Eurosport
Clarté, courtoisie et gestion aux petits oignons : la méthode d'Ancelotti décryptée avant le Clasico
Par
Publié 24/10/2014 à 11:15 GMT+2
Avant le Clasico entre le Real Madrid et le FC Barcelone, François David a étudié les deux techniciens, qui vont s'opposer. Premier volet sur Carlo Ancelotti qui s'illustre par sa gestion du groupe au Real Madrid.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Il ne sera pas sur le terrain. Mais Carlo Ancelotti sera un acteur principal du Clasico et son duel à distance avec l'ambitieux Luis Enrique promet déjà. Nous les avons comparés en relevant trois thèmes, la personnalité, la gestion quotidienne et les relations avec les médias (essentielle vue l'engouement pour le football en Espagne). Deux personnages bien différents.
Personnalité : Ancelotti sait se faire respecter sans élever la voix
"Ancelotti indique de la main droite et caresse de la main gauche". Voilà ce qui ressort de tous les commentaires en Espagne sur la méthode Ancelotti. L'Italien est présenté comme un pompier, en dehors du terrain on l'a vu, mais surtout à l'intérieur de son équipe.
Ancelotti dispose d'un atout précieux : la crédibilité. Trois Ligue des champions quand même... Quand Ancelotti parle, il en impose aux joueurs. Sa voix porte et il n'a pas besoin de la pousser. "Ils m'écoutent car je m'énerve rarement" dit-il. Bien sûr, le privilège de s'appeler Ancelotti est que l'on n'entraîne que les clubs à fort budget, dans lesquels pullulent les pros. Les vrais. Ceux qui restent aux entraînements pour répéter leurs gammes. Au Real Madrid, tous les joueurs travaillent individuellement après les séances, notamment au niveau de la récupération. "C'est le groupe le plus professionnel que j'ai eu dans ma carrière", dit l'Italien.
Carlo dit s'appuyer sur "15 à 17 titulaires" dont fait partie Iker Casillas. La gestion de son cas est un modèle. Clair et net: confiance totale au capitaine du Real jusqu'à la fin de saison. Keylor Navas devra encore attendre un an. "Il n'y a pas de débat sur ce poste, point final": jamais Ancelotti n'était autant monté au front pour Casillas. Pas question de gâcher la carrière du plus grand gardien de l'histoire du club en l'envoyant sur le banc. Si Casillas ne répond pas, alors les cartes seront redistribuées l'an prochain. Mais pas avant. Ancelotti croit à un dernier coup d'éclat de San Iker et assumera sa décision jusqu'au bout.
Gestion : Le hasard n'a pas sa place
La fraicheur physique est le facteur principal lorsque Carlo Ancelotti fait ses équipes. Il a une méthode : après les matches, il donne généralement deux jours dits de "régénération". Si le joueur est en forme au troisième jour, il peut jouer. Sinon, il est remplacé par un autre.
Quotidiennement, des capteurs placés sous les maillots d'entraînement lui donnent les informations nécessaires. Qui court le plus, à quel moment, la vitesse de chacun... Le Real a aussi loué une grue afin d'enregistrer les entraînements sous différents angles. Pouvant se déplacer, monter, descendre et donc offrir un panorama, l'engin est régulièrement utilisé par ses assistants. De quoi faire évoluer l'équipe pour continuer à gagner.
Ancelotti a ainsi donné la possibilité à Cristiano Ronaldo de se réinventer la même année où Lionel Messi est devenu un numéro 10, "moderne". Ronaldo, lui, est désormais un électron libre, qui peut se faire oublier sur un côté (on le voit beaucoup à droite) ou rentrer par le centre. Surtout, le Portugais est complètement déchargé du travail défensif. Sa forme est éclatante, après une année chargée en blessures. Ancelotti l'avait noté.
En associant Ronaldo avec Benzema, Ancelotti a réinventé un système. Les deux se trouvent à merveille et accumulent les stats. Gareth Bale est sans doute le grand sacrifié. Il doit jouer plus reculé. Touché physiquement après avoir accumulé les kilomètres, il ne sera pas là pour le Clasico.
C'est ainsi qu'Ancelotti a su redonner "l'équilibre" au Real Madrid. Si tous doivent aider sur les coups de pieds arrêtés (faiblesse du début de saison), l'Italien a fait accepter à neuf qu'ils devaient travailler pour onze. Dans la foulée, on a vu Isco, un joueur avec du coffre qui va jouer beaucoup cette année. Ou encore, James, qui a enchainé les efforts et les matches de qualité. Seule l'intégration de Khedira fait encore défaut. C'est la seule vraie épine dans le pied du staff technique...
La première cette saison était venue de Varane, pas chaud à l'idée d'être remplaçant une troisième saison. Le Français commençait à sonder d'autres clubs. Ancelotti lui a dit que cette année il partait à armes égales et le titularisa dans la foulée. Quelques jours plus tard, Varane signait une prolongation de contrat jusqu'en 2020.
Médias : Ancelotti les bluffe
Le couple Ancelotti - presse va bien. Merci pour lui. Grâce à un mélange de courtoisie et d'humour, Carlo Ancelotti a su conquérir des médias en manque de franchise. Jouissant d'un immense crédit depuis la Decima, Ancelotti bluffe la presse espagnole par sa capacité à éteindre les incendies. Les défaites du début de saison contre la Real Sociedad et l'Atletico Madrid sont déjà oubliées. En expliquant ses décisions et en les faisant appliquer, Ancelotti a marqué un point indispensable.
Publicité
Publicité