Deux bons mois après le début de la saison, et alors que les grands championnats ont atteint (ou presque) le quart de l'exercice, nos experts européens, Philippe Auclair pour l'Angleterre, Polo Breitner pour l'Allemagne, François David pour l'Espagne et Valentin Pauluzzi pour l'Italie, se sont penchés sur leur championnat respectif. De mardi à vendredi, ils vous dévoileront ce qui les a marqués depuis août et leur vision de l'exercice actuel en Premier League, Liga, Bundesliga et Serie A. Leurs coups de coeur, de gueule, leurs révélations et leurs paris : vous saurez tout.
Mardi, premier volet : Les coups de coeur
Mercredi, deuxième volet : Les coups de gueule

Liga : Alvès, ça commence à se voir... et il n'est pas le seul

Qualifications Euro
Suarez, Superclasico, Pirlo… : Les 6 bonnes raisons ne de pas zapper la semaine internationale
09/10/2014 À 05:38
Par François David
Le statut de certains joueurs du Barça, à commencer par celui de Daniel Alvès, pose problème. Comment le Brésilien, grande référence à son poste pendant plusieurs années, peut-il être toujours titulaire dans un tel club ? Complètement largué défensivement depuis plus d'un an (la Coupe du monde l'a encore confirmé), Alvès est devenu le maillon faible des Blaugrana. Très peu d'attaques viennent de sa zone. Il parait cramé physiquement et ne fait plus qu'un débordement par mi-temps. Dans ses bons jours. Le reste ? Des centres, plus ou moins précis, envoyés au hasard... Les adversaires l'ont bien compris et le laissent désormais seul. Ses coéquipiers, eux, hésitent de plus en plus à lui donner le ballon...
Alors pourquoi Luis Enrique s'entête-t-il ? Tout simplement car il n'a aucune confiance en Montoya, que Douglas (acheté tout de même 6 millions d'euros) débarque à peine du Brésil et qu'Adriano ne semble pas rentrer dans ses plans. Bizarre. Ayant souvent évolué à ce poste au FC Séville, le sous-coté Adriano, un des joueurs les plus polyvalents et ambidextres de Liga, est à mes yeux le candidat numéro 1 pour être titulaire au poste de latéral droit. Une question peu soulevée par la presse espagnole. J'aurai sûrement l'occasion de la poser à Luis Enrique prochainement... Dani Alvès, certes, mais on pourrait aussi montrer du doigt Pedro, dont le niveau a sensiblement chuté depuis un an et qui s'est fait passer devant par Munir (sans évoquer la future incorporation de Luis Suarez). Jordi Alba doit aussi se reprendre. Quant à Andres Iniesta, sa baisse de forme commence à inquiéter aussi.... Messi et Neymar ne pourront pas tout masquer au fil de la saison.

Daniel Alves - FC Barcelone - 2014

Crédit: AFP

Premier League : Pardew, enough is enough

Par Philippe Auclair
Alan Pardew, ça suffit. Vraiment. Marre, marre, marre. Il se peut que les agitateurs, au sens propre comme au figuré, qui déploient leurs banderoles et affichettes estampillées pardewout.com à chaque match des Magpies cherchent d’abord à se mettre en scène, comme ces "fans" qui se filment à un concert de X ou Y pour faire mousser leur ego sur Facebook. Il se peut aussi qu’ils aient raison. Pardew est le légendaire lapin pris dans les phares, et qui finit immanquablement sous les pneus. Tacticien inepte, voyou de la zone technique, ridicule coq d’un village qu’il est le seul à habiter, Pardew persiste pourtant.
Les raisons pour lesquelles Mike Ashley continue de lui (ahem) "faire confiance" sont…complexes, dirons-nous. Les oreilles de l’un et de l’autre doivent siffler s’ils prêtent attention au moulin à rumeurs. Mais la plaisanterie - qui n’a jamais été si drôle que ça - dure depuis trop longtemps. Newcastle et ses fans méritent mieux que cette chèvre déguisée en berger, ce pitre déguisé en entraîneur. Au revoir, et pas nécessairement merci, Monsieur Depardew.

Alan Pardew (Newcastle)

Crédit: Panoramic

Bundesliga : Le calendrier "à l'anglaise"

Par Polo Breitner
Le calendrier démentiel qui nuit à la qualité des parties ! Nous sortons d’une Coupe du monde, les grands joueurs ont à peine le temps de récupérer et les grosses cylindrées ont une infirmerie qui affiche "complet". Pire, nous venons d’enchaîner trois "semaines anglaises" avec sept rencontres depuis la mi-septembre pour les clubs européens. Et les autres vereine n’ont pas l’effectif pour faire un turnover efficace. Regardez la sixième journée, nous sortions de trois matches hebdomadaires, 16 buts seulement en Bundesliga ! La rencontre Mayence-Hoffenheim, jouée un vendredi, a montré que les équipes étaient éreintées. Les coaches l’ont reconnu en conférence de presse. Lorsque tu analyses le potentiel offensif du TSG, ce n’est pas acceptable.
Idem lors du Rheinderby entre Cologne et Mönchengladbach, un 0-0 ennuyeux, alors que toute l’Allemagne attendait la confrontation ! Favre était dans la gestion de son calendrier, un point à l’extérieur c’est toujours ça. Quant à Stöger, il n’est pas sorti de son schéma tactique défensif malgré les 50 000 furieux au stade. Le pouvait-il ? Au Bayern, Guardiola l’a dit : "Nous tuons les joueurs !". Et Rudi Völler a demandé qu’il y ait moins de "semaines anglaises en Allemagne". Ce fut évident contre Paderborn (2-2), "l’équipe était fatiguée" après Benfica (3-1). Ce n’est plus du spectacle mais de la spectacularisation ! Et on va remettre çà après la trêve internationale.

Pep Guardiola sur le banc du Bayern Munich

Crédit: Panoramic

Serie A : Le côté obscur de Totti

Par Valentin Pauluzzi
En une semaine, Francesco Totti nous a rappelé pourquoi il était aussi aimé que détesté en Italie. D'abord, il devient le plus vieux buteur de l'histoire de la Ligue des champions, un but qui consacre l'incroyable longévité d'un des plus grands joueurs de l'histoire du football italien et un sens du jeu à montrer dans toutes les écoles. Cinq jours tard, il balance des déclarations regrettables en zone mixte au sortir du choc contre la Juventus. En cause ? Les décisions de M.Rocchi sur des faits de jeu à peine clarifiés après 150 ralentis. Si le capitaine de la Roma sait quelque chose qu'on ne sait pas, il peut toujours aller se confier auprès de la justice sportive italienne.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Totti se laisse aller à ce genre de dérapages verbaux (pour faire court et sobre, une Juve scientifiquement aidée par les arbitres depuis toujours et une Serie A faussée d'avance). Des propos conspirationnistes de pilier de comptoir mais surtout irresponsables et qui attisent les tensions entre les tifosi d'un pays qui se remet tout juste du décès du Napolitain Ciro Esposito. Alors grand joueur oui, sans aucun doute, immense même. Mais grand champion ? Permettez-moi de mettre mon veto. En tout cas tant qu’il ne reconnaîtra pas la valeur de ses adversaires "senza se e senza ma". Et ce n’est pas à 38 ans que ça va changer.

Paul Pogba en duel avec Francesco Totti lors du match entre la Juventus et la Roma, le 5 octobre 2014.

Crédit: AFP

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