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Eric Abidal, la dernière carte du Barça pour sortir du marasme

Abidal, la dernière carte du Barça

Le 20/06/2018 à 17:34Mis à jour Le 21/06/2018 à 09:18

Après Zidane sur le banc du Real Madrid, un autre Français va occuper un poste stratégique dans un grand club européen. A 38 ans, Eric Abidal est devenu mardi l'homme qui doit incarner le renouveau d'un Barça touché, et qui fait davantage l'actualité dans les journaux que sur le terrain depuis plus d'un an.

En s´octroyant les services d'Eric Abidal, Josep Maria Bartomeu, président affaibli par le départ de Neymar, la fuite des talents de la Masia, la troisième élimination de suite en quarts de finale de la Ligue des champions et la volte-face d'Antoine Griezmann, joue sa dernière carte. Et probablement sa tête au FC Barcelone.

La mission d'Abidal, officiellement, tient en trois points : Faire le lien avec l'équipe première. Apporter sa connaissance du marché européen et son prestige à l'heure de signer des joueurs. Et enfin, viser un contrôle total du marché français, "celui qui alimente le plus les grands clubs européens", selon le board catalan. Je vais en rajouter une quatrième, indispensable, et qui évidemment n´a pas été citée : être la figure emblématique et visible d´une direction transparente, moquée, et qui ne parle à personne.

Retrouver une vraie tête de gondole

Mardi, à la Ciutat Deportiva du Barça, ce fut particulièrement criant : que des têtes d´enterrement à l´heure de présenter Abidal ! Jordi Roura (vous vous souvenez de lui ?), Guillermo Amor, Ramon Planes, Jordi Mestre, Pep Segura, censés être la fine fleur mondiale en matière de politique sportive (on parle quand même du Barça…), n'ont pas décroché un seul sourire durant la grosse heure de présentation officielle. Pas un ! Seul Abidal s'est employé à mettre un peu de vie dans ce capharnaüm. Quelle tristesse….

Si ce sont ces personnes qui étaient chargés de convaincre Neymar de rester l'an dernier, je ne suis pas étonné qu'il soit parti. Abidal, qui succède à un autre homme transparent et peu représentatif de l'immense histoire du FC Barcelone, Robert Fernandez, a quelques semaines seulement pour incarner sa nouvelle fonction, et mettre au placard ceux qui ont failli. A voir la relation qu'aura le vice-champion du monde avec Pep Segura, manager général du Barça, dans le viseur des socios depuis plusieurs semaines pour être l'homme "qui veut mettre fin au style barcelonais". Segura, qui ressemble plus à un professeur de maths des années 80 qu'à un spécialiste du foot mondial, va souffrir du charisme de son nouvel employé. On verra comment il le vit… Mais analysons briévement les trois fonctions premières d'Abi.

Robert Fernández

Robert FernándezEurosport

1. Faire le lien avec l'équipe première

Peut-être le plus urgent. Les rapports actuels entre l'effectif et la direction sont proches du néant. Personne ne se parle. Et le depart d'Iniesta enlève l'un des rares joueurs qui voulait encore dialoguer. Abidal, qui a connu l'âge d'or du Barça de Guardiola, qui a vaincu deux cancers avant de redevenir international (avec Monaco), qui a soulevé la Ligue des champions 2011, qui est ami avec Piqué, Busquets et Messi, était le seul disponible.

Puyol ? Il avait démissionné le jour où Bartomeu avait viré Andoni Zubizarreta. Il ne veut plus de fonctions dans ce Barça-là. De toutes façons, il adore sa nouvelle vie de "super agent", où en plus de signer de gros contrats, il pose en photos lors des fêtes et des lancements de grandes marques. Xavi ? Il s´ennuie au Qatar, mais ne se sent pas encore prêt à aller sur le banc du Barça, son rêve ultime.

Abidal va renouer le contact avec le vestiaire, un point qu'il a martelé lors de sa présentation. Qui était légitime pour remettre en place Messi ou Piqué dans l'ancienne direction ? Personne. Qui pouvait dire à Piqué de se calmer, quand le central du Barça a ramené un richissime sponsor (Rakuten) et qu'il a servi plusieurs fois de porte-parole officieux pour défendre les intérêts barcelonais ? Personne. Les “menaces” de Jordi Mestre, vice-président courroucé par les tweets de Piqué et d'Umtiti à la suite du documentaire sur Griezmann ("Nous avons été surpris et nous parlerons avec Piqué et Umtiti") ont dû faire trembler de peur - ou pleurer de rire - les deux intéressés… Abidal doit remettre de l´ordre là-dedans. C´est même sa priorité absolue, selon moi.

Piqué

PiquéEurosport

2. Apporter sa connaissance du football mondial et son prestige pour signer des joueurs

Dans la même lignée que l'argumentaire précédent. Pour convaincre une star de signer (ou de rester), mieux vaut avoir Abidal en face que Robert Fernandez et Pep Segura. C'est une évidence. Abidal a visité plusieurs clubs, dont Manchester City, pour valider son diplôme de directeur sportif de l'UEFA. Son gros défi est de s'asseoir désormais avec les agents pour faire face aux desiderata des joueurs. Quelque chose qu'il n´a jamais fait.

3. Contrôler le marché français

Mbappé, Dembélé, Lacazette, Tolisso, Kanté, Pavard… sans oublier les autres. La France est aujourd'hui une marque reconnue mondialement. Et Abidal doit surveiller la progression des jeunes talents de l'hexagone avant que les prix ne s'envolent. En Ligue 1, Abi a un réseau long comme le bras. A Lyon, par exemple, où Ferland Mendy et Houssem Aouar sont observés de près. A Marseille aussi (Maxime Lopez), ou Monaco, bien entendu. La mission la plus simple pour lui, a priori.

Je pense que cette dernière carte de Bartomeu est la bonne. De toute manière, il n´en avait aucune autre.

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