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"Pas de passe-droit"
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Publié 21/03/2012 à 19:10 GMT+1
Le spécialiste du foie Didier Samuel décrypte l'hypothèse de transplantation du foie issu d'un être vivant, donnée ce mercredi par la presse espagole. Cette solution permet clairement de gagner du temps et, donc, de réduire l'incertitude sur l'évolution de l'organe.
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Crédit: Eurosport
Le défenseur français de Barcelone Eric Abidal, qui doit subir prochainement une greffe du foie, pourrait bénéficier d'un don de la part d'une personne vivante, ce qui permettrait de raccourcir le délai prévu par les listes d'attente, selon les dernières informations des médias barcelonais. Le spécialiste mondial de la greffe du foie Didier Samuel, chef de service au centre Hépatobiliaire de l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif, a décrypté ces informations au site Foot123.fr. Nous vous proposons son analyse dans cet article (l'intégralité de l'entretien est à lire ici).
Y a-t-il urgence pour Eric Abidal ?
D. S. : Dans l’hypothèse la plus probable, bien que n’ayant pas été annoncé, d’une récidive de sa maladie, et que cette maladie est évolutive, il y a effectivement un certain degré d’urgence.
Ce n’est donc pas une question de priorité sur la liste d’attente?
D. S. : Le problème pour un malade qui attend une greffe du foie, c’est que les patients sont mis sur une liste d’attente qui est gérée par un organisme national, en France, cet organisme se nomme : l’Agence de la Biomédecine. C’est une agence officielle, elle gère cette liste d’attente. On ne peut pas être transplanté si l’on n’est pas inscrit sur cette liste.
Il n’y a donc pas de passe-droit ?
D. S. : Aucun. C’est très surveillé. L’attribution des foies se fait sur des critères un peu différents dans chaque pays. En cas de cancer, la taille et le nombre de tumeurs, et le délai d’attente sur la liste peuvent jouer aussi. Je pense que les critères espagnols sont sensiblement les mêmes qu’en France. Enfin, le groupe sanguin du donneur et du receveur joue aussi, il faut qu’ils soient compatibles. Ce sont là, les quatre grands critères qui font qu’un greffon est proposé à quelqu’un par cette Agence. Il peut y avoir parfois des priorités régionales. Si le donneur est dans un hôpital catalan, son foie peut aller prioritairement vers une personne située en Catalogne. Bref, il y a des règles qui sont édictées au plan national par l’O.N.T.
Quelle différence médicale y-a-t-il entre une greffe partielle et une greffe complète ?
D. S. : En France, pour une greffe partielle, avec un donneur vivant, il faut être de la famille jusqu’au deuxième degré, ou vivre avec la personne depuis au moins deux ans. Mais un ami ne peut pas être donneur. Ensuite la greffe doit être « validée » par l’Agence. En revanche, ces règles ne s’appliquent pas partout. Aux États-Unis, chacun peut donner pour qui il veut. Passer par un donneur vivant accélère considérablement le délai d’attente et permet de fixer la date de la transplantation. En revanche, le donneur vivant ne peut pas donner « tout » son foie. Le donneur ne doit pas courir de risque. On lui prend une partie de son foie.
Et cela est suffisant ?D. S. : Oui, ça peut être suffisant. On laisse suffisamment de foie au donneur pour qu’il n’ait pas de complications et que son foie régénère. Enfin, il faut en mettre suffisamment au receveur pour que son foie régénère. Le foie est un organe qui a une capacité de régénération.
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