Gareth Bale, dans l'ombre du Real

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LIGA - Arrivé en grande pompe à l'été 2013, Gareth Bale boucle sa cinquième saison au Real Madrid. Un exercice une nouvelle fois compliqué après l'édition 2016-2017, où le Gallois constate un peu plus l'émergence des talents locaux. De quoi le mettre dans une position délicate avant d'entamer le sprint final…

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Crédit: Eurosport

Il y a des joueurs qui ne laissent pas la place au doute dans les moments forts. Face au Paris Saint-Germain en huitième de finale de C1, Cristiano Ronaldo s'est amusé : trois buts en deux rencontres, avec deux réalisations capitales à Madrid et une tête piquée assassine au Parc des Princes. Voilà ce que l'on peut appeler un élément clé. Pendant ce temps où CR7 règle le compte du PSG, Gareth Bale compte ses minutes passées sur le pré lors des deux oppositions. Assis sur le banc à chaque début de partie, Bale cumule en tout et pour tout… trente-six minutes pour cette double confrontation en haut de l'affiche. Le signe d'un clap de fin ? En tout cas, cela y ressemble beaucoup.

Zidane : "Nous voulons qu'il retrouve son meilleur niveau"

Pour se pencher sur les raisons de cette mise à l'écart, il faut d'abord y voir un côté sportif : la saison dernière, l'émergence progressive des deux flèches espagnoles Marco Asensio et Lucas Vázquez sont apparues pour créer une forte concurrence au poste d'ailier gauche, puis de milieu gauche lorsque Zinédine Zidane souhaitait basculer dans un schéma tactique en 4-4-2. Ajoutez à cela une dose appelée Isco, véritable chouchou du double Z, et vous comprenez que Gareth Bale se retrouve dans un diabolique manège à quatre. En attaque, le Gallois est parfois testé en pointe, associé à Benzema ou CR7. Mais la mayonnaise ne prend pas aussi bien que lorsque la Benz et le quintuple Ballon d'or fonctionnent en duo.
Dès lors, Bale apparaît comme un joker de luxe qui, faut-il le rappeler, était acheté 100,7 millions d'euros à Tottenham en 2013, devenant ainsi le transfert le plus cher de l'histoire du football. Et aujourd'hui ? L'ancien Lillywhite se mue en une alternative supplémentaire à l'effectif de Zidane. Lors de la victoire des Blancos sur le terrain de Leganés (1-3), le coach madrilène était catégorique sur la situation de Bale : "Je suis satisfait de Gareth mais il faut y aller petit à petit avec lui, nous voulons qu'il retrouve son meilleur niveau. On va voir lors des prochains matches comment nous allons le gérer." Le hic, c'est que les statistiques sur le court terme sont parfois traîtresses.

La BBC, c'était la règle

C'est vrai, Gareth Bale a été victime de deux blessures successives à un mollet et à l'adducteur cette saison, et le temps doit faire de l'effet sur sa progression. Après cette brève apparition de quatorze minutes donc, Bale vient d'enchaîner quatre titularisations en Liga, pour un ratio de deux buts et une passe décisive. Très bien. Mais au moment d'aligner son meilleur onze face à Paris, Zidane s'est décidé à replacer Bale sur le banc. Anecdotique ? Peut-être. Toujours est-il qu'en cinq saisons sous le maillot du Real, le Britannique tousse, avec onze buts et sept passes décisives en vingt-huit rencontres. Mieux que la saison passée où il avait accumulé les convalescences, mais moins bien que les trois précédentes où il constituait l'un des trois piliers de la BBC dans un monopole offensif indiscutable.
244. Ce nombre est, en jours, le temps passé pour le Real Madrid sans la possibilité d'aligner cette Triforce au sein de la Maison blanche. La fin de cette disette s'est terminée le 23 décembre dernier, pour le compte du Clásico entre Merengues et Blaugranas au Santiago-Bernabéu, bouclé sur une très nette victoire des Barcelonais (0-3). Un couac de plus dans l'optique de renouveler l'association des trois stars dans un choc de haute volée. Qu'en sera-t-il au moment d'affronter le futur adversaire du Real en quart de finale de C1 ? Ou, à l'échelle plus nationale, lors du derby de Madrid prévu le 8 avril prochain ? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c'est qu'ensemble sur le terrain, Cristiano Ronaldo, Karim Benzema et Gareth Bale représentent le glorieux passé du Real, sans en assurer une rentabilité présente.

Kane, l'heure de la succession ?

De fait, les discussions autour du sujet Bale agitent aussi bien la presse locale madrilène que les gazettes de toute l'Europe. En Angleterre, l'idée du voir revenir l'ancien prince du royaume fait chavirer plusieurs cœurs. Celui de Manchester United pour commencer, car les Red Devils souhaiteraient s'offrir le digne héritier de Ryan Giggs pour oublier la nostalgie de leurs années phares et recruter un crack prêt à faire de nouveau rêver Old Trafford.
Mais les Mancuniens ne sont pas seuls sur l'affaire. En fin d'année 2017, Mauricio Pochettino expliquait que Bale "maintient des contacts avec toutes les personnes d'ici qui avaient travaillé avec lui par le passé". Suffisant pour imaginer un deal dans lequel Tottenham récupérerait Bale à un prix raisonnable, et laisserait partir le phénomène Harry Kane pour succéder à l'ambassadeur du Royaume-Uni depuis Madrid. Et puis, d'un autre côté, Bale n'a toujours pas remporté la Premier League, ni la coupe d'Angleterre. À 28 ans, il n'est pas encore trop tard…
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