Getty Images

Real - Barça : silence, ça coule !

Real - Barça : silence, ça coule !

Le 29/02/2020 à 14:46Mis à jour Le 01/03/2020 à 10:27

LIGA - Ce dimanche, le Real Madrid et le FC Barcelone s'affrontent avec un objectif commun : occuper la première place du championnat d'Espagne au coup de sifflet final. Pourtant, ce 244e clasico de l'histoire ne dégage pas l'adrénaline souhaitée à l'heure où le monstre à deux têtes de la Liga se retrouve dans le creux de la vague.

Le samedi 23 novembre 2002, le journal télévisé de France 2 offre une belle promotion de la performance sportive. Vainqueur de la Route du Rhum en monocoque après treize jours, treize heures, trente-et-une minutes et quarante-sept secondes pour parcourir 3500 miles entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, la navigatrice Ellen MacArthur grille la politesse aux hommes et remporte la prestigieuse course transatlantique en solitaire à la voile. Loin de l'effervescence suscitée en Guadeloupe, l'Espagne offre quant à elle une pâle copie du clasico via un exécrable 0-0 entre le FC Barcelone et le Real Madrid au Camp Nou.

La victoire du cynisme

Un peu plus de dix-sept ans plus tard, le score se répète tout autant que la sensation d'amertume au coup de sifflet final. Lors du match aller en Catalogne le 18 décembre 2019, Madrilènes et Barcelonais se sont neutralisés dans une rencontre pauvre en spectacle avec seulement six frappes cadrées. Bien entendu, Ernesto Valverde et Zinédine Zidane n'étaient pas embauchés pour organiser une représentation digne d'un cirque, mais les esprits avisés restaient unanimes au moment de débriefer la partie : cet affrontement mythique, initialement prévu en octobre mais reporté dans un but d'apaiser la tension politique existante à Barcelone, a accouché d'une souris.

Zidane lors de Barcelone - Real Madrid

Comment le comprendre ? Comme tout organisme en perpétuelle production d'innovation destinée à surprendre la concurrence, la Liga espagnole fonctionne par cycle. Reconnu par le passé à sa virtuosité issue des succès d'un Pep Guardiola au Barça également influencé par Marcelo Bielsa (venu distiller sa science à l'Athletic Club entre 2011 et 2013), le championnat s'associe désormais à une baisse criante de son nombre de buts. À l'aube de la 26e journée, le compteur affiche 638 banderilles en 249 matchs, soit une moyenne de 2,56 réalisations par rencontre. C'est loin derrière l'Allemagne (3,24 buts/match), l'Italie (2,89 buts/match), l'Angleterre (2,75 buts/match) et un chouïa devant la France (2,52 buts/match). Dès lors, le clasico s'érige en vitrine de cette Liga créatrice d'un goût âcre.

L'inquiétant constat européen

Avant son quadruplé contre Eibar samedi dernier (5-0), Leo Messi était le meilleur buteur le moins prolifique des cinq grands championnats avec 14 buts inscrits en 19 matchs. Un constat préoccupant qui trouve une partie d'explication dans le souhait de Messi d'être davantage passeur que buteur, mais ce n'est pas tout. "Un score de parité rend désormais les matchs plus serrés, les systèmes plus ferreux et les scores fleuves sont moins nombreux qu'auparavant, analysait au début du mois l'illustre ancien gardien du FC Valence, Santiago Canizares, pour ABC. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle. Cela peut se traduire par une solidité tactique des deux équipes, une capacité à rester concentré sur chaque action et, par conséquent, une réduction d'opportunité pour les attaquants dans les surfaces adverses."

Seulement, le FC Barcelone et le Real Madrid doivent eux aussi s'accommoder à cette nouvelle manière de penser le football en Espagne. Dans la pratique, cela fait grincer des dents les publics de ces deux entités réputées pour leur exigence d'un beau jeu sans égal. Mardi soir, le Barça pouvait ainsi s'estimer heureux d'affronter un collectif napolitain pas assez ambitieux pour mettre les Culés dans un réel embarras avant la manche retour (1-1). Mercredi soir, c'était au tour du Real Madrid de vaciller, pris dans son propre piège au Santiago Bernabéu après avoir pourtant ouvert le score contre le Manchester City de Guardiola (1-2). En fin de compte, seul l'Atlético de Madrid, outsider proclamé contre Liverpool, est parvenu à sortir vainqueur de son match aller à domicile grâce à l'éternel 4-4-2 de Diego Simeone et une gestion du score exemplaire après l'ouverture du score rapide (1-0). Simple coïncidence ou véritable identité à la sauce espagnole ?

Gabriel Jesus marque pour Manchester City contre le Real Madrid en Ligue des champions le 26 février 2020

La sérénade des blessures

Comble du comble, le Real et le Barça vont s'affronter à Madrid avec deux effectifs amputés de joueurs clés. La Maison Blanche doit faire une croix sur les présences d'Eden Hazard et Rodrygo, importants voire fondamentaux dans la rotation d'effectif établie par Zidane. Au Barça, c'est encore pire : au-delà des absences de longues durées de Luis Suárez et Ousmane Dembélé, les Blaugranas ne pourront pas compter sur Sergi Roberto.

Touché à la cheville gauche contre Naples, Gerard Piqué devrait quant à lui limiter la casse pour être finalement apte à jouer et simplifier l'équation à plusieurs inconnues de Quique Setién. Après trois matchs consécutifs de son équipe sans victoire, Zidane expliquait en conférence de presse que "dimanche était une occasion de sortir de cette mauvaise passe." Pour sauver ce clasico des oubliettes, il faudra aussi penser à envoyer des tirs dans les filets adverses.

Eden Hazard et Zinédine Zidane
Pariez sur le Football avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313