Barça : La seconde chance de Martino

Tata Martino aurait pu quitter le Barça par la petite porte en fin de saison. Il a désormais une chance de laisser une trace dans ce club relancé en Liga.

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Luis Enrique sera le prochain entraîneur du FC Barcelone. Tout le monde le sait. Le passage remarqué de Zubizaretta chez le "probable futur coach" pour finaliser l'accord et planifier l'équipe la saison prochaine n'a d'ailleurs pas été bien vu, voire générer un certain malaise à Barcelone. Certains ont même parlé de manque de respect vis à vis de l'entraîneur en place. 
Comment en vouloir à Zubi, dans le fond ? Le propre Martino, quelques jours avant, avait été très sincère à l'heure d'évoquer son bilan et son futur. "La saison n'a pas été bonne et c'est entièrement de ma faute" ou "je ne pense pas mériter une seconde chance", avait-il dit en substance. El Tata avait vidé son sac. Qu'il renoncerait probablement à sa dernière année de contrat au FC Barcelone, préférant que l'on garde de lui l'image d'un type honnête et éduqué plutôt que celle d'un entraîneur mercenaire, qui n'était pas taillé pour un très grand club (rappelons que la sélection d'Argentine lui tend les bras). 
Sauf que tout a changé depuis mercredi soir. L'homme qui avait organisé son barbecue de départ tient soudainement une seconde chance. Sa seconde chance et la dernière pour le Barça d'obtenir la Liga la plus disputée ces 40 dernières années. Un don du ciel, presque, pour un club qui a beaucoup pleuré ces quinze derniers jours. Et une chance pour Martino, évidemment, de laisser une trace au Barça. D'ailleurs, Martino garde une bonne image parmi les socios. Si certaines plumes considèrent qu'il ferait mieux de travailler plutôt que donner des jours de repos aux joueurs et d'organiser des repas, ce n'est pas la majorité des suiveurs blaugrana. Les sondages internet pointaient plutôt les joueurs et la direction comme responsables de la débâcle (qui peut donc se transformer en triomphe). 

Il n'a rien changé au Barça

Car à Barcelone, tout va très vite. "El entorno", "l'entourage" (presse, supporters, personnes qui ont un intérêt) est omniprésent. Leurs questions et leurs doutes reviennent sans arrêt, souvent pour des broutilles et des choses qui s'oublient un soir de victoire (les supporters du Barça se plaignent-ils des deux succès contre le Real cette saison et du jeu produit ce jour-là ?). Toutes ces histoires et ces débats ont fait beaucoup de mal au Barça de Martino. Or, contrairement à ce que j'ai pu lire chez des sois disant experts, il n'a rien changé au FC Barcelone. Ou plutôt, il a tenté de revenir aux sources du Barça de Guardiola comme on l'avait écrit en début de saison (pression haute, joueurs entre les lignes en phase offensive, prises de risque individuelles). Remodelé tactiquement par Bielsa à Newell's, Bielsa l'un des inspirateurs de Guardiola, tout cela avait du sens. Martino ne pouvait pas tourner le dos à un modèle qui est le sien. 
Alors oui, il y a eu des interrogations en interne. Pedro et Iniesta ne sentent pas Martino, contrairement à Busquets, Fabregas, Xavi, Puyol et Messi. Une raison suffisante pour ne pas prolonger l'aventure. Toute scission dans un vestiaire est prohibée. 
Je pense surtout que le Barça a dû faire face :
- A une préparation tronquée en raison du retrait de Vilanova- Aux blessures de Puyol (on le savait et le Barça aurait dû agir en conséquence cet été), Valdès et Piqué dans la dernière ligne droite. Trois leaders.       - Aux problèmes extra-sportifs de Neymar et Messi, aux batailles juridiques diverses et à la démission de leur président, ce qui n'est jamais bon signe pour qui veut de la stabilité.- Aux problèmes de prolongations de contrat de Messi et de Daniel Alvès, résolus pour le premier, dans l'air pour le second qui s'en plaint publiquement. - Au comportement de certains comme Montoya ou Tello, qui ont défié leur hiérarchie.- A la mort, évidemment, de leur ex-entraîneur et ami. 
Tout ceci pour relativiser un peu la triste saison que beaucoup ont évoqué. Le Barça n'a jamais été aussi peu dominant que cette saison, mais il y a des circonstances. En Europe, il est tombé sur le plus grand Atletico de l'histoire et aurait pu passer ! En Liga, au niveau extrêmement compétitif de la compétition locale (regardez encore le Real à Valladolid). En Coupe du Roi, à un Real Madrid meilleur ce soir-là et plus dense en effectif. 
Luis Enrique va donc devoir faire face - on l'espère pour lui - à une intersaison différente. Je ne dis pas qu'elle sera plus facile car "Lucho" devra provoquer un changement, une évolution, alors que la plupart des cadres actuels sont toujours là. Un changement basé sur le sportif. Un changement délicat car il touche le Barça, à l'identité de jeu bien défini et qu'il ne faut pas trop brusquer, sous peine de réveiller les vieux démons, présents plus que jamais en cette période agitée. 
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