Finir fort, il sait faire. Il y a 16 ans, à un jour près, Zinedine Zidane en avait donné la plus éclatante des preuves. Il était encore joueur. Il faisait toujours le bonheur de l'équipe de France. Et il avait crucifié l'Angleterre de son pied droit magique dans les dernières minutes d'un thriller inoubliable à l'Euro 2004 (2-1). Un coup franc chirurgical et un penalty plein de vista pour mettre les Three Lions à terre. Zizou n'est plus joueur. Mais l'entraîneur sait lui aussi comment faire la différence dans le "money-time". Seize ans plus tard, c'est justement le moment idéal pour le rappeler.

Onze matches, c'est la dernière ligne droite qu'il lui reste à parcourir pour tenter de décrocher un deuxième titre de champion d'Espagne en tant qu'entraîneur. Le Real avait l'occasion de l'aborder en meilleure position après avoir remporté le Clasico du 1er mars dernier face au Barça (2-0). Mais sa défaite sur le terrain du Betis Séville (2-1) une semaine plus tard avait permis au club catalan de reprendre la tête de la Liga. Sur la ligne de ce nouveau départ du championnat, Barcelone avait deux longueurs d'avance sur le Real. Avec Zidane, mais pas seulement, la Maison Blanche a des raisons de croire en sa capacité à refaire son retard pour aller chercher son 34e titre de champion d'Espagne.

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Onze victoires d'affilée ? Zidane l'a déjà fait

Les chiffres parlent pour l'entraîneur du Real Madrid. Avec lui, le club merengue a pris l'habitude de terminer la saison en boulet de canon. C'était déjà le cas lors de sa première saison sur le banc de l'équipe première en 2015-16. Après avoir succédé à Rafael Benitez en cours d'exercice, il avait enchaîné 12 succès d'affilée entre la 27e journée et la 38e journée, dont une pour son premier Clasico au Camp Nou (1-2). Cela n'avait pas suffi pour permettre à la Maison Blanche de coiffer son rival blaugrana. Mais, alors que le titre semblait gagné depuis longtemps, le Barça ne l'avait finalement obtenu que pour un tout petit point d'avance sur le Real.

Depuis, sans avoir réédité une telle série, le Real a confirmé son aptitude à réussir ses fins de saison en Liga sous la direction du technicien français. En 2016-17, il avait remporté 12 de ses 14 derniers matches, concédant seulement un nul face à l'Atlético (1-1) et une défaite face au Barça (2-3). Un finish de folie qui avait permis à Zidane de remporter sa seule et unique Liga en tant que coach jusqu'ici. Même moins impressionnante, la dernière ligne droite du Real en 2017-18 n'en était pas moins remarquable avec 7 victoires, 4 nuls et 1 défaite sur ses 12 derniers matches. L'exercice 2018-19 est l'exception qui confirme la règle (5 victoires, 2 nuls et 4 défaites). Mais Zidane venait tout juste de succéder à Solari pour les onze dernières journées et le Real était déjà tourné vers l'avenir.

La concurrence, il sait s'en servir

Non seulement Zidane sait gérer une fin de saison, mais il semble particulièrement bien armé pour le faire. La pause imposée par la pandémie du coronavirus Covid-19 lui a notamment permis d'enregistrer le retour de deux renforts de poids en attaque. Eden Hazard et Marco Asensio, qui devaient initialement manquer cette dernière ligne droite du championnat, sont maintenant opérationnels et renforcent considérablement un secteur offensif désormais surpeuplé puisque Karim Benzema, Vinicius Jr., Gareth Bale, Rodrygo, James, Lucas Vazquez et Mariano sont également disponibles.

Le Français peut d'ailleurs s'appuyer sur un groupe quasiment complet. Seuls Luka Jovic et Nacho Fernandez manqueront à l'appel pour la reprise dimanche face à Eibar. Avec Zizou, abondance de biens ne nuit pas. C'est tout le contraire. L'entraîneur madrilène a prouvé sa capacité à jouer sur le ressort de la concurrence pour tirer la quintessence de son effectif et le meilleur de chacun de ses éléments. Pas forcément en défense, où ses options sont plus rares, mais c'est justement le secteur où il s'appuie le plus souvent sur les mêmes joueurs. Mais au milieu et en attaque, Zidane n'aura que l'embarras du choix. Un luxe dont il sait particulièrement bien se servir.

Benzema, l'allié idéal pour un grand final ?

Il faut bien reconnaître que le Real Madrid dépend beaucoup de Karim Benzema depuis le départ de Cristiano Ronaldo à la Juventus en 2018. Le Français est devenu le référent de l'attaque madrilène et il aura un rôle particulièrement important à jouer dans ce sprint final. Il a déjà prouvé lui aussi sa capacité à peser dans le money-time. Même si ce n'est pas systématique. La saison passée, c'était le cas avec 8 buts inscrits dans les 11 dernières journées, malgré deux matches manqués sur blessure. La saison précédente en revanche, KB9 avait quasiment été absent des débats avec une petite réalisation sur une période similaire.

L'ensemble de sa longue carrière au Real indique qu'il a tout du facteur X dans cette dernière ligne droite. Il a inscrit 42 de ces 162 buts en Liga sur les onze dernières journées de sa saison, soit plus d'un quart de ses réalisations dans le championnat espagnol. Zidane est conscient de l'impact déterminant de son compatriote sur le destin de la Maison Blanche cette saison. L'entraîneur madrilène a toujours pris un soin particulier à mettre Benzema dans les meilleures conditions pour qu'il puisse exprimer au mieux ses qualités. Cet enjeu devient capital. Car si son Real doit finir fort, cela passera par le niveau de performance de son attaquant français. Et Zidane le sait.

Karim Benzema et Zinedine Zidane

Crédit: Getty Images

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