de formidables pipeauteurs. L'exercice médiatique n'était pas ce qui lui plaisait le plus mais dans le vestiaire, d'homme à homme, son discours était clair, précis, jamais un mot de trop, jamais de grandes tirades mais tout ce qu'il fallait, explique Bixente Lizarazu. Pour maintenir l'attention d'un joueur, tu n'as pas besoin de parler des heures. Regardez les Yeux dans les Bleus, avec les messages qu'il voulait faire passer. Son discours donnait confiance au groupe. Il avait toujours le mot pour."
Jacquet fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait : "Le contraire, c'est risquer de perdre de la crédibilité, ajoute le latéral aux 97 sélections. Il a préparé la Coupe du monde avec de la cohérence tout au long du processus. Même si on ne gagnait pas tout le temps, on sentait et on savait qu'il y avait une stratégie à long terme. Quand on parlait de 1996, on était déjà projeté sur 1998."
Arrivé dans le groupe France moins d'un an avant le Mondial, Alain Boghossian abonde dans le sens du défenseur basque : "Aimé, c'est un discours net, clair et précis. Il est droit dans ses bottes, il n'y a pas d'esbroufe, c'est un homme de parole. Il aime les gens qui ne trichent pas et n’hésite pas à vous remettre sur les rails si vous vous en écartez. Il savait toujours ce qu’il allait vous dire et ne passait pas par quatre chemins. Il vous disait ce qu’il avait sur le cœur." L'oreille, aussi, est attentive. Les joueurs ont conscience qu'ils peuvent se livrer sans retenue. Avec Jacquet, pas de coup tordu. Eric Cantona pourrait en témoigner.

Le cas Cantona

Canto, c'est un regret pour Aimé Jacquet. Parce que, au contraire de ce que l'on a parfois laissé entendre, le sélectionneur des Bleus comptait sur le numéro 7 de Manchester United, qui l'avait séduit par son exemplarité et son désir de revanche. Ce n'est pas pour rien qu’il en fait son premier capitaine et son chef de route, entouré par ceux qui voulaient bien revenir, ce qui n’était pas le cas de Jean-Pierre Papin ou de Laurent Blanc qui, trop marqués par l'échec du 17 novembre, voulaient prendre un peu de recul, dans un premier temps au moins.
Un soir d'octobre 1994, du côté de Geoffroy-Guichard, Jacquet tente l’alliage Cantona + jeunesse nantaise triomphante. Audacieux et dans le sens de l'histoire naissante, pense-t-on alors. La prestation face à la Roumanie est réussie. A un détail près : les Bleus ne trouvent pas la faille. 0-0. Comme en Slovaquie le mois précédent ou en Pologne le mois suivant. Cette litanie de matches nuls et vierges pour lancer les éliminatoires de l’Euro ne servent pas le dessein de Jacquet, ni des Bleus. L'Equipe lui demande d’ailleurs solennellement de "promettre de démissionner après le match contre la Slovaquie si par malheur ce jour-là encore le zéro rejoint l'infini."
Le France - Slovaquie d'avril 1995, disputé à la Beaujoire mais avec un seul Nantais sur le terrain (Loko) et avec un trio de milieux défensifs (Deschamps, Desailly, Guérin) marquera un tournant. Ce soir-là, les Bleus inscrivent quatre buts. Et Cantona, non plus, n'est pas là.
Dans l'intervalle, le King de Manchester a eu le tort de s'exercer au kick boxing avec un supporter de Crystal Palace, un soir de janvier 1995 du côté de Selhurst Park. Suspendu huit mois à la suite de cet incroyable coup de sang, Canto se retrouve loin de MU, loin des Bleus. Mais Aimé Jacquet n'a pas le choix : il doit avancer sans son capitaine. Et les Bleus ne se portent pas plus mal sans lui.

