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Barça, fuite en avant et crise de nerfs

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Lionel Messi lors de FC Séville - FC Barcelone en Liga le 19 juin 2020

Crédit: Getty Images

ParMartin Mosnier
29/06/2020 à 22:19 | Mis à jour 30/06/2020 à 18:18
@MM_eurosportfr

LIGA – Alors que le vestiaire a lâché un coach qui n'a jamais fait autorité, le Barça n'est plus que l'ombre de lui-même. La Liga lui échappe, Quique Setien, six mois après son arrivée, n'a jamais été aussi proche de la sortie, chaque match est une insulte à l'héritage blaugrana et la bande à Messi fait sa loi. Oui, le Barça va mal.

Diego Simeone et l'Atlético Madrid. Deux entités qui se mêlent, qui se nourrissent l'une et l'autre depuis des années. Les joueurs passent, les résultats fluctuent mais l'autorité de Diego Simeone, elle, ne varie pas. Aujourd'hui, l'Atlético, c'est Diego Simeone. Il incarne, fixe le cap et la politique sportive. Il est la référence. Tout ce qui manque en somme au Barça depuis le départ de Pep Guardiola, à l'exception du mandat de Luis Enrique, le seul qui fut couronné de succès européen depuis 2012. Au Barça, les entraîneurs passaient et ne laissaient plus d'héritage. Voilà qui était déjà embêtant. Désormais, leur autorité est sapée par un vestiaire qui n'en fait qu'à sa tête. Voilà qui est bien pire.

Quique Setien est arrivé aux manettes avec un CV aussi maigre que la feuille statistique d'Antoine Griezmann depuis le déconfinement. Une carrière de joueur honorable, une carrière d'entraîneur respectable. Mais Setien n'a jamais rien gagné si ce n'est une Supercoupe d'Espagne. Pour faire autorité face à un parterre de stars en général, et dans le vestiaire du Barça en particulier, il faut en imposer. Or il est arrivé avec le sourire béat de celui qui ne s'attendait pas à ce que cela lui tombe dessus.

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Quique Setien

Crédit: Getty Images

Setien : "J'ai seulement cette philosophie de jeu"

"Je n'aurais pas pu l'imaginer même dans mes plus beaux rêves", lança-t-il lors de son intronisation. A l'heure où le Barça avait besoin d'un homme à poigne capable de reprendre la main sur un vestiaire tout-puissant face au laxisme d'Ernesto Valverde, Setien ressemblait à une erreur de casting. "J'ai seulement cette philosophie de jeu", argumentait Setien, fan auto-proclamé de Cruyff, lors de sa présentation. Mais sans effectif capable de la mettre en pratique, et avec l'ombre géante et encombrante de Xavi, l'avenir de l'ex-coach du Betis Séville a très vite semblé scellé.

Et il a fallu attendre à peine six mois pour constater les dégâts. Sur le terrain, tout d'abord où le Barça enchaine les bouillies très loin de ses standards. Les joueurs ont déjà sapé son autorité. A l'image de Lionel Messi qui a tourné le dos à deux reprises à son adjoint, Eder Sarabia, lors du match face au Celta Vigo, l'ignorant de façon grotesque. A l'image de Luis Suarez aussi, qui a clairement fait porter la responsabilité des mauvais résultats au staff : "Mais que se passe-t-il lors de matchs à l'extérieur ? Ce sont les entraîneurs qui doivent y répondre." Marca annonce de son côté que le vestiaire échappe désormais totalement à Setien. Les joueurs lui reprochent notamment des séances qui manquent de rythme. Un comble lorsqu'on sait que l'intensité n'a jamais été la meilleure amie de Leo Messi à l'entrainement.

Barcelone - Setién se veut rassurant sur ses relations avec le vestiaire

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En mirroir, le Real d'un Zidane incontestable

Certains médias en Espagne parlent déjà d'un licenciement en fin de saison pour Setien. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Si le vestiaire veut sa peau, ses heures sont comptées. Et ce ne sont a priori ni les résultats ni le jeu proposé qui lui serviront de bouée de sauvetage. Si Valverde est resté si longtemps à la tête du Barça malgré, notamment, les deux terribles humiliations en Ligue des champions face à l'AS Rome (2018) et Liverpool (2019), c'est avant tout parce qu'il avait le vestiaire dans la poche.

Voilà donc le Barça dans une impasse, pris en tenaille par la République des joueurs avec à sa tête un entraîneur qui n'a jamais fait autorité. Tout cela ne serait pas si inquiétant si le mal ne rongeait pas l'institution catalane depuis plusieurs années déjà. Les succès en Liga, et les exploits de Messi, masquaient les erreurs de la direction et permettaient de mieux digérer les succès du rival madrilène, emmené par un Zidane incontestable, lui, en Europe.

Problème, le Real risque bien de s'inviter sur le trône d'Espagne en cette fin de saison. Il ne suffit plus au Barça d'être l'équipe de Messi pour gagner des trophées. Il lui faut se réinventer, trouver une direction et un homme capable de l'incarner. "Je voudrais revenir au bon moment", déclare ce lundi Xavi dans les colonnes de Sport. Il semblerait que le temps soit venu…

Xavi Hernandez

Crédit: Getty Images

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