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Le Barça s'en remet à la présidence Messi
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Publié 26/01/2014 à 00:13 GMT+1
Course au titre en Liga, troisième volet : le Barça, avec son arme fatale Lionel Messi, peut dépasser sur le terrain les tourments de ses coulisses.
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Comment en est-on arrivé là ?
Un sale début de saison. En pleine préparation, le champion en titre doit annoncer que Tito Vilanova, qui vient de rechuter de son cancer aux glandes salivaires, va jeter l'éponge. Le Barça confie son destin à Gerardo "El Tata" Martino, sacré champion d'Argentine avec Newell's Old Boys quelques semaines auparavant. Un compromis et un choix "diplomatique" pour le président Rosell et son directeur sportif Andoni Zubizarreta, qui ne retiennent ni les candidatures de Marcelo Bielsa (jugé trop explosif), ni celle de Luis Enrique, engagé dans un autre projet avec le Celta Vigo.
Martino, un pragmatique, disciple du Barça de Guardiola, réputé bonhomme, amoureux du beau jeu, des barbecues et de la NBA, arrive en pleine préparation. Il insiste sur un point essentiel : la récupération haute du ballon. Une donnée vitale du jeu de Barcelone, équipe offensive, et qui commençait à exploser quand l'adversaire soignait sa sortie de balle. Les défenseurs blaugrana, auxquels on peut associer Sergio Busquets, prenaient l'eau. C'est l'un des points principaux que Martino et son important staff (rappelons que Jordi Roura et "Rubi", adjoints de Vilanova, sont restés au club) ont tenté de travailler, sachant aussi que de nombreux joueurs partis à la Coupe des Confédérations étaient revenus émoussés du Brésil.
Le Barça, premier à mi-parcours (et à la différence de buts), c'est aussi une victoire pour Martino. Les joueurs ont des jambes, de l'envie. Une nette amélioration par rapport à la pathétique image renvoyée la saison dernière en demi-finale de la Ligue des champions contre le Bayern Munich (0-4, 0-3). Un exploit - et je pèse mes mots - car le Barça a dû faire face aux blessures musculaires de son meilleur joueur, Lionel Messi, aux absences de Daniel Alves et Jordi Alba, et aux méformes de Gérard Piqué, Xavi et Andres Iniesta. Comme nous l'indiquions dans un blog précédent, Barcelone s'en est remis à des artifices pour maintenir son leadership en Espagne comme en Europe : les mains de Victor Valdès... et les pieds de Sergio Busquets et Cesc Fabregas. On y ajoute évidemment le trio offensif Neymar-Pedro-Alexis. Les trois attaquants, responsabilisés en l'absence de Messi, ont porté le poids offensif de l'équipe, chacun à leur manière.
Le FC Barcelone, privé de son meilleur joueur, ne s'est pas écroulé, au contraire. Mais ce qui peut marcher en Liga ne peut l'être plus en Ligue des champions, où les adversaires sont bien plus coriaces. Lionel Messi revenu sur les pelouses - et même très bien revenu - le Barça a la légitime ambition de conserver son titre national et de remporter la cinquième C1 de son histoire.
Perspectives
Dans le cas du Barça, il faut scinder ce qu'il se passe sur le terrain et en dehors. Sur la pelouse, les comptes sont bons. L'équipe est première en Liga et est sortie facilement de son groupe en Ligue des champions. Il n'y a pas de raisons de s'inquiéter si l'équipe est physiquement au point, si elle maintient le pressing, l'intensité et s'il n'y a pas de grosses blessures. Je continue de penser qu'il manque un point de fixation devant, un joueur reconnu, rompu aux matches de très haut niveau et qui accepte de jouer occasionnellement quelques minutes. Une sorte de David Trezeguet avec trois ans de moins. "El Tata" a beaucoup regardé sur le marché, mais n'a pas trouvé la perle rare. L'entraîneur argentin va donc faire avec ce qu'il a, tout en relançant quelques joueurs perdus, comme Ibrahim Afellay. Le polyvalent milieu offensif hollandais peut faire du bien, mine de rien. Il connaît le Barça, s'entend avec tout le monde et si Martino sait bien le gérer - comme il l'a fait avec les autres joueurs - ce "renfort" peut avoir son mot à dire d'ici la fin de saison. A condition qu'il reste, bien sûr. Ce sera à Afellay de décider comment il veut tenter d'obtenir son billet pour la Coupe du monde.
Enfin, il faudra trouver une solution pour ces satanés coups de pieds arrêtés. Sur coups francs ou corners, le Barça est vulnérable. De l'équipe type, seuls Valdès, Piqué et Busquets dépassent le 1,80m. Mascherano, une teigne, un joueur impeccable tactiquement, est aussi grand par la taille qu'Andres Iniesta...
L'autre volet, ce sont les "problèmes présidentiels" du Barça. Comment l'équipe va-t-elle réagir ? C'est l'un des points d'interrogation, car l'instabilité, au plus haut niveau, peut tout chambouler. Même les groupes les plus unis. L'an passé, le Barça a tangué au poste d'entraîneur à cause de la maladie de Vilanova. Là, c'est le président. Je pense toutefois que les joueurs sauront se préserver dans un premier temps, à condition que la situation ne dégénère pas. Un groupe professionnel - en tout cas au Barça - n'a pas de contacts quotidiens avec sa direction. Il voit l'entraîneur, son staff, le directeur sportif à la limite. La période actuelle n'est pas non plus sujette aux grands chamboulements, comme lors des marchés d'été, quand le président est en contact permanent avec les agents, les familles et l'entourage des joueurs. Là, non, mis à part quelques cas isolés (Montoya par exemple).
Pour conclure sur les perspectives du Barça version 2013-14, je pense que tout sera lié à un seul nom : Leo Messi. Si la puce atomique est physiquement bien, que ses problèmes de cuisse et ses soucis extérieurs le laissent en paix, alors Barcelone sera tout en haut. En Liga, où j'estime qu'il est le favori "logique" (c'est le champion en titre). En Coupe d'Europe, il faudra battre Manchester City et attendre que les autres cadors s'éliminent entre eux. Cette fois, il n'y aura pas d'humiliation comme l'an dernier face au Bayern. Cela se jouera à un détail comme on dit...
Calendrier
Evidemment, tous les regards sont rivés sur ce week end du 23 mars où le Barça se rendra au Bernabeu pour un "Clasico" qui s'annonce explosif. Avant, les Blaugrana recevront beaucoup ou ne se déplaceront que sur des terrains dits "faciles". Il faudra surveiller les conséquences du double affrontement contre Manchester City qui aura lieu entre temps. Mais ce Clasico fait déjà saliver tout le monde... Surtout que le Barça aura l'avantage de recevoir l'Atletico Madrid lors de la dernière journée de Liga, prévue le week end des 17 et 18 mai. Un argument majeur. Si rien n'est joué d'ici là, bien entendu...
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