Eric Cantona avec le brassard autour du bras, lors de France - République tchèque en 1994

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Youri Djorkaeff et Zinédine Zidane se débrouillent plutôt bien sans le numéro 7 au col relevé. Eric Cantona peut revenir, quand même. Mais en avant-centre ou sur le banc. Aimé Jacquet le veut en 9, parce qu'il estime déjà posséder un 10 et un 9 et demi. Mais il n'a plus d’avant-centre alors que JPP enchaîne les pépins physiques et les périodes d'arrêt avec le Bayern Munich.
Avec la franchise qui le caractérise, Aimé Jacquet s'envole pour Manchester au tout début de l'année 1996. Il n'a pas pour habitude de se justifier. Mais Canto, c'est Canto. Dans un hôtel du centre-ville, le sélectionneur de l'équipe de France se lance et expose ses plans pour les Bleus et pour le capitaine des Red Devils. Cantona écoute. Une franche poignée de mains plus tard, les deux parties se quittent définitivement. A l'heure de faire ses choix et bâtir sa liste des 22 pour l’Euro, Jacquet deviendra est l'homme qui a dit non à Cantona - et à David Ginola - et oui à Mickaël Madar. Une forme de courage et de conviction, toujours muée par le collectif qui sera constamment resté au centre de ses préoccupations.
"Sa grande force, c'est d'avoir su créer cette force collective, reconnaît Vincent Duluc. C'est aussi d'avoir identifié une défense qui sera celle des champions du monde. Il a titularisé Liza et Thuram sur les côtés en plein Euro. Et évidemment, celui qu'il avait vu venir depuis longtemps, c'est Zinédine Zidane." Zidane, le leader silencieux qui avait besoin d'espace pour s'épanouir. Même après un Euro raté, Aimé Jacquet a compris que le destin doré des Bleus passerait par les pieds de celui qu'il avait sélectionné une première fois en août 1994, pour un doublé salvateur, déjà, face à la République tchèque (2-2).

Copies bâclées pour un chef-d'œuvre à l'été

Au lendemain du Championnat d'Europe des Nations, Aimé Jacquet a vingt-trois mois pour construire. Il est entré dans la phase 2 de son plan. Les Bleus n'ont toujours pas perdu sous ses ordres, ce qui finira tout de même par arriver lors d'un morne Danemark - France de novembre 1996 (1-0) et mettra fin à une série de 30 matches sans défaite. Un record, encore aujourd’hui.
Plus que jamais, Aimé Jacquet veut mettre à profit ces deux années pour bâtir son groupe. Il tient déjà son noyau dur, qu'il estime à douze hommes. Il sait aussi que ZZ et Djorkaeff seront ses meneurs de troupe. A ses yeux, il est donc plus urgent de tester des nouveautés et donc de prendre le risque de rendre quelques copies bâclées à l’instant T, en espérant écrire un chef-d'œuvre à l'été 1998.
Il multiplie donc les essais et son équipe ne séduit guère. La presse n'aime pas ce qu'elle voit. Le public n’est pas plus emballé par les prestations des Tricolores, ce qui importe peu au patron. L'essentiel est ailleurs et surtout pas maintenant. Durant des mois, accompagné d'Henri Emile, Jacquet traverse l'Europe de long en large, et en travers, il s'entretient avec ses joueurs et même ceux qui ne le sont pas encore, mais qu'il souhaite concerner. Alain Boghossian, futur champion du monde, est de ceux-là. Rien ni personne n'est laissé au hasard ou dans la nature.

Aimé Jacquet dans ses pensées, pendantFrance - Pays-Bas en 1996

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"Ma vraie première rencontre avec lui, c'était à Gênes, se remémore très clairement "Bogho". Je n'étais pas encore en sélection. Il avait demandé à ce que les Français de la Sampdoria viennent déjeuner avec lui. Il y avait Christian Karembeu et Pierre Laigle, mais il avait absolument tenu à ce que je me joigne à eux. J'étais un peu étonné de l'invitation alors que je n'avais aucune sélection et que je faisais mes débuts à la Sampdoria. Il avait une idée en tête : élargir son pool de joueurs sélectionnables et puis surtout leur mettre dans la tête que n'importe quel joueur devait déjà penser au Mondial 98 et que tout tourne autour de la Coupe du monde. Je ne me considérais pas comme joueur de l'équipe de France. Mais à deux ou trois reprises, durant le repas, il m’a dit 'Ecoute Alain, ça te concerne aussi car j'ai les yeux sur toi'. Et ça m'est toujours resté dans la tête."
Lors du sprint final vers le Mondial, il demandera à ses joueurs de faire des Bleus une priorité. En juin 1998, ils devront avoir réglé tous leurs éventuels problèmes et questions contractuelles. Si tel est le cas, ils seront de l'aventure. Sinon… "Vous connaissez le côté latin des Français ? On a le temps, on n'est pas pressé, on a des objectifs. Non, 1997, on est tous là. Celui qui n’a pas compris ça, il va être mal", expliquait-il quelques années plus tard, pour décrypter sa méthode. Mais son exigence est teintée d'une extrême bienveillance. "Il voulait être au courant de tout d'une manière ou d'une autre. Échanger avec les joueurs pour savoir si tout allait bien. Il ne voulait rien cacher et que les joueurs ne lui cachent rien", illustre Boghossian.

