Clément Lenglet (FC Séville) : "On me connait un peu plus depuis que je suis en Espagne"

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LIGA - Son transfert de Nancy au FC Séville en janvier dernier lui a permis de franchir un cap sportivement, mais aussi d’acquérir une certaine notoriété. A 22 ans, le défenseur Clément Lenglet, qui s’est rapidement adapté à la vie andalouse et à son nouveau club, savoure.

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Samedi, vous allez affronter le Real Madrid à Santiago-Bernabeu. Un adversaire qui vous rappelle forcément quelque chose…
C.L. : Oui. C’est contre le Real que j’ai disputé mon premier match. C’était en Coupe du Roi, et à cette époque, les Madrilènes étaient invincibles. Nous avions longtemps cru en une victoire, mais alors que nous menions 3-2, Karim Benzema avait égalisé en toute fin de match, et le Real n’avait pas perdu (3-3).
Avez-vous l’impression que votre transfert vous a permis d’être davantage connu en France que vous ne l’étiez lorsque vous jouiez à Nancy ?
C.L. : C’est possible. Le FC Séville fait partie des cinq ou six meilleurs clubs espagnols. Il dispute la Ligue des Champions, il a remporté plusieurs fois la Ligue Europa, et depuis plusieurs années, beaucoup de joueurs français y jouent ou y ont joué. En France, un club comme Nancy n’est pas très médiatisé. On en parle s’il fait un exploit, où s’il y a des problèmes. C’est un peu dommage, mais c’est comme ça. On parle surtout du Paris-SG, de Marseille, de Monaco, de Lyon. Ce serait bien qu’il y ait un peu plus d’égalité dans le traitement de l’information…
C’est totalement différent en Espagne…
C.L. : Cela n’a rien à voir ! A Séville, il y a un journal qui est presque exclusivement consacré au FC Séville et au Bétis. Et dans les journaux sportifs, tous les jours, il y a des articles sur tous les clubs de Liga. C’est une autre culture, une autre mentalité. Personnellement, je pense effectivement qu’on me connaît un peu plus depuis que je suis en Espagne. Le fait de jouer des matches de Ligue des Champions, d’affronter le Real ou le FC Barcelone, ça aide. Mais je reste quelqu’un de discret, malgré tout. Je donne peut-être un peu plus d’interviews à la presse française depuis que je suis ici.
Cela fait presque un an que vous avez choisi l’exil. Lequel aurait pu intervenir plus tôt, puis les sévillans, il y a quelques années, mais aussi la Juventus Turin, souhaitaient déjà vous recruter…
C.L. : C’est vrai. Séville me suivait déjà en 2012. J’avais 17 ans. Mes parents avaient visité les installations du club, et la ville. Mais à l’époque, Nancy n’avait pas souhaité que je parte. Et deux ans plus tard, j’avais eu une proposition de la Juventus. Je m’étais rendu en Italie mais il était préférable de ne pas partir. A cette époque, la défense turinoise était la meilleure d’Europe, et je savais très bien qu’il serait très difficile de s’y imposer. Je n’avais que six mois de Ligue 2 avec Nancy derrière moi. Je préférais donc continuer à avoir du temps de jeu avec mon club formateur plutôt que de partir jeune à l’étranger.
L’année dernière, vous avez franchi le cap. Passer de Nancy au FC Séville, cela ne semble pas évident sur le papier. Vous souvenez-vous avoir ressenti une pointe d’appréhension ?
C.L. : Cela constitue forcément un changement. Un nouveau pays, une nouvelle langue, même si j’avais quelques bases en espagnol, de nouvelles habitudes, un nouveau championnat… Mais j’ai été vite rassuré. Quand je suis arrivé, il y avait quelques joueurs français : Samir Nasri, Adil Rami, Wissam Ben Yedder, Steven N’Zonzi. Et comme je parlais un petit peu espagnol, je suis allé dire quelques mots vers les Ibériques. Je me souviens aussi que certains joueurs espagnols avaient fait l’effort de me parler en français. J’ai été très bien accueilli. Et j’ai vite compris que pour un étranger qui arrive dans un nouveau vestiaire, c’est important de faire la démarche d’aller vers les autres. Cela facilite l’intégration. Il faut savoir se faire accepter, se faire respecter aussi.
A votre arrivée au club, l’entraîneur s’appelait Jorge Sampaoli. Est-il aussi volcanique au quotidien qu’il ne l’est les jours de match ?
C.L. : Oui, je vous le confirme ! Il est survolté ! C’est un vrai passionné. Je l’ai vu tout de suite, lors des premiers entraînements. C’est un coach qui ne tient pas en place, il bouge beaucoup, parle beaucoup. Il ne met pas mal de pression aux joueurs, c’est intéressant de travailler avec lui. Il était venu me parler à mon arrivée, pour me dire ce qu’il attendait de moi. Eduardo Berizzo, qui lui a succédé, est plus calme. Comme Sampaoli, il est proche des joueurs, mais il va davantage s’intéresser à des aspects de votre vie quotidienne, si vous êtes bien installé, si la vie à Séville vous plaît, si votre copine va bien. Sampaoli était davantage axé sur le jeu. Il était capable de débriefer une séance d’entraînement en individuel pendant une demi-heure.
Le championnat espagnol est réputé pour ses penchants offensifs. Pour le défenseur que vous êtes, l’adaptation tactique a-t-elle été compliquée ?
C.L. : Il faut bien sûr une petite période d’adaptation. En Espagne, le football est offensif, comme vous l’avez dit. On demande aux défenseurs d’attaquer, mais aussi de couvrir des zones de 30-40 mètres, de prendre des risques. Et c’est justement ce qui m’attirait. Défendre, mais aussi participer au jeu, être confronté aux un contre un, travailler la relance. Avec Sampaoli, on devait exercer un pressing tout terrain.
Vos performances andalouses auraient attiré l’attention du FC Barcelone…
C.L. : (Rires) J’ai lu un article à ce propos… Il faut en parler à celui qui l’a écrit...
Vous faites un petit peu de langue de bois là…
C.L. : Parfois, il le faut… Je suis sous contrat avec le FC Séville jusqu’en 2021. Je suis très bien ici. La vie sévillane me plaît beaucoup. Je joue dans un très bon club, ambitieux, la ville est superbe… Je maîtrise mieux l’espagnol, il y a une vraie qualité de vie ici. Il faut juste comprendre que les restaurants n’ouvrent que vers 22 heures (rires).
L’équipe de France est-elle un objectif ?
C.L. : Comme n’importe quel joueur professionnel, on a envie de jouer pour son pays… Mais en ce qui me concerne, il faut quand même rappeler qu'il y a une grosse concurrence à mon poste…Je vais donc d’abord penser à mes performances avec mon club. Chaque chose en son temps…
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