Alors buzz marketing ou vraie star en devenir ? Avec les petits prodiges, c'est toujours tentant de s'emballer. Le moindre de leur geste technique est scruté. Et les spéculations sont légion. Alors que le quotidien As annonce que le PSG insiste pour le recruter, Takefusa Kubo ne déroge pas à la règle. En Asie, c'est même devenu une référence en la matière. Très vite mis en lumière par son passage à la Masia – la pépinière du Barça –, le Japonais est une petite star sur les réseaux sociaux et sur Youtube. Mais à 19 ans, il reste des doutes à lever pour savoir s'il peut être un peu plus qu'un simple buzz.

Ses premiers pas dans le monde pro ne sont cependant pas de tout repos. Après son séjour en Catalogne stoppé par la Fifa qui a sanctionné le Barça pour infractions aux règles sur les transferts de mineurs, le milieu offensif vit depuis des années sous la chaleur des projecteurs. Au Japon où il était retourné avant de signer au Real Madrid en juin 2019, Kubo passionne. Il même adulé. Plus jeune buteur de l'histoire de la J-League (1ère division japonaise), il est présenté comme le digne successeur de Keisuke Honda et Hidetoshi Nakata. Certains l'imaginent même encore meilleur. Et en raison de son gabarit, du toucher si subtil de son pied gauche et de sa conduite de balle soyeuse, ils ne cessent de le comparer à Lionel Messi, rien que cela.

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Au Japon, la Liga en profite grandement

Forcément, l'attention est énorme. A tel point que la Liga s'en frotte les mains. Début juin, Iván Codina, le responsable du championnat espagnol en Asie, annonçait que huit des dix matches les plus regardés cette saison au Japon étaient des rencontres de Majorque, où le Real Madrid a prêté sa pépite nippone. D'après Codina, la Liga avait même dépassé la Premier League dans l'Empire du soleil levant. De quoi vous donner une idée de l'impact et de l'enjeu économique que représente le jeune milieu d'1.73 m. Mais une question s'impose : justifie-t-il toutes ces attentes pour ses qualités sur les terrains ?

Dribbleur né, Kubo, qui compte déjà sept sélections avec le Japon après avoir joué la Copa América l'été dernier, possède des qualités indéniables. A Majorque, il s'est d'ailleurs imposé comme un titulaire. Et un joueur clef de l'animation offensive de l'équipe des Baléares. Avec son centre de gravité très bas et son toucher de balle d'exception, il démontre une aptitude rare à faire des différences. Ce n'est pas pour rien qu'il est très recherché par ses coéquipiers pour essayer de mettre le désordre dans les défenses adverses.

Son pied gauche est un don de Dieu

Cependant, il y a un petit bémol. Et non des moindres. Aligné sur les côtés sur le front de l'attaque, il n'est pas encore à la hauteur de ses prestations remarquées pendant la pré-saison avec le Real Madrid, même s'il a haussé le ton depuis la reprise et a été le joueur le plus en vue de son équipe lors des dernières sorties. Notamment pour une question d'efficacité. Encore trop imprécis dans le dernier geste et comme en témoignent ses statistiques (3 buts et 3 passes décisives en 27 matches de Liga cette saison), il n'arrive pas à peser vraiment dans les résultats du promu, qui pointe à la 18e place de la Liga et vient d'enchaîner deux défaites et un nul.

A 19 ans, ce n'est pas illogique. Mais cela interroge sur le long terme. Il reste un flou sur son aptitude à passer ce cap pour celui qui est décrit comme le "Messi japonais". Cependant si on écoute ceux qui le suivent au quotidien, il semble bien avoir toutes les armes pour y parvenir "C'est un jeune joueur et un bon footballeur. Il a encore beaucoup à apprendre. Mais il est déjà meilleur qu'à son arrivée, notait Dani Pendín, adjoint à Majorque dans le quotidien As début juin. Il est très intelligent. Il n'a que 19 ans mais il pense comme un joueur de 30 ans". "Il écoute beaucoup et est toujours attentif à vos remarques", ajoute Vicente Moreno, son entraîneur à Marjoque sur Estudio Estadio avant de s'emballer : "Son pied gauche est un don de Dieu, avec cette qualité qu'il possède pour jouer et contrôler".

A les entendre et alors qu'il découvre seulement cette saison l'exigence d'un championnat européen, on semble loin d'un simple produit marketing. Techniquement et humainement, Kubo semble avoir les qualités pour aller plus haut. Mais il va devoir franchir encore quelques paliers. Le Real Madrid observe en tout cas cela avec attention. "C'est une bonne saison. Il joue régulièrement et c'est ce que l'on recherchait. Qu'il continue ainsi, et nous verrons ce qui se passe l'année prochaine", a glissé Zinedine Zidane mardi. Si le PSG est revenu à la charge pour connaître la position du Real selon As, la Maison Blanche ne souhaiterait pas se séparer de son Japonais si prometteur, dont la clause libératoire est de 250 millions d'euros. Le club madrilène compterait cependant encore le prêter cet été (Real Sociedad et le Betis Séville sont sur les rangs selon la Razon). Histoire de le laisser poursuivre tranquillement sa progression vers les sommets que tout le monde lui prédit.

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