La parole donnée

Bixente Lizarazu, qui avait découvert la sélection sous les ordres de Gérard Houllier, est monté en puissance et a pris de l'envergure tout au long du mandat de celui que Didier Deschamps surnomme toujours "Dieu". En 1997, Liza connaît un gros coup d'arrêt en raison d’une pubalgie qui s'éternise. Le joueur est au fond du seau et vit très mal cette situation. Mais Jacquet sera là, constamment. Avec un soutien clair et une règle simple : fais ce qu'il faut pour être là au moment opportun.
"J’ai mis du temps à guérir de ma pubalgie. Je ne cache pas qu'il y a eu des doutes et des inquiétudes mais il a toujours été là pour prendre de mes nouvelles et montrer qu'il comptait sur moi, nous explique le désormais commentateur des Bleus sur TF1. C'était à moi de me soigner et de revenir au meilleur niveau. Mais l'avoir au téléphone, le voir à Munich, ça me donnait une motivation supplémentaire pour me remettre de cette blessure. Si je n'étais pas à 100%, il ne m'aurait pas pris." Disparu de l'horizon bleu en juin 1997, Liza réapparaît en avril 1998, en Suède (0-0). Le dernier match des Bleus avant la liste. Le joueur du Bayern s'est accroché. Jacquet a tenu parole. Il sera champion du monde.
Aimé Jacquet a défini cette ambition au retour de l'Euro 1996. Ses joueurs ont adhéré parce que le principal intéressé a mis cette ambition dans le cerveau de ses ouailles. "Dès le premier jour où je l'ai vu, il ne m'a jamais dit qu'il voulait participer à la Coupe du monde, se souvient Alain Boghossian. Son seul objectif était de la gagner. C'était le discours en interne, pas de faire un quart de finale."

Aimé a douté, une fois

A-t-il douté, un jour ? Empêtré dans sa guerre de tranchée avec la presse ou même au regard des matches inaccomplis des Bleus, il aurait pu cogiter et baisser les bras. Ce n'est jamais arrivé. Sauf une fois. A un an de l'échéance, la France organise le Tournoi de France, sorte de répétition du Mondial. La compétition amicale est entrée dans la postérité pour le coup franc à la trajectoire surréaliste de Roberto Carlos, plus que pour les résultats des Bleus, qui avaient terminé bons derniers.
Un nul inaugural face au Brésil (1-1), une défaite face à l’Angleterre (0-1) et un dernier partage des points avec l’Italie (2-2), le commandeur Jacquet avait quelque peu vacillé. D’autant qu'il avait aussi dû lutter contre des moulins à vent, les revendications de ses joueurs, soucieux de jouer avec les chaussures de leur équipementier et non plus celles de l'équipe de France. "Jouer pour son pays vaut tous les contrats", s’était-il emporté devant ses joueurs. Il avait eu gain de cause, mais perdu de l'énergie superflue dans une bataille bientôt vaine.
"Ce tournoi n'était pas organisé sur les dates FIFA, les joueurs étaient arrivés tard et les clubs jouaient le jeu à reculons, nous raconte Philippe Tournon. A l'issue du dernier match, alors qu'on allait au restaurant, Henri Émile, qui était à ses côtés dans la voiture, m'a raconté cette scène. A un moment, Aimé lui a dit : 'On ne va pas y arriver, il y a encore trop de choses à faire'". Le coup du mou va durer… cinq minutes chrono. Ni plus. Ni moins. Après quoi, il ne laissera plus jamais transparaître l'ombre d'un doute. "Au contraire, il n'a plus jamais cessé d'afficher ses convictions, confirme Tournon. Si on travaillait bien, si l'on respectait l'esprit de groupe et que personne ne tirait la couverture à lui…" Jacquet a fini par déteindre sur ses joueurs, jusqu'au 12 juillet, jour de fête nationale avant l'heure. Depuis, le soleil ne s'est jamais couché sur Aimé. Il ne se couchera jamais sur Aimé.
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