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Après Barça - Real (1-2), l'antisèche : pour Zidane, ça ressemble à un acte fondateur

L'antisèche : pour Zidane, ça ressemble à un acte fondateur

Le 03/04/2016 à 00:32Mis à jour Le 03/04/2016 à 08:51

Le Real Madrid s’est imposé à Barcelone (1-2), samedi. Et Zinédine Zidane a remporté son premier Clasico disputé sur le banc de touche des Merengue. Pour l’entraîneur français, ce triomphe tombe à point nommé. Il va faire taire les sceptiques et lui laisser du temps pour travailler et grandir.

Le jeu : Des coups avant de voir du foot

Longtemps, le Clasico a plus ressemblé à un Classique de L1 qu'à la Guerre des Etoiles habituelle que se livrent Madrilènes et Barcelonais. Au contraire de l'aller où Rafael Benitez avait cédé et aligné un milieu d'artistes, incapable de mettre des bâtons dans les roues des Barcelonais, Zinédine Zidane a musclé son entrejeu, avec Casemiro. Et ça s'est senti.

Le Real a n'a pas hésité à hausser le ton et déplacer le match sur le terrain du combat physique. Le Barça, qui évoluait avec sa meilleure équipe (sur le papier), a clairement manqué d'inspiration et n'a pu œuvrer à sa guise. Les Catalans ont fini par plier devant un Real qui n'était peut-être pas plus fort. Mais en voulait plus et n'a jamais rien lâché.

Les joueurs : La MSN ne répond pas, Ronaldo a le dernier mot

C'est assez rare pour être signalé : la MSN n'a pas pesé. Ou si peu… Lionel Messi, Neymar et Luis Suarez ont bien essayé de combiner. Mais samedi soir, ça n'a jamais souri. Les trois hommes se sont plus souvent cherchés qu'ils ne se sont trouvés. Côté catalan, seul Ivan Rakitic a à peu près tenu son rang. Cristiano Ronaldo a fini par retrouver le sien dans le money time.

Si Gareth Bale, volontaire du début à la fin, et Karim Benzema, qui a beaucoup couru avant d'être récompensé, se sont montrés plus réguliers que le Portugais, celui-ci a eu l'immense mérite de se réveiller en fin de match et d'offrir un succès majeur au Real. Expulsé, Sergio Ramos ne gardera pas un souvenir impérissable de cette soirée. Il a toujours été en retard. Sauf pour rentrer aux vestiaires.

Cristiano Ronaldo (Real Madrid) trompe Claudio Bravo Et Gerard Piqué (Barcelone) et inscrit le but de la victoire lors du Clasico, samedi 2 avril 2016

Cristiano Ronaldo (Real Madrid) trompe Claudio Bravo Et Gerard Piqué (Barcelone) et inscrit le but de la victoire lors du Clasico, samedi 2 avril 2016Panoramic

Ce qui aurait pu tout changer : Et si Ramos avait quitté ses partenaires plus tôt ?

L'arbitre du match, M. Hernandez Hernandez, a eu du mal à entrer dans son Clasico et a longtemps donné l'impression de ne pas contrôler les débats. Ce fut notamment le cas en première période lorsqu'il a oublié de siffler une faute des plus évidentes sur Lionel Messi, sur un tacle illicite de Sergio Ramos. Si la faute semblait légèrement en dehors de la surface de réparation, elle aurait pu très franchement coûter au défenseur un deuxième carton jaune. Le Real se serait retrouvé à dix au bout de 24 minutes et la soirée aurait été très longue pour les Madrilènes restés sur le pré. Finalement, Ramos a bien été expulsé, mais il a eu la bonne idée de tenir jusqu'à la 83e minute.

La stat : 39

Le FC Barcelone a fini par chuter après… 39 matches sans défaite toutes compétitions confondues. Si bien que le club catalan ne bat pas le record de la Juventus Turin de 2011/2012 (43 rencontres) et reste même au troisième rang, derrière Nottingham Forest (40 matches).

Le tweet qui ravit Madrid et les demoiselles

La décla : Zinédine Zidane

" Je suis vraiment fier de tous mes joueurs, de ceux qui ont joué et de ceux qui jouent moins. Tous ceux qui ont fait que ce match puisse exister."

La question : Zinédine Zidane a-t-il fait taire les sceptiques ?

Le Real revient à Madrid heureux. Et Zinédine Zidane repart de Barcelone grandi. Voilà, en substance, ce que l'on peut retenir de cette soirée. ZZ, qui avait déjà passé quelques belles nuits du côté du Camp Nou quand il gambadait encore sur les prés, a pris du galon ce 2 avril 2016 parce qu'on lui promettait le pire face à la machine barcelonaise. Ses joueurs le lui ont évité en réalisant une fin de match de feu. A des années-lumière de l'humiliation de Santiago-Bernabeu au match aller (0-4).

Depuis sa nomination à la tête du Real Madrid, Zinédine Zidane n'a pas révolutionné la Maison Blanche. Mais, à la différence de son prédécesseur, il a fait en sorte que ses joueurs adhérent à son discours et, dans une situation malaisée comme celle rencontrée par le Real après l'ouverture du score de Piqué, ne baissent pas les bras. La victoire du Real au Camp Nou, c'est d'abord celle-là. Celle d'une équipe qui s'est accrochée et a mis ses tripes sur le terrain. Pour son entraîneur.

Madrid ne sera pas champion d'Espagne. Mais Zidane doit capitaliser sur cette victoire pour construire les triomphes de demain. Le chemin est encore long mais le Ballon d'Or 1998 a mis un petit coup d'accélérateur. A lui de transformer cette soirée en acte fondateur.

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