"Les changements de Zidane ont certainement plombé le Real." Les médias ibériques n'ont pas cherché bien loin le coupable après le nul concédé lundi face à la Real Sociedad (1-1). Les choix du Français ont été pointés du doigt et c'est loin d'être la première fois. "Zizou" a passé une bonne partie de sa saison à concentrer les critiques à l'encontre du club merengue. Il était même annoncé sur un siège éjectable avant une victoire à Barcelone (1-3) à l'automne dernier. Mais l'entraîneur madrilène est toujours en place. Et c'est peut-être parti pour durer.
Il n'aurait pas été surprenant de le voir sous pression avant un derby capital face à l'Atlético de Madrid samedi. Bien au contraire. Il n'a pas du tout été question d'un éventuel départ en cas de contre-performance contre les Colchoneros. Mais bien de la poursuite de son mandat sur le banc de la Maison Blanche jusqu'en 2022. ABC révélait mercredi que cette tendance était la plus probable. Quelle que soit l'issue de l'exercice actuel, où la perspective d'une saison blanche est loin d'être écartée pour un club qui ne vit que pour gagner des titres ? C'est bien possible.
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La culture de l'instant

Cela peut ressembler à un totem d'immunité. Comme peu d'entraîneurs y ont droit dans une institution aussi exigeante que le Real Madrid. Mais Zidane a tout de l'exception qui confirme la règle. En l'espace de cinq ans, et malgré un break de neuf mois dans cette période, le Français a presque tout gagné avec la formation madrilène. Pour rappel : trois Ligues des champions, deux titres de champion d'Espagne, deux Supercoupes d'Europe, deux Supercoupes d'Espagne et deux Coupes du monde des clubs. Aucun entraîneur n'a soulevé autant de trophées depuis 2016.

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Son passé est pour le moins glorieux. Mais cela reste le passé. Avoir remis une équipe jugée en fin de cycle au sommet de la Liga l'été dernier y appartient également. Zidane est bien placé pour savoir que la plus petite défaite peut faire oublier les plus grandes victoires dans le microcosme madrilène. La culture de l'instant prédomine. Pour le Français, c'est une troisième place en Liga à cinq points de l'Atlético et un ballotage favorable après un succès arraché à Bergame en 8e de finale aller de la Ligue des champions (0-1). Le tout avec une équipe loin de se montrer souveraine dans le jeu.

Le présent passait forcément par lui…

Zidane n'a encore rien gagné cette saison. Il n'a rien perdu non plus. Et si son bilan jusqu'ici n'est pas des plus reluisants, sa responsabilité n'est que limitée. Il est à la tête d'une équipe qui n'a pas enregistré la moindre recrue l'été dernier, et pas davantage cet hiver. Avec un groupe restreint, il a dû faire face à une cascade d'absences en tout genre. Certaines de ses individualités ont passé le plus clair de leur temps à l'infirmerie, comme Eden Hazard ou Dani Carvajal. Sergio Ramos et Karim Benzema sont actuellement blessés. Dans ce contexte particulier, Zidane ne s'en est pas si mal tiré jusqu'ici.

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C'est tout ce que Florentino Perez escomptait. Le président du Real a fait le choix de se serrer la ceinture en attendant un mercato annoncé beaucoup plus clinquant en 2021. La mission d'assurer cette saison de transition était forcément délicate et il ne pouvait la confier à personne d'autre que Zidane. Un homme qui maîtrise parfaitement l'environnement unique de la Maison Blanche. Un coach qui sait trouver les mots justes pour tirer le meilleur de ses joueurs et les sublimer quand ils sont dos au mur. Le Français donnait les meilleures garanties de fiabilité pour tenir la barre dans ces conditions.

… le futur aussi

Le présent du Real passe par Zidane. Mais ce n'est qu'une étape. Si le Real s'accroche autant à lui, c'est aussi parce qu'il en incarne l'avenir. Il est l'un des principaux arguments des dirigeants madrilènes pour renouveler un effectif avec les galactiques de demain tant désirés par le club merengue. Si prestigieuse soit-elle, la Maison Blanche n'offre pas un projet sportif plus crédible que les autres cadors du Vieux Continent à l'heure actuelle. Elle peine aujourd'hui à attirer les joyaux du football mondial quand elle les recrutait à la pelle il y a quelques années. Et si le Real garde son aura, il a aussi besoin de Zidane pour la véhiculer auprès des joueurs les plus convoités.
Il n'en serait pas moins réducteur de justifier le maintien du Français sur le banc madrilène aux perspectives que cela peut offrir au Real sur le mercato. Zidane n'est d'ailleurs qu'un argument dans cette optique, il ne représente en aucun cas une garantie. Ce n'est qu'un facteur parmi d'autres pour donner l'impression que le technicien tricolore est intouchable dans la capitale espagnole. Cela reste une illusion et Zidane en est totalement conscient. C'est bien pour cela qu'il colle tant à ce club si réticent à vivre sans lui.

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