L'Antisèche du Clasico Barça-Real (2-1) : Tata et Carlo se sont pris pour Pep et José

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Lors du Clasico (2-1), l’entraîneur du Barça et du Real ont voulu imiter leurs illustres prédécesseurs. Ils ont dû revoir leurs plans. Notre antisèche.

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LE JEU : Fallait pas se renier !

C’est, paraît-il, dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes. Si l’adage dit vrai, ne tournons pas autour du pot : les tambouilles de Tata Martino et de Carlo Ancelotti ne valent pas celles de leurs prédécesseurs. Coller Lionel Messi à la ligne de touche, faire monter un défenseur central pour jouer les gros bras au milieu, ce sont des recettes de grand-mère. Pep Guardiola et José Mourinho ont beau en être les initiateurs, elles sont périmées. Développons : dans son articulation, dans sa mise en place, le 4-3-3 de Tata Martino ressemblait à s’y méprendre à celui de Pep Guardiola… période 2008-2009. Ça date ! Sauf que depuis, Messi a déserté le flanc droit et, un détail, s’est affirmé comme le meilleur footballeur de la planète. En jouant où ? Un peu partout. Dans l’axe, dans un périmètre tellement large qu’il se promène entre la surface adverse et le rond central. Mais certainement pas en bouffant la craie comme on l’a vu faire samedi, pendant une bonne heure.
Le plan Ancelotti a, lui, carrément frisé l’absurde : Ramos au milieu, posté devant la défense centrale, c’est comme si Mourinho plaçait Pepe en chien de garde. Remarquez, le Portugais a déjà essayé. A l’époque, cette stratégie en disait autant sur sa volonté de placer le Clasico sur le terrain de l’impact physique que sur son refus de jouer. A l’époque, Mou avait implicitement reconnu la supériorité blaugrana. Samedi, Ancelotti est tombé dans le même travers. En densifiant son entrejeu, en se privant d’un créateur et d’une vraie pointe, Carlo a voulu dérouter le Barça. Résultat : il a dérouté sa propre équipe. Le Real a traversé la première période comme une ombre. Il n’a existé qu’au retour des vestiaires, avec les entrées successives d’Illaramendi, de Benzema et de Jesé. Qu’Ancelotti se rassure : son acolyte barcelonais s’est également planté. Mais comme lui, il a eu la lucidité de renier ses choix initiaux. En lançant Alexis Sanchez et Pedro, Martino a redonné de la liberté à Messi. C’est précisément dans ces vingt dernières minutes que le Barça s’est montré le plus aguicheur. CQFD.  

LES JOUEURS : Messi et Ronaldo étaient à côté de leurs pompes 

Quand on marque dès son premier Clasico, c’est qu’on a forcément réussi son effet. Alors, disons-le franchement : Neymar a réussi son effet. Le Brésilien aurait pu passer au travers. Etre tétanisé à l’idée de mesurer l’intensité d’un Barça-Real. Au contraire, il en fut l’un des protagonistes. Au-delà de son but, l’ancien joueur de Santos a régalé le Camp Nou. Par ses grigris (parfois superflus), par sa vitesse et par son activité, incessante. Pendant que Messi jouait en marchant et manquait d’adresse sur sa seule opportunité (21e).
Heureusement pour le Barça, Iniesta a rayonné au milieu, en donnant caviar sur caviar. Et Victor Valdes avait les gants chauds : le gardien catalan a sorti le grand jeu quand il le fallait. Par exemple, devant Khedira (43e) et Ronaldo (58e). CR7, puisqu’on parle de lui, a été trop longtemps hors sujet. Comme tout le Real, il a eu un sursaut en seconde période, quand Carlo a cessé de faire du Mourinho. L’ancien Mancunien est passeur sur le but, tardif, de Jesé. Et Gareth Bale, au fait ? En un mot : inexistant.

LA STAT : 0

Preuve que Ronaldo était vraiment à côté de ses pompes jusqu’à la pause, le Portugais n’a pas décoché la moindre frappe en première période. Cette discrétion est suffisamment rare pour être soulignée. Tellement rare, d’ailleurs, que ça ne lui était jamais arrivé en Liga. Jamais depuis qu’il a débarqué à Madrid, en 2009.

Le tournant qui n’a pas eu lieu

Karim Benzema n’a foulé la pelouse du Camp Nou que depuis une dizaine de minutes. Le Français est aux 20 mètres, plein axe, face au but catalan. Il arme du pied droit. La frappe est tendue comme un i. Elle s’écrase sur la transversale de Victor Valdes. Dommage pour le Real : à cet instant, le Barça n’avait pas encore fait le break. Dommage pour Benzema. En Liga, il est muet depuis deux mois.

Le tweet qui nous a fait sourire

Ronaldo n’est pas seulement resté muet. Il s’est aussi fait enrhumer par Dani Alves…

LA QUESTION : Le Barça est-il déjà champion ?

S’interroger dans ces termes dès le 26 octobre, après seulement dix journées de Liga, ça peut paraître prématuré. Après tout, il reste encore 84 points à distribuer, non ? A priori, le Real a donc largement le temps de combler ses six unités de retard. A priori, car, c’est une constante depuis plusieurs saisons, le roi du Clasico est souvent le futur roi de la Liga. En empochant la première manche, le Barça n’est pas encore assuré de se succéder à lui-même. Mais il a pris une option qui, sans être définitive sur le plan comptable, lui donne un réel ascendant psychologique. Pour dire les choses autrement, samedi, les Blaugrana n’ont pas décroché leur 23e couronne. Ils ont simplement écarté un prétendant. Leur principal concurrent ? Pas sûr. Cette saison, le vrai rival de ce Barça réside toujours à Madrid. Mais il n’est pas vêtu d’une tunique merengue, floquée du symbole de la royauté. Il porte le maillot rouge et blanc de l’Atlético.